La date du 17 octobre n’a pas été choisie par hasard (Mourad Amellal, Alexandre Feigenbaum)
Vous voulez vraiment savoir ce qui s’est passé, ce 17 octobre en France ?
Sachez que cette date de manifestation n’a pas été choisie par hasard par LFI. Mathilde Panot l’annonçait quelques jours auparavant : « Ce samedi 17 octobre, nous serons là aussi en nombre pour commémorer le 65e anniversaire du 17 octobre 1961».
Et la veille de la manifestation, Bally Bagayoko,[1] maire de Saint-Denis, rappelait sa volonté de voir ce crime reconnu comme « crime d’Etat » par la France.
Des jeunes d’origine algérienne ont-ils compris selon de tels messages qu’ils allaient venger les Algériens assassinés par la police française ce 17 octobre 1961? Les enquêtes diront si ces jeunes étaient présents, et le cas échéant comment ils l’étaient dans ces pillages.
Leur a-t-on dit, à ces jeunes, que beaucoup de Français, surtout en métropole, étaient pour l’indépendance de l’Algérie ?
La gauche qui a mis le feu leur a-t-elle dit que c’était la gauche qui avait donné des pouvoirs spéciaux aux autorités militaires en Algérie et que François Mitterrand, ministre de l’Intérieur quelques années plus tôt, qui était responsable de condamnations à mort de nombreux militants du FLN en France ?[2]
Et surtout, leur a-t-on dit que le FLN savait parfaitement ce qui risquait de se passer ce 17 octobre 1961 ? Ce FLN, auquel le NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), proche de LFI par des alliances électorales, revendique son soutien au FLN, modèle de lutte soi-disant anticoloniale [4].
Leur a-t-on dit que ces Algériens assassinés étaient tous des Kabyles? Et que ces Kabyles allaient subir la colonisation du pouvoir algérien du FLN ?
André Larané [3] du site d’historiens Herodote.net raconte que le FLN savait que cette manifestation serait durement réprimée et qu’il prévoyait de l’utiliser comme argument politique :
« Une manifestation nocturne dans les beaux quartiers parisiens, à deux pas du palais de l’Élysée et de l’Assemblée nationale, avec une police chauffée à blanc par les attentats dont elle a été victime [et par le Préfet Papon, suite aux 22 policiers tués dans des attentats], c’est le drame assuré ! Le FLN veut user de cette provocation pour prendre le dessus sur le mouvement rival du MNA. Il ne lui déplairait pas non plus que la France soit mise en accusation sur la scène internationale. »
Et lisez le communiqué de Ferhat Mehenni (président du gouvernement kabyle en exil), ce 17 octobre 2026, qui révèle la véritable action du FLN, parti de la terreur, en une macabre collusion avec le Préfet de police Maurice Papon :
Octobre 1961-2026 : Les victimes Kabyles occultées [5]
Le 17 octobre 1961, à Paris, des manifestants, tous Kabyles, furent victimes d’un massacre perpétré par la police française. La Fédération de France du FLN les avait forcés à manifester malgré l’interdiction préfectorale décrétée par Maurice Papon.
Le récit historique, des deux côtés de la Méditerranée, occulte toujours le fait que ces victimes étaient des Kabyles qu’on assimile à tort aux Algériens. C’est là une double mort, physique et identitaire.
En ce 17 octobre 2026, nous avons décidé de briser le tabou.
1. La Fédération de France du FLN, qui avait obligé les immigrés kabyles, parfois en famille, à manifester, connaissait les risques auxquels elle les exposait dans ces circonstances.
2. L’idéal des victimes était celui de la liberté, et non celui d’une dictature. Or, le régime issu du FLN a instauré en Kabylie un colonialisme interne.
3. Aujourd’hui, la mémoire du 17 octobre 1961 est instrumentalisée lorsqu’elle sert à occulter le droit des descendants de ces victimes à revendiquