Site icon Dhimmi Watch

Chrétientés d’Orient et Dhimmitude (Bat Ye’Or)

Les Chrétiens d’Orient sont en danger. Ils ont pourtant développé de grandes civilisations. Voici le texte d’une conférence prononcée par Bat Ye’or (temps de lecture 10 minutes)

Rien ne m’avait préparée pour cette recherche et je ne disposais pour l’entreprendre d’aucune compétence particulière. Mais comme c’était précisément un sujet vierge, j’ai vécu cette recherche comme une grande aventure de l’esprit, une sorte de libre exploration de l’histoire qui m’a menée vers un continent inconnu, celui de la dhimmitude.

Une autre raison tient surtout à la difficulté même du sujet qui est extrêmement vaste et complexe. Qu’on en juge : les peuples dhimmis, en effet, ont couvert trois continents : l’Afrique, l’Asie et l’Europe. Ils représentaient donc des millions d’êtres humains, et ceci pendant treize siècles. Or ils sont à peine mentionnés dans les manuels d’histoire aujourd’hui. Mais qui sont donc ces peuples dhimmis pour utiliser un mot arabe qui les désignait, et qui veut dire «protégés». Qui sont donc ces millions de personnes, toutes définies par un vocable anonyme, collectif, général ? Et protégés pourquoi et de qui ? Les peuples dhimmis constituent les populations chrétiennes et juives qui furent englobées dans l’immense empire islamique. Et cet empire s’est constitué sur des territoires, des pays chrétiens – pour ne parler que des régions méditerranéennes – du VII au XVe siècle. Ces peuples dhimmis sont donc des Égyptiens, des Syriens, des Arméniens, des Grecs, Siciliens, Espagnols, Bulgares, Serbes, etc, tous chrétiens. Ce sont donc des populations indigènes chrétiennes parmi lesquelles, surtout en Orient, vivaient de très larges communautés juives. Je ne parlerai pas ce soir des Zoroastriens. Ces populations deviennent dhimmies à partir d’une guerre de conquête : le jihâd, qui instaure dans leurs pays un gouvernement islamique.

La définition des peuples dhimmis est celle de vaincus de guerre. Mais au lieu de mettre à mort ces populations indigènes vaincues, ou de les réduire en esclavage, comme le permet le droit de conquête, l’imam (chef des armées musulmanes) négocie leur reddition sans combat par un traité : la dhimma. Ce traité reconnaît à ces populations la sécurité de la vie et des biens, une relative liberté de culte et l’autonomie civile. Ces droits leur sont accordés à condition que ces populations indigènes se soumettent à l’autorité islamique et payent une capitation religieuse : la jizya, impôt individuel ainsi qu’un impôt communautaire, le kharadj versé en monnaie et en nature à la communauté musulmane pour l’usufruit de la terre, dont l’État musulman est l’unique propriétaire. A ceci s’ajoute tout un ensemble d’autres taxes et de contraintes. Naturellement les choses n’étaient pas aussi simples à l’issue des batailles, sur le terrain, les situations étaient bien plus complexes, contradictoires et instables. Mais telles ont été pour les juristes musulmans des époques postérieures, les modèles classiques des traités entre d’une part les armées musulmanes victorieuses et d’autre part les populations indigènes vaincues. Si ces populations se rebellent ou refusent de payer ces taxes, elles restituent à la communauté islamique l’ancien droit issu de la conquête de les tuer ou de les réduire en esclavage. Mais aussi longtemps qu’elles restent soumises et respectent les stipulations des traités, elles sont protégées par l’État islamique, d’où leur nom de protégé : dhimmi. Protégées des ennemis extérieurs, mais aussi protégées du droit de conquête islamique. Il faut souligner que le statut accordé aux chrétiens et aux juifs fut identique, ce qui leur conféra dans le dar al-islam une communauté de destin. Ces peuples sont appelés “Peuples du Livre”, le Livre étant la Bible, la Thora et l’Évangile. Telles sont donc les bases de la coexistence qui s’est établie au cours de l’histoire entre d’une part les forces d’occupation musulmanes et d’autre part, les Peuples de la Bible indigènes..

