Cinq choses que les Juifs et les Chrétiens devraient savoir sur le 7 octobre (Dexter van Zile)
Dexter van Zile[1] montre ici que le 7 octobre 2023 était une tentative de ramener les Juifs et les Chrétiens à l’état de dhimmis, qui leur était imposé au Moyen-Orient avant l’indépendance d’Israël, comme l’a montré Bat Ye’or.[2] Le Hamas l’explique d’ailleurs très clairement dans sa charte cette théorie raciste : “les Juifs et les Chrétiens n’ont le droit de vivre en Palestine que sous l’aile de l’islam.” [3] La “coexistence heureuse” entre Juifs, Chrétiens et Musulmans sous domination islamique n’est qu’un mythe, répandu par les suprémacistes islamiques.
Le 7 octobre 2023 n’était pas simplement une nouvelle flambée de violence au Moyen-Orient. Il s’agissait d’une tentative de rétablir un ordre social antérieur à la création de l’État moderne d’Israël, un ordre où Juifs et Chrétiens vivaient en tant que peuples subordonnés et “coupables” sous domination musulmane. Trois ans plus tard, cette tendance s’est propagée aux campus universitaires américains, où des organisations de gauche ont contribué à créer un climat qui marginalise les étudiants juifs. Voici cinq points essentiels à comprendre.
1. Le 7 octobre était une tentative visant à forcer les Juifs à revenir à la subordination du Dhimmi
Le massacre visait à remettre les Juifs à leur place. L’indépendance d’Israël en 1948 a mis fin à un système d’oppression séculaire imposé aux Juifs et aux Chrétiens dans les pays vivant sous la charia du Moyen-Orient. Sous le régime islamique classique, les non-musulmans conquis n’avaient que trois choix : la mort, la conversion à l’islam ou l’acceptation de la dhimma – un traité qui faisait d’eux des dhimmis, des sujets subalternes vivant sous l’autorité d’une structure fondée sur la suprématie masculine musulmane.
Tout un système de règles imposait cette soumission, comme l’a montré Bat Ye’or. Les chrétiens n’avaient pas le droit de sonner les cloches des églises. Juifs et chrétiens portaient des vêtements distinctifs. Sur la route, ils devaient céder le passage aux musulmans. La jizya n’était pas qu’un simple impôt souvent exorbitant ; comme le documente Mark Durie dans *Le Troisième Choix : Islam, Dhimmitude et Liberté*, le rituel entourant son paiement impliquait souvent une gifle symbolique à la nuque pour rappeler au payeur qu’il rachetait sa vie. Lorsque des chrétiens ou des juifs revendiquaient l’égalité, ils devenaient des cibles pour une recrudescence des violences. L’attaque du 7 octobre visait à rétablir cette hiérarchie.
2. Un écho moderne de la dhimmitude : “l’islamophobie”
L’accusation d’“islamophobie” sert à réaffirmer que les non-musulmans n’ont aucun droit de critiquer l’islam.
Historiquement, contester cette hiérarchie a eu des conséquences dramatiques. Lorsque les chrétiens d’Anatolie ont commencé à revendiquer des droits à la fin du XIXe et au début du XXe siècle – souvent avec le soutien de l’Europe, cela a provoqué une violente réaction. Entre 1894 et 1924 environ, comme le détaillent Benny Morris et Dror Ze’evi dans leur ouvrage « Le génocide de trente ans : la destruction par la Turquie de ses minorités chrétiennes, 1894-1924 », sous les gouvernements impériaux ottomans, puis sous le régime républicain d’Atatürk, les Turcs musulmans ont assassiné environ deux millions de chrétiens ; violé des dizaines de milliers de femmes chrétiennes, enlevées de force pour être placées dans des familles musulmanes et islamisées.[4]
L’islamisme (l’islam radical), est une idéologie de suprématie masculine musulmane, visant à rétablir la domination musulmane sur les non-musulmans et la domination masculine sur les femmes, et à étendre ce système aux démocraties occidentales.
3. Le mythe du “Tout allait bien avant 1948”, une cause perdue
3. Le mythe du “Tout allait bien avant 1948”, une cause perdue3. Le mythe du “Tout allait bien avant 1948”, une cause perdue
Le 7 octobre est l’équivalent moderne de ce que les Blancs du Sud ont tenté de faire après la guerre de Sécession et l’émancipation des esclaves noirs. Humiliés par la perte de leur emprise sur les Noirs, ils ont eu recours aux émeutes, aux lynchages et à la propagande culturelle – notamment avec le film tristement célèbre « Naissance d’une nation » – pour rétablir une hiérarchie raciale et se présenter comme les véritables victimes. Il a fallu près d’un siècle au mouvement des droits civiques pour s’attaquer véritablement à ce système.
