La dhimmitude s’impose au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme, Paris, juin 2021


Lors d’un colloque sur les Juifs en terre d’islam au MahJ, une co-organisatrice était Madame Valensi, présidente d’une association pour la sauvegarde du patrimoine des Juifs de Tunisie. Selon la presse, elle s’est lancée dans une « longue diatribe contre auteurs, essayistes, historiens, coupables visiblement de ne pas partager ses vues sur la question » (Tribune Juive, 25 juin 2021). Pour mener à bien la mission de son association, lui faut-il faire des concessions indispensables pour dialoguer avec les autorités tunisiennes ? Comment cette personne peut-elle nier le statut de a-t-elle pu prétendre que ce ne serait que des « pleurnicheries » ? Car en niant la dhimmitude, elle ne fait qu’en illustrer l’importance. Importance confirmée, d’ailleurs, par les étranges fautes d’orthographe dans l’affiche du MAHJ : l’orthographe minimise les Juifs et majore l’islam (voir l’image et le commentaire du Professeur Fenton, ci-dessous) ! La dhimmitude s’est vraiment imposée de toutes parts au MahJ en juin 2021. (AF)

Le 18 juin 2021, le Professeur Paul Fenton, ancien co-directeur de l’UFR des études arabes et hébraïques de la Sorbonne Université, adressait le courrier suivant à M. Salmona, directeur d’un musée d’Art et d’histoire du Judaïsme à Paris.

Monsieur Salmona,

… Lors de notre rencontre en automne en compagnie de Marie-Brunette Spire, nous avons parlé à propos du texte introductif à l’exposition des photos des Juifs du Maroc réalisés par Jean Besancenot combien il était important pour des institutions comme celle que vous dirigez de présenter une image aussi fidèle que possible de l’histoire sans se laisser dévoyer par des faussaires qui ont un agenda idéologique.

J’ai souligné  l’importance de rétablir la vérité historique même si elle « blessait » certains visiteurs du MahJ  car le présent et l’avenir se bâtissent sur la reconnaissance des erreurs du passé en les confrontant et non pas en les dissimulant. Il ne faut pas fournir aux persécuteurs, prompts à la victimisation, la conviction d’avoir été traitreusement « roulé » par les Juifs avec qui « on a toujours été si gentils ». Mais voici que le MahJ récidive.

Je pense que vous savez que j’étais co-directeur de l’UFR des études arabes et hébraïques de la Sorbonne Université et que la quasi-totalité de mes recherches ont été consacrées à l’étude de la culture juive en terre d’islam. Mes travaux scientifiques, dont le livre le plus important écrit jusqu’à ce jour en français sur l’expérience juive au Maghreb, m’ont valu une reconnaissance internationale, sauf, hélas, en France, et plus particulièrement, semble-t-il, au sein du MahJ qui n’a pas cru utile de m’inviter à son colloque sur les « Juifs et les autres minorités dans l’islam ». (Je signale en passant que Juif s’écrit avec une lettre majuscule alors l’islam s’écrit avec une minuscule [contrairement à ce qu’avait fait le MahJ].

Je ne peux que conclure que vous avez décidé de ne faire entendre qu’un seul son de cloche et que votre conception de votre vocation de présenter l’historique des Juifs est malheureusement orientée par des considérations politiques. Je m’en désole. 

Jean-Loup Msika, membre du Comité d’Honneur de Dhimmi Watch:
Madame Valensi « collabore activement au projet Aladin et à sa collection de livres par pays, qui tente d’effacer l’histoire, pour convenir aux dictatures arabes, en délégitimant Israël. Car à quoi bon une indépendance juive puisque les Juifs vivaient une « coexistence harmonieuse » dans les pays arabo-musulmans? Selon elle, la meilleure preuve de cette « coexistence harmonieuse » réside dans le fait que les juifs n’étaient pas gazés comme à Auschwitz. Elle est en accord avec le « conseiller du roi » André Azoulay qui clame que « la dhimma, c’était quand même mieux qu’ Auschwitz » (textuellement..!) ».

Autre témoignage reçu par Dhimmi Watch:
« Au colloque qui vient de se tenir au MahJ sur les minorités en terre d’Islam, en ouverture, Lucette Valensi s’en est nommément et violemment prise à Georges Bensoussan, Paul Fenton et Shmuel Trigano.
Échantillon : Leurs analyses sur la condition juive en terre arabo-musulmane seraient des «pleurnicheries». »

Commentaire de Dhimmi Watch :
La réinstauration de la dhimmitude au 20ème siècle a entraîné l’exode de près d’un million de Juifs des pays arabes, dans des conditions très difficiles. Aujourd’hui, ce sont des Chrétiens qui souffrent et sont persécutés en tant que dhimmis. Le négationnisme affiché au MahJ représente un mépris insupportable envers les victimes d’hier et d’aujourd’hui, d’autant plus inacceptable de la part d’un Musée qui se prétend « d’histoire ».
Le MahJ organise un nouveau colloque « Juifs du monde arabe, pourquoi sont-ils partis ? » en janvier 2022. Faut-il craindre le pire ?
L’image est adaptée de https://www.mahj.org/fr/programme/les-juifs-et-les-autres-minorites-dans-l-islam-mediterraneen-xixe-xxie-siecles-76568

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s