Les bidouillages des comptes du Ministère de la Santé (Andrew Fox)
Il s’agit du Ministère de la Santé du Hamas, et les comptes bidouillés sont ceux des nombres de morts, repris par la plupart des médias. La Henry Jackson Society (HJS) publie ce 14 décembre 2024 un rapport très étayé qui repère précisément les types de manipulations chiffrées du Hamas et, malheureusement, le suivisme des médias qui préfèrent le récit du Hamas à la réalité. Voici le rapport de Andrew Fox pour la HJS.
Des hommes répertoriés comme des femmes pour gonfler le nombre de décès féminins.
L’analyse des données sur les décès du ministère de la Santé de Gaza révèle des cas répétés d’hommes classés à tort comme des femmes. Les exemples incluent des personnes portant des prénoms masculins (par exemple Mohammed) enregistrées comme étant des femmes. Cette classification erronée contribue à l’idée selon laquelle les populations civiles, en particulier les femmes et les enfants, supportent le poids du conflit, influençant potentiellement le sentiment international et la couverture médiatique.
Adultes inscrits comme enfants.
Des écarts importants ont été découverts lorsque les décès d’adultes sont reclassés dans la catégorie des enfants. Par exemple, une personne âgée de 22 ans était répertoriée comme un enfant de quatre ans et une personne de 31 ans était répertoriée comme un nourrisson. De telles distorsions gonflent le nombre de victimes parmi les enfants, ce qui a un impact émotionnel et est fortement souligné dans les rapports mondiaux. Ces fausses déclarations suggèrent une tentative délibérée de présenter le conflit comme affectant de manière disproportionnée les enfants, sapant ainsi la crédibilité des données sur les décès.
Nombre de décès disproportionnés d’hommes en âge de combattre.
L’analyse des données indique que la plupart des victimes sont des hommes âgés de 15 à 45 ans, ce qui contredit les affirmations selon lesquelles les populations civiles sont ciblées de manière disproportionnée. Cette tranche d’âge correspond en effet étroitement au profil attendu de combattants, renforcée par les pics de décès d’hommes signalés par des sources familiales plutôt que par les hôpitaux. Ces éléments de preuve suggèrent que de nombreuses victimes classées comme civiles pourraient être des combattants, une distinction omise dans les rapports officiels.
Inclusion des décès naturels dans les rapports.
Malgré le taux annuel typique de 5 000 décès naturels à Gaza, les données sur les décès ne rendent pas compte de ces chiffres. Cette omission suscite des inquiétudes quant au fait que les décès naturels, ainsi que les décès causés par des violences internes ou des ratés de tir de roquettes, soient inclus dans le décompte des décès liés à la guerre. Les cas de patients atteints de cancer, préalablement enregistrés pour un traitement, apparaissant sur les listes de victimes de guerre confirment également cette affirmation. De telles pratiques gonflent le nombre de morts parmi les civils, compliquant ainsi les évaluations précises de l’impact du conflit.
Les médias sous-estiment les décès de combattants.
L’analyse de la couverture médiatique révèle que seulement 3 % des reportages font référence à la mort de combattants, des médias comme la BBC, CNN, Reuters et le New York Times s’appuyant principalement sur les chiffres du Ministère de la Santé de Gaza. Ces chiffres manquent souvent de vérification et ne parviennent pas à faire la distinction entre combattants et civils. Cette omission crée un récit biaisé qui présente toutes les victimes comme des civils, façonnant ainsi l’opinion publique et la politique internationale sur la base de données incomplètes ou manipulées. Par exemple, on estime que plus de 17 000 combattants du Hamas ont été tués, mais ces chiffres sont largement exclus des rapports mondiaux.
Traduction libre par Dhimmi Watch du chapitre ‘key findings’ du rapport de la HJS.
https://henryjacksonsociety.org/publications/questionable-counting
L’illustration est celle de la couverture du rapport.
L’auteur, Andrew Fox, est chercheur à la Henry Jackson Society. Il a servi pendant 16 ans dans l’armée britannique. Il a effectué des missions en Afghanistan, en Bosnie, en Irlande du Nord et au Moyen-Orient. Il était maître de conférences à l’Académie royale militaire de Sandhurst, enseignant dans les départements d’études sur la guerre et de sciences du comportement. L’année dernière, il s’est rendu à deux reprises à Gaza ainsi que dans les tunnels du Hezbollah au Liban. Andrew est un commentateur régulier du Moyen-Orient pour de nombreux médias.