L’aire géographique

Où vivaient ces peuples dhimmis ? Dans toute l’aire islamique, c’est-à-dire dans tous les territoires chrétiens conquis par les armées musulmanes : l’Espagne pour commencer par l’ouest – ordre non chronologique – le Maghreb, les îles Méditerranéennes : Sicile, etc., l’Égypte, la Syrie, la Palestine, l’Irak (province de la Perse), l’Arménie, l’Anatolie, la Grèce et les diverses provinces balkaniques qui constituèrent l’empire ottoman jusqu’au XXe siècle. A ceci il faut ajouter les populations juive et chrétienne en Iran et les Zoroastriens.

Toutes ces multitudes de Chrétiens constituèrent à un moment ou à un autre de leur histoire des populations dhimmies. Ils étaient divisés en différentes Églises : les Chrétiens latins qui adhéraient au rite romain (Espagne, Maghreb), les Chrétiens grecs-orthodoxes du rite byzantin, les fidèles des Églises orthodoxes auto-céphales serbe et bulgare (auto-céphalies annulées), enfin les nombreuses Églises  monophysites d’Orient : Copte (Égypte), Syriaque, Arménienne, et en outre l’Église nestorienne en Iran et Irak. Ces populations sont donc très diverses par les langues nationales qu’elles parlent : grec, latin, arménien, araméen, copte, slave, par les rites religieux, par leurs cultures particulières, et par leur dispersion géographique. Elles se différencient aussi par leur mode de vie, liée aux particularités du relief : tels les montagnards du Liban, les Maronites ou les habitants des plaines dans certaines régions de la Bulgarie.

Toutes sont les héritières de civilisations dont le rayonnement fut d’une extraordinaire richesse culturelle.

Toutes partagent en commun le fait qu’elles sont soumises par les lois de la guerre (le jihâd) à un ensemble de règlements inscrits dans la chari’a, la loi religieuse islamique. Ce même statut juridique qui leur est uniformément imposé quel que soit le lieu et l’époque, leur confère une sorte d’uniformité, de ressemblance, de communauté de destin et de vie. C’est ainsi que le Serbe par exemple sera soumis aux mêmes règles de vie que le Copte, ou l’Arménien en Iran, ou le juif au Yémen.

Tous ces peuples constituent l’univers de la dhimmitude qui s’est perpétué pour certains jusqu’à nos jours, donc pendant 13 siècles : pour d’autres, selon le déroulement de l’histoire, durant quelques siècles. Univers donc de la dhimmitude où l’on retrouve une similitude de comportements, de mentalités et où se forgent les mêmes structures communautaires pour survivre au cours des siècles.

Les terres de dhimmitude représentaient avant leur islamisation les pays où s’étaient constitués les États chrétiens les plus prestigieux, ceux qui avaient vu l’éclosion du christianisme, les formulations de sa doctrine, du culte, des règlements monastiques, ceux où la foi chrétienne était le plus intensément vécue, ceux où les Pères de l’Église avaient prêché et enseigné. C’est dans ces pays qu’étaient nés les travaux d’exégèse, les conceptions architecturales et artistiques de la civilisation chrétienne, et enfin où étaient nés les conflits dogmatiques les plus virulents et les plus irréductibles. L’Afrique du Nord fut la patrie de Tertullien, St Cyprien, St Augustin. Elle donna trois papes à Rome. En 430 on dénombrait environ 600 évêchés. L’Égypte avec sa capitale Alexandrie, fleuron de la Méditerranée et centre du monophysisme, était encore plus profondément christianisée.

Constantinople était le berceau somptueux et richissime de l’orthodoxie. Les églises-cathédrales et les monastères se multipliaient dans tout le bassin oriental de la Méditerranée, les déserts se peuplaient d’ermites, de centres cénobitiques qui attiraient des foules de pèlerins. Quatre des cinq patriarcats de la Chrétienté se trouvaient en Orient : Jérusalem, Alexandrie, Antioche, Constantinople, le cinquième étant Rome.

Comment donc ce monde chrétien si riche, si puissant, si cultivé, s’est-il laissé progressivement déchoir dans l’univers de la dhimmitude ? Ce fut un très long processus qui s’étendit sur plusieurs siècles et qui progressivement modifia la composition ethnique, culturelle, religieuse des anciens peuples du bassin méditerranéen.

On peut distinguer deux vagues d’islamisation. La 1ère au VII siècle fut la vague arabe qui couvrit tout le sud de la Méditerranée, c’est-à-dire les provinces orientales de l’empire byzantin, le Maghreb, l’Espagne, l’Irak, l’Arménie, la Perse, jusqu’en Afghanistan et aux Indes, et selon les aléas des batailles, les îles méditerranéennes. La seconde vague fut la vague turque qui commença au début du XIe siècle à l’est et couvrit par vagues successives l’Arménie, l’Anatolie, les Balkans, la Grèce, poussant ses incursions en Hongrie et en Pologne, et jusqu’à Vienne en 1683.

Comme pour tous les mouvements à long terme de l’histoire, ces vagues ne se laissent pas enfermer entre des dates qui fixent par une année un début et une fin. Ce sont des mouvements longs, amples, qui se renouvellent au cours des siècles, avec des flux et des reflux.

On peut relever des analogies entre ces deux vagues : toutes deux en effet ont été précédées avant le déclenchement d’opérations militaires décisives, par une longue période de deux ou trois siècles d’infiltrations de tribus arabes en Orient, pour la première vague, plus tard de tribus turques à l’est, en Arménie et Anatolie. Dans les deux cas, c’étaient des peuples pasteurs nomades à la recherche de pâturages pour leur troupeaux.

Les tribus arabes qui émigraient de l’Arabie dans les deux ou trois siècles, avant l’apparition de l’islam, se fixaient à la lisière des déserts palestiniens, syriens et irakiens. En général elles s’étaient converties au christianisme et leurs relations avec les populations locales n’étaient pas conflictuelles. Ces tribus constituaient les armées de mercenaires qui gardaient les frontières des États perse et byzantin contre les incursions des nomades. Mais au moment du déclenchement des opérations du jihâd, la plupart se rallièrent aux Arabes islamisés dont elles facilitèrent les victoires, mais d’autres combattirent aux côtés des armées byzantines ou perses.

Le cas fut différent en ce qui concerne les infiltrations turques au XIe siècle, car les nomades étaient islamisés et razziaient les villages arméniens et grecs.

Dans les deux cas ce sont des tribus nomades guerrières, intrépides, endurcies aux arts militaires, pratiquement analphabètes, qui ont imposé par leurs victoires la domination 7 de l’Islam, sur des populations sédentaires, riches, cultivées.

Il faut d’ailleurs préciser que tous ces évènements s’inséraient dans un contexte interchrétien de guerres civiles, de soulèvements continuels, de désordres, de conflits religieux et de persécutions religieuses, et d’excommunications réciproques entre différentes Églises ennemies. Ce qui conduisait bien sûr les rebelles chrétiens à nouer des alliances avec les forces militaires arabes ou turques.

Les périodes de conquête sont toujours suivies de période d’anarchie, de guerres intertribales, de désordres et de destructions causées par les invasions. Ainsi on connaît très mal les deux siècles qui ont suivi la première vague d’islamisation, et quant à l’Anatolie – Turquie aujourd’hui – elle fut durant trois à quatre siècles – du XIe au XVe – déchirée entre des petits émirats turcs hostiles les uns aux autres et submergée par des vagues constantes de tribus turques. C’est donc dans cette situation d’anarchie que s’élabore progressivement l’État islamique qui s’efforce de régulariser ce désordre et d’établir un gouvernement, en écrasant les rebellions et les forces centrifuges de destruction.

Dans l’État islamique naissant sur les terres chrétiennes, la force militaire est constituée par des tribus nomades étrangères, islamisées (arabe ou turque), mais la masse de la population est encore majoritairement chrétienne, ce sont les masses paysannes et les foules citadines : artisans, maçons, architectes, commerçants, fonctionnaires de l’État, scribes, etc. Toutes ces populations devenues dhimmies, vont désormais travailler pour l’État islamique.

