Les juristes musulmans : (1) le jihad


Dans les premiers siècles qui ont suivi la mort du prophète, des juristes musulmans ont formalisé les règles du jihad et de la dhimmitude. Dans son ouvrage « le dhimmi », Bat Ye’or a compilé leurs règles et des témoignages. Dhimmi Watch en publie ici des extraits. Voici tout d’abord un texte de Ibn Abî Zayd al-Qayrawâni. Il fut un grand juriste, chef de l’école malékite de Qairouan en Ifrikia (l’actuelle Tunisie), auteur de nombreux ouvrages de droit qui assurèrent le développement du malékisme en Afrique du Nord et en Andalousie. Voir Bat Ye’or : Le Dhimmi. Profil de l’opprimé en Orient et en Afrique du nord depuis la conquête arabe, Éditions Anthropos, Paris, 1980, réédition (à l’exception des documents mais avec une préface de Jacques Ellul – et ©) Les provinciales, 2017. Le texte cité figure dans Ibn Abî Zayd al-Qayrawâni (922-996), La Risala (Epître sur les éléments du dogme et de la loi de l’Islam selon le rite mâlikite), trad. L. Bercher, 5e éd., Alger, 1960, p. 163

Le Jihad est une obligation d’institution divine. Son accomplissement par certains en dispense les autres. Pour nous. Malékites, [l’une des quatre écoles orthodoxes de droit musulman], il est préférable de ne pas commencer les hostilités avec l’ennemi avant de l’avoir appelé à embrasser la religion d’Allah, à moins que l’ennemi ne prenne d’abord l’offensive. De deux choses l’une : ou bien ils se convertiront à l’islamisme, ou bien ils paieront la capitation (jizya), sinon on leur fera la guerre. La jizya n’est acceptée d’eux que s’ils se trouvent sur un territoire où nos lois puissent s’appliquer. S’ils sont hors de notre atteinte, on n’acceptera d’eux la jizya que s’ils se rendent sur notre territoire. Sinon, on leur fera la guerre [… ]

On doit combattre l’ennemi sans chercher à savoir si l’on combattra sous les ordres d’un chef pieux ou dépravé. Il n’y a pas d’inconvénient à tuer les prisonniers de race blanche non-arabe qu’on aura faits. Mais nul ne devra être tué après avoir eu l’amân [accord de protection]. On ne devra pas violer les engagements pris à leur égard.

On ne tuera pas les femmes, ni les impubères. On évitera de tuer les moines et les rabbins, à moins qu’ils n’aient été combattants. La femme, elle aussi, sera mise à mort si elle a participé au combat. L’amân accordé par le plus humble des Musulmans doit être considéré comme valable par les autres [Musulmans]. La femme et l’impubère peuvent également donner l’amân quand ils en comprennent la portée. Mais, selon une autre opinion, cela n’est valable que si l’imam [leader spirituel] le ratifie.

Du butin fait par les Musulmans à la suite d’opérations de guerre, l’Imâm prélèvera le quint et partagera les quatre autres cinquièmes entre les membres de l’armée. Ce partage se fera de préférence en territoire ennemi.

Ibn Abî Zayd al-Qayrawâni (922-996)


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