Un récit parallèle circule aujourd’hui parmi les islamistes et certains de leurs sympathisants occidentaux : l’harmonie aurait régné entre musulmans, chrétiens et juifs jusqu’à ce que le sionisme et les « sionistes chrétiens » ne la brisent. Cette affirmation occulte des siècles de restrictions imposées aux dhimmis et de massacres périodiques bien antérieurs à 1948. J’en ai entendu des versions lors des conférences « Christ at the Checkpoint » parmi les chrétiens de Cisjordanie. C’est le cousin moyen-oriental du mythe de « l’esclave heureux ». Ce récit est faux et sert le même objectif : légitimer la restauration de la suprématie. Pour une analyse approfondie de cette question, vous pouvez lire l’article « L’’oncle Tom et le dhimmi heureux »[5].
4. Le harcèlement des Juifs sur les campus universitaires après le 7 octobre promeut la suprématie masculine musulmane.
Quelques jours après le massacre, des groupes comme Students for Justice in Palestine, le Mouvement de la jeunesse palestinienne et les Socialistes démocrates d’Amérique ont œuvré pour marginaliser les Juifs sur le campus. Les étudiants restaient cloîtrés dans leurs résidences universitaires. Afficher son identité juive entraînait des agressions. Certains incidents ont donné lieu à des violences physiques. L’administration des Universités est restée largement impuissante à y mettre un terme.
La fausse accusation de génocide contre Israël est devenue le nouveau langage de la culpabilisation. Ce n’est pas le texte classique de la dhimma, mais son effet est le même : il désigne les Juifs et les partisans d’Israël comme des cibles légitimes d’hostilité et d’exclusion. Les organisations de gauche qui se présentent comme les championnes de l’égalité contribuent, en réalité, à créer les conditions propices à la progression d’une idéologie de suprématie masculine musulmane – l’islamisme.
Les étudiants juifs qui retournent sur les campus cet automne se voient demander de porter une part injuste du fardeau de la défense d’une civilisation que certains militants tentent activement de saper. Les chrétiens qui savent mieux ont l’obligation de les soutenir.
5. L’accusation de “génocide” inverse la réalité de la guerre du 7 octobre
Le Hamas a assassiné des civils le 7 octobre, les ciblant délibérément. Il s’agit là d’une manifestation génocidaire. Comme l’explique Helen M. Kinsella dans son ouvrage « L’image avant l’arme : une histoire critique de la distinction entre combattant et civil », le principe de distinction exige des parties qu’elles s’abstiennent d’attaquer directement les civils, qu’elles prennent les précautions possibles et qu’elles minimisent les dommages, et non qu’elles visent à éliminer complètement les victimes civiles.
Le Hamas a violé ces règles.
Israël, de son côté, a mis en garde les civils et les a exhortés à se mettre à l’abri. Les morts civiles à Gaza sont réelles et tragiques. Elles sont aussi la conséquence prévisible d’une guerre déclenchée par le Hamas et de sa pratique d’infiltration parmi les civils.
Il est impossible de désarmer et de vaincre le Hamas sans faire de victimes civiles. C’est une triste réalité de la guerre moderne.
Conclusion
La gauche américaine s’est rangée du côté du Hamas, du Hezbollah et de l’Iran – des forces rétrogrades et anti-modernistes qui cherchent à entraîner le Moyen-Orient dans une guerre régionale pour ramener la région au Moyen Âge.
Quiconque considère le Hamas comme innocent et Israël comme le seul responsable devrait avoir honte. Le 7 octobre était une tentative de soumettre à nouveau les Juifs, tout comme les suprémacistes blancs ont tenté de subordonner les Noirs après l’abolition de l’esclavage.
Cet article est publié avec l’autorisation de l’auteur. Traduction libre par Dhimmi Watch. Reproduction autorisée à condition de citer le titre et le lien de cet article, ainsi que la référence 1. L’illustration est la couverture de l’ouvrage publié par Dhimmi Watch en 2025 (accessible en librairies).
[1] https://dextervanzile.substack.com/p/five-things-jews-and-christians-need
[2] Bat Ye’or, Juifs et chrétiens sous l’islam: Les dhimmis face au défi intégriste, Berg International (1994)
[3] Le Moyen-Orient à l’heure nucléaire : la charte du Hamas, Sénat https://www.senat.fr/rap/r08-630/r08-63080.html et https://www.senat.fr/rap/r08-630/r08-630-annexe2.pdf Voir l’article 6.
[4] Benny Morris : “Collective Sexual Violence in Turkey, 1894–1924: What we know and how we know it”, https://www.cambridge.org/core/journals/law-and-history-review/article/collective-sexual-violence-in-turkey-18941924-what-we-know-and-how-we-know-it/B667ACF3622E4A08B39764E12A48DE7D
[5] E G Pollack, S H. Norwoo« Uncle Tom and the Happy Dhimmi: Reimagining Subjugation in the Islamic World and Antebellum South » 2024, https://www.meforum.org/middle-east-quarterly/uncle-tom-and-the-happy-dhimmi

