Algérie : les autorités doivent cesser de harceler les chrétiens et permettre la réouverture des lieux de culte (communiqué Dhimmi Watch)

Communiqué de Dhimmi-Watch :

En Algérie, l’islam est la religion d’État. Environ 98 % des 40 millions d’habitants sont musulmans. Les minorités religieuses non musulmanes sont l’objet de multiples tracasseries, calomnies et harcèlements, visant à affaiblir ces communautés en les empêchant de se réunir et d’exprimer leurs convictions. La loi 03/06 adoptée en 2007 est régulièrement utilisée pour inculper et condamner des innocents, et fermer des lieux de culte.

La Constitution algérienne garantit la liberté de culte. Cependant la nouvelle Constitution a réduit encore la liberté d’expression, dorénavant conditionnée au respect des valeurs religieuses et culturelles du pays.

Le nombre de chrétiens va en augmentant et l’hostilité envers eux s’est accrue proportionnellement au cours des dernières années. Les 46 communautés membres de l’Eglise Protestante d’Algérie sont particulièrement concernées. Depuis novembre 2017, des dizaines d’Eglises ont été fermées au motif qu’elles ne sont pas enregistrées, l’enregistrement des lieux de culte non musulmans étant obligatoire. Mais selon l’EPA, aucune demande d’enregistrement envoyée à ce jour n’a été traitée par l’administration !

En juin 2021, le pasteur et libraire Rachid Seighir a été condamné à un an de prison avec sursis et à une amende équivalant à 1 300 euros et son Eglise à Oran a été fermée. Il est accusé de « diffusion de publications et propagande portant atteinte à la foi d’un musulman ». La librairie a été fermée.

En juillet 2021, Foudhil Bahloul , un converti au christianisme, a été condamné à six mois d’emprisonnement et une amende en raison d’un virement de 200 euros en provenance de l’étranger sur son compte bancaire, qui a été considéré comme un don non autorisé pour un non musulman.  Des livres chrétiens avaient été saisis à son domicile. D’après Amnesty International, le verdict indique que Foudhil Bahloul a propagé des idées pernicieuses auprès de la jeunesse sans emploi, et qu’il a déstabilisé leur foi en l’islam en distribuant des livres.

Dhimmi Watch demande qu’il soit mis un terme à la discrimination contre les chrétiens et les autres minorités religieuses et que les droits fondamentaux des citoyens soient respectés.

Sources : Christian Solidarity International, Amnesty International

La photo représente la ruine de la chapelle Notre Dame du Bon Remède sur le Djebel Touakès (Sig, Algérie) vers 1975. L’intérieur est vide. Photo wikimedia commons, photo de Maxime Metzmacher, Permission is granted to copy, distribute and/or modify this document under the terms of the GNU Free Documentation License, Version 1.2 or any later version published by the Free Software Foundation