La Charte de l’islam de France : il manque l’essentiel, la dhimmitude


Charte des principes pour l’islam de France[1] : donne-t-elle les moyens des objectifs affichés ?

1.        La reconnaissance de l’islam politique et la laïcité française

Il faut saluer les avancées mentionnées dans la charte de l’islam de France : le texte affirme la compatibilité de la foi musulmane avec les principes de la République, la prééminence des lois de la république sur la loi religieuse (Article 2), la non-ingérence des États dans l’exercice du culte musulman en France (Article 5), le principe de l’égalité hommes-femmes (article 4) et le droit de changer de religion (Article 3). C’est surtout le premier texte « officiel » qui prend ses distances avec l’islam politique. Mais donne-t-il les moyens idéologiques et pratiques des objectifs affichés ?

La laïcité française protège les religions et les croyants de chaque religion. Elle est issue de l’histoire spécifique de notre pays, ravagé par des sanglantes guerres de religions. En imposant la séparation des religions et de l’état, la France assure à chacun sa liberté de conscience.

C’est précisément ce que conteste l’islam politique, qui ambitionne de devenir la religion d’état, comme l’affirme la charte (Articles 6 et 7) : l’islam politique « tente de créer des rapports de force et des fractures dans notre société » ; il diffuse des discours nationalistes « soutenant des politiques étrangères hostiles à la France ».

2.        La dhimmitude, véritable obstacle au « vivre ensemble », n’est pas mentionnée dans la charte

Ce que la charte ne dit pas, c’est que l’islam politique diffuse en France une idéologie qui définit les Français chrétiens et juifs comme des dhimmis, des citoyens inférieurs aux musulmans. Cette idéologie, la dhimmitude est un racisme anti-français, anti-chrétien, antijuif. Des exemples innombrables en France dans le monde illustrent le projet de l’islam politique :

  • C’est parce qu’Asia Bibi est une jeune dhimmi chrétienne qu’elle a passé 9 ans dans les couloirs de la mort au Pakistan : elle avait osé boire dans le même verre qu’une collègue musulmane !
  • L’assassinat de Samuel Paty révèle que les islamistes veulent imposer en France les mêmes règles qu’au Pakistan, la même obéissance des dhimmis aux injonctions de la charia. C’est parce que Samuel Paty était aussi considéré comme un dhimmi qu’il a été assassiné.
  • C’est parce que les Juifs israéliens sont toujours considérés comme des dhimmis que le Hamas veut les exterminer et refuse la paix.
  • C’est parce qu’ils nous considèrent comme des dhimmis, que des terroristes pensent qu’en nous tuant, comme ils ont tué le Père Hamel, ils commettent un acte pieux.
  • Sarah Halimi a été massacrée parce qu’elle n’était qu’une dhimmie, un statan pour son tortionnaire
  • C’est parce que les islamistes considèrent que la culture française est une culture de dhimmis, non conforme à la loi islamique, que l’ISESCO, une organisation musulmane internationale qui se compare à l’UNESCO, recommande que les Musulmans ne s’intègrent pas à la République. L’islam politique empêche l’intégration, il est le premier obstacle au « vivre ensemble ».

En France, des factions de l’islam politique entretiennent un climat anti-français qui est responsable du harcèlement d’enfants non-musulmans dans les écoles, afin qu’ils respectent certaines injonctions de la charia et qu’ils se soumettent à des mots d’ordre de l’islam politique : agressions quasi quotidiennes contre des non-musulmans et contre des églises ; refus de la mixité hommes-femmes ; nettoyage ethnique des musulmans libéraux et des Juifs, obligés de fuir leur banlieue ; contraintes sur le halal dans les cantines ; ingérences dans les programmes scolaires …

L’assassinat, le 16 octobre 2020, du Professeur Samuel Paty est une horrible conséquence de cette stratégie de l’islam politique, qui dispose d’une armée de loups solitaires, actionnables sur commande. D’autres Français sont actuellement menacés.

