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Lina Murr Nehmé – Protocole d’entente de Trump avec l’Iran, de mésentente avec les autres

Juin 21, 2026

Lina Murr Nehmé – Protocole d’entente de Trump avec l’Iran, de mésentente avec les autres

Le protocole d’entente entre les USA et la République islamique d’Iran n’a pas manqué de choquer même les plus cyniques parmi les observateurs des guerres en cours au Moyen-Orient. On peut s’attendre à ce qu’il ait des répercussions gigantesques qui seront, pour le président Trump, bien plus graves que le prix de l’essence à la pompe ou les élections de mi-mandat.

Trois peuples vont en souffrir, trois peuples que Trump prétend aimer : le peuple iranien, le peuple israélien et le peuple libanais.

Le peuple iranien

Les Iraniens, on l’a vu, se sont précipités dans les manifestations quand il leur a dit que le secours allait venir bientôt. Pourtant, il faut des semaines pour préparer des porte-avions et les envoyer à l’autre bout du monde. Les Iraniens sont descendus dans la rue, et ils se sont fait massacrer par dizaines de milliers. 38 000 aux dires de Trump. Peut-être davantage, car il y a chaque jour des exécutions depuis. Le régime, en effet, est bien plus violent envers son peuple qu’il ne l’avait été avant le début de cette guerre. Des choses qui passaient autrefois ne passent plus, et les potences tuent parfois tout au long de la journée.

Le point nᵒ 2 de l’accord porte sur la non-ingérence, et comporte donc, de facto, un abandon, une condamnation à mort, par les États-Unis, des opposants iraniens auxquels ils avaient promis leur protection.

Le peuple israélien

Les Israéliens voient la bride lâchée à l’Iran au Liban. En effet, l’efficacité du tir israélien et l’opération des bippers avaient tué ou mis hors de combat un si grand nombre de membres du Hezbollah, que cette milice serait aujourd’hui – et pour la première fois depuis le départ des Pasdarans envoyés par Khomeiny au Liban dans les années 1980 – formée en majorité d’étrangers, essentiellement des Iraniens, et de leurs proxys irakiens et afghans. Source : renseignements de l’armée libanaise, obtenus et cités par Michel Fayad.

D’ailleurs, les Iraniens ont confirmé cela, se déclarant soulagés que Trump ait renoncé à faire la guerre à l’Iran, y compris au Liban. En d’autres termes, ce n’était pas le Liban qui se battait au Liban depuis un an, mais l’Iran.

Certes, le « nettoyage » du Liban-Sud avec creusement de la terre au bulldozer, destruction des plantations et des maisons, était un moyen féroce de pratiquer la politique de la terre brûlée tout en procédant à des négociations avec l’État libanais. Netanyahu n’est pas Ariel Sharon, qui avait l’intelligence d’évacuer Gaza, allant jusqu’à évacuer aussi les colons israéliens en attaquant leurs maisons au bulldozer. Et qui, quand il menait une opération au Liban, veillait à frapper spécifiquement les représentations des milices terroristes de l’OLP, comme on pouvait s’en apercevoir quand on se promenait à Beyrouth-Ouest par la suite : un an plus tard, la ville était la même, ses immeubles toujours aussi vieux, sauf 17 qui avaient été totalement abattus par des bombes très puissantes lancées par avion, et dont les dégâts avaient été décuplés par les arsenaux présents dans ces immeubles avant l’arrivée desdites bombes. C’est pourtant lui qui a eu la mauvaise réputation, et lui qui a été détesté par le président américain. Et pour cause : le gouvernement américain était truffé de gens travaillant dans la société Bechtel, et servant donc les intérêts saoudiens et autres.

Netanyahu, donc, qui n’avait ni l’esprit de stratégie ni la popularité d’Ariel Sharon, y était allé à la méthode romaine de destruction totale. Mais il pratiquait cette méthode depuis longtemps, et Trump ne l’avait jamais jugée choquante . Pourquoi montait-il soudain sur ses grands chevaux pour fortifier à ce point l’Iran au Liban, au moment précis où ce n’étaient plus des Libanais, mais des Iraniens, des Irakiens et des Afghans qui formaient la majorité du Hezbollah et se battaient contre Israël sur sa frontière nord ?

La réponse se trouve probablement dans sa phrase : « Ces imbéciles qui pensent que je n’ai pas été assez ferme avec l’Iran au moment où la Bourse atteint un nouveau record tandis que les prix du pétrole s’effondrent sont soit envieux, soit malveillants, soit stupides. » Pour lui, ce sont les élections qui comptent, et il peut perdre celles de la mi-mandat si la Bourse continue de chuter et les prix du pétrole de monter…..

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