Et c’est cela le paradoxe de la dhimmitude. Tous les rouages de l’Etat, de l’économie, du commerce restent entre les mains des chrétiens, qui sont administrés par leur patriarche. Le patriarche désormais assume les fonctions civiles et religieuses qui incombaient autrefois à l’Etat chrétien disparu, il acquiert un énorme pouvoir et ce pouvoir il le met au service du khalife ou du sultan turc. De même, la noblesse chrétienne qui n’a pas fui en exil, entre au service de l’Etat musulman. De son côté, cet État protège tous ces dhimmis besogneux, travailleurs dont le labeur constitue sa principale sinon sa seule richesse qui lui permet de maintenir et de payer les soldes de ses soldats. Aussi cet État musulman porté au pouvoir par des nomades islamisés s’efforce-t-il de protéger ces chrétiens contre les déprédations et l’anarchie causées par ces mêmes nomades.

Mais le pouvoir musulman se rend bien compte que l’énorme disparité démographique entre d’une part les masses chrétiennes qui détiennent toute l’administration et le pouvoir économique, et d’autre part les armées arabes en Orient, puis turques en Anatolie et dans les Balkans – cette disparité constitue un véritable danger.

Aussi des mesures sont-elles prises pour y pallier. Au bout de trois ou quatre siècles, on constate une inversion totale démographique : les chrétientés deviennent minoritaires, et progressivement elles disparaissent, tandis que les minorités musulmanes deviennent majoritaires. Je cite brièvement les mesures les plus importantes de ce processus :

  1. L’immigration. Dès les débuts de la conquête arabe, le khalife Umar Ibn al Khattab (634-644) et ses successeurs entreprirent une intense colonisation arabe des territoires conquis. Elle représenta une véritable politique d’arabisation du Proche et Moyen Orient : Syrie, Égypte, Palestine, Irak, Maghreb, Espagne, Khorassan, Arménie, Asie Mineure. Cette politique consistait à faire venir d’Arabie, des tribus entières, à les installer dans les pays conquis, à leur concéder des domaines, et à leur payer des pensions sur les impôts versés par les dhimmis. Cette même politique de turkification fut entreprise par l’État turc dans les pays grecs et slaves. Ces arrivées massives de nomades provoquèrent l’anarchie et la fragmentation territoriale des empires musulmans Umayyade, abbasside, seldjoukide ou ottoman.

Arrachées au village millénaire, à l’église ancestrale, souffrant de la dislocation des liens sociaux-culturels, de la désintégration des solidarités communautaires, ces populations ou leurs descendants s’islamisaient facilement.

Parmi les très nombreuses prescriptions, je cite celles qui ont le plus contribué à la conversion des chrétiens :

1) L’interdiction de propriété foncière.

2) Interdiction du port d’armes.

3) Interdiction de témoigner contre un musulman.

4) Interdiction de se défendre contre un musulman.

5) Interdiction d’exercer une quelconque autorité sur un musulman.

 6) Interdiction d’accéder à des postes administratifs ou à des fonctions honorifiques.

7) Enfin il faut mentionner aussi la condition d’humiliation permanente, quotidienne imposée aux dhimmis et qui représentait une véritable torture morale. Les vêtements discriminatoires.

C’est donc l’ensemble de ces situations qui constituent les structures politiques, religieuses, sociales, juridiques de la dhimmitude. Et ce sont les éléments de cet ensemble que j’ai essayé d’étudier, de comparer. Quels sont les règlements qui apparaissent partout, quels sont les autres qui sont particuliers à telle période ou à tel lieu ? Réinterprétation islamique de coutumes pré-islamiques. Ont-ils évolué et pourquoi ? Pourquoi ont-ils été occultés à certaines époques ? Enfin comment toutes ces populations différentes ont-elles réagi à ces situations ? Pourquoi à l’intérieur d’une même communauté discerne-t-on des différences selon le milieu social ? Pourquoi certains milieux sont favorables à ce système ? Enfin quels sont les chemins que chaque peuple dhimmi a emprunté pour se libérer, comme les Grecs, les peuples Slaves, les Arméniens, etc. ? Quelles ont été les interférences des Puissances étrangères dans le contexte de la dhimmitude et dans les guerres d’indépendance ? Pourquoi certaines ont réussi ? pourquoi d’autres ont échoué ? Et quelles ont été aussi les relations entre ces différents peuples tous chrétiens, et cependant différents par les Églises, les rites, les cultures, les intérêts ? Voici donc le champ de la dhimmitude.