La position de l’islam politique sur l’école est détaillée dans le rapport publié par l’ISESCO (organe culturel de la Ligue Islamique Mondiale). Dhimmi Watch a publié une analyse de ce rapport[2], qui vise à modifier radicalement les programmes scolaires pour valoriser la « culture islamique », quitte à réécrire l’histoire dans ce sens.

Jusqu’en 2020, chaque enseignant pouvait faire le choix de sa stratégie pédagogique : il pouvait ou non parler de laïcité, de caricatures etc. Depuis l’assassinat de Samuel Paty, ce libre arbitre n’existe plus : les enseignants ont peur. C’est ainsi que l’islam politique veut s’imposer.

Sur le site de Dhimmi Watch, on trouve une interview de Boualem Sansal, l’écrivain algérien, qui raconte les pressions incessantes et revendications des islamistes pour prendre le pouvoir en Algérie.[3] Il y a eu des centaines de milliers de morts. Selon M. Sansal, c’est la même stratégie qui est mise en œuvre en France. M. Sansal, qui a été l’un des premiers à soutenir Dhimmi Watch, est aussi membre du Comité d’Honneur.

3.        La charte remet-elle les compteurs à zéro ?

On peut en douter, pour quatre raisons :

  • la charte ne réfute pas les principes de la dhimmitude, ensemble de règles qui obligent à humilier et permettent de persécuter, d’opprimer, voire de tuer les « gens du Livre », les dhimmis, (notamment les Chrétiens et les Juifs), traités de pervers (voir verste 110, sourate 3, cité en annexe), qu’il faut humilier[4]. De même, le djihad, qui vise à convertir la planète à l’islam, n’est pas récusé.
  • la charte ne prend pas du tout ses distances avec les préconisations de la Ligue Islamique Mondiale et l’ISESCO.
  • la charte mentionne sept versets du Coran. Or le texte complet de certains de ces versets n’est pas en accord avec les objectifs généraux de la charte, voire les contredit. On trouvera en annexe deux exemples de ces versets. Ne faudrait-il pas que l’Etat demande aux Musulmans de faire le travail qu’ont effectué les Juifs au 19ème siècle et les Chrétiens au 20ème siècle, pour rendre leur doctrine compatible avec les exigences de la République ? Les imams ne devraient-ils pas identifier les versets qui appellent au meurtre des infidèles et expliquer aux fidèles, aux élèves que ces versets doivent être relativisés aujourd’hui ?
  • Aucun système de contrôle ni de mise en place pratique des intentions affichées n’est prévu (par exemple des prêches en français, condamnation d’appels à la haine, condamnation des terroristes et compassion pour les victimes du terrorisme[5]…).

4.        Conclusion

Le texte de la Charte est très général. Mais comme le concept de dhimmitude est le principal responsable du séparatisme, la dhimmitude devrait être explicitement rejetée et annulée ? En 1853, un Sultan avait aboli la dhimmitude, mais elle reprit hélas au 20ème siècle. Pour intégrer harmonieusement les Musulmans, la République ne devrait-elle pas exiger l’abolition des règles de la dhimmitude et du djihad ? « L’islam de France » ne devrait-il pas affirmer que les sourates les plus virulentes sont « caduques » et n’ont plus cours ? Il y en a des milliers, et seul des théologiens et des légistes islamiques peuvent faire ce travail, mettre en exergue les versets totalement en harmonie avec la loi française et la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du citoyen. Il s’agit de restaurer le respect mutuel de toutes les communautés et de tracer le cadre de l’intégration de tous dans la communauté nationale.

20 avril 2021

Dhimmi Watch, l’Observatoire International de la Dhimmitude

Versets cités dans la charte (Article 3)

Le verset 99 de la sourate 10 citée dans l’article 3 est un beau texte. Mais il s’insère dans une suite, dont le sens global est très différent de l’extrait cité dans la charte :

Verset 99, cité dans la charte : « Si ton Seigneur l’avait voulu, tous ceux qui sont sur la terre auraient cru. Est-ce à toi donc de contraindre les gens à croire ? »

Les traductions ci-dessous sont reprises du site oumma.com :

Verset 100 : « Il n’appartient nullement à une âme de croire si ce n’est avec la permission d’Allah. Et Il voue au châtiment ceux qui ne raisonnent pas. »

Verset 101 : « Dis : « Regardez ce qui est dans les cieux et sur la terre ». Mais ni les preuves ni les avertisseurs (prophètes) ne suffisent à des gens qui ne croient pas. »

Verset 104 : « Dis : « O gens ! Si vous êtes en doute sur ma religion, moi, je n’adore point ceux que vous adorez en dehors d’Allah ; mais j’adore Allah qui vous fera mourir. Et il m’a été commandé d’être du nombre des croyants ».

L’expression « Point de contrainte en religion » fait partie du verset 256 de la Sourate 2. Mais la suite de ce verset dit l’inverse de ce qui est suggéré dans la charte, en ne citant que les 5 premiers mots du verset : point de contrainte, oui, mais… seulement pour « celui qui renie les fausses divinités ». Voici le verset complet (traduction oumma.com) :

« Point de contrainte en religion maintenant que la Vérité se distingue nettement de l’erreur. Désormais, celui qui renie les fausses divinités pour vouer sa foi au Seigneur aura saisi l’anse la plus solide, sans crainte de rupture. Dieu est Audient et Omniscient. »

C’est encore accentué dans le verset suivant, No 257 : « Allah est le défenseur de ceux qui ont la foi : Il les fait sortir des ténèbres à la lumière. Quant à ceux qui ne croient pas, ils ont pour défenseurs les Tâghût, qui les font sortir de la lumière aux ténèbres. Voilà les gens du Feu, où ils demeurent éternellement. »

Selon Wikipedia un taghut est une créature qui se rebelle contre Dieu, et transgresse sa volonté. Le terme a été replacé dans le discours politique moderne par l’ayatollah Khomeini.

Exemple de versets non cités, n’allant pas dans les sens de la charte

De nombreux versets justifient le projet de l’islam politique. En voici deux exemples, parmi des milliers. Pour faciliter la lecture, sachez que les « gens du Livre », les « pervers », qu’Allah veut « anéantir », c’est vous, lecteur juif ou chrétien :

Sourate 3, verset 110 : Vous [les Musulmans], vous êtes la meilleure communauté, qu’on ait fait surgir pour les hommes. Vous ordonnez le convenable, interdisez le blâmable et croyez à Allah. Si les gens du Livre croyaient, ce serait meilleur pour eux, il y en a qui ont la foi, mais la plupart d’entre eux sont des pervers.

Sourate 9, verset 30 : Les Juifs disent : «’Uzayr est fils d’Allah » et les Chrétiens disent : « Le Christ est fils d’Allah ». Telle est leur parole provenant de leurs bouches. Ils imitent le dire des mécréants avant eux. Qu’Allah les anéantisse ! Comment s’écartent-ils (de la vérité) ?


[1] La version officielle est disponible sur le site du CFCM : https://www.cfcm-officiel.fr/presentation-de-la-charte-des-principes-pour-lislam-de-france-au-president-de-la-republique/

[2] https://dhimmi.watch/2021/01/24/le-plan-pour-lecole-des-freres-musulmans-note-de-lecture/

[3] https://dhimmi.watch/2021/02/01/grand-entretien-avec-lecrivain-boualem-sansal/

[4] https://dhimmi.watch/a-propos/

[5] https://dhimmi.watch/2021/03/12/alexandre-delvalle-les-chretiens-sont-la-religion-la-plus-persecutee-au-monde/  

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