Alors comment retrouver cette histoire de masses anonymes et asservies ? On ne peut l’examiner comme celle de peuples indépendants dont la civilisation évolue librement. Ces peuples vivaient dans le silence et l’humiliation est leur pain quotidien. Il faut trouver d’autres repères, d’autres jalons, concevoir d’autres éléments d’analyse, de comparaisons, de réflexions et ceci avec des récits fragmentés, puzzles souvent interrompus par les destructions.

Souvent aussi les récits sont partiaux, animés par les conflits interchrétiens de l’époque.

Il faut aussi comprendre que cette histoire n’est pas celle des peuples musulmans, ni de la civilisation islamique.

Elle lui est organiquement liée, mais elle est différente et elle évolue différemment.

Enfin il faut pour l’aborder se libérer de jugements de valeur comme les mots tolérant ou intolérant qui ne peuvent décrire la complexité des relations économiques, culturelles, politiques, etc. entre les peuples musulmans et ceux de la dhimmitude. Il faut donc se rappeler que l’autorité islamique protégeait les populations dhimmies, que cette protection était inscrite dans la loi religieuse, et que les dhimmis ont collaboré à l’édification et au développement du pouvoir islamique qui à la fois les protégeait et à la fois les opprimait. Ce sont donc des relations très complexes, qui évoluent et qui échappent au jugement sommaire.

Comment vivaient ces populations dhimmies ? C’est ce qui constitue l’aspect le plus intéressant de cette histoire.

C’est en effet une vaste épopée, une fresque qui court à travers les siècles et qui témoigne de la force spirituelle et de la vitalité de ces populations. Tout d’abord, la vie communautaire se concentre autour de l’église, des monastères, des centres religieux, autrefois très nombreux mais qui diminuent jusqu’à disparaître totalement en certaines régions.

C’est là que se conservent les traditions, les rites, la culture, la mémoire historique de ces peuples déchus. Là encore que sont cultivées les langues originelles, copte, syriaque, arménien, araméen, grec, différents dialectes slaves. Là que se conservent les souvenirs de la grandeur passée et l’espoir de la liberté pour certains, pour d’autres la consolation des épreuves.

Ces peuples de la dhimmitude nous ont laissé des chroniques qui sont extrêmement vivantes et réalistes. Elles évoquent soudain devant nous des situations, des personnages, dans tout leur réalisme humain, les conflits entre les différentes églises, les compromissions, les lâchetés, les collusions, mais aussi les héroïsmes, les dévouements, les sacrifices. Et ainsi apparaît comme un fleuve une histoire souterraine, occultée, riche d’enseignements et de matière à réflexion.

Aujourd’hui les Chrétiens d’Orient constituent de petites communautés éparpillées dans le monde musulman. C’est une poussière de peuples, armées seulement de leur force spirituelle. Ces communautés diminuent constamment par l’émigration ou la conversion à l’islam. Cette situation conduit certains observateurs à se demander si après quelques décennies du 3e millénaire il existera encore des Chrétiens en Orient, dans ces régions où leurs ancêtres surent développer des civilisations remarquables et prestigieuses et desquelles l’Occident et l’islam sont tributaires.

Conférence prononcée à l’Université de Genève, le 15 janvier 1992, à l’invitation du Pr. Halperin

La photographie qui illustre cet article représente une manifestation Syriaco-Araméenne à Sidney, Australie en 2004, pour protester contre le génocide des Chrétiens d’Irak (wikimedia commons, https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Christians_from_Iraq#/media/File:Syriac-Aramean_Demonstration_in_Australia_for_the_Iraqi_Christian_Genocide.jpg)

Quitter la version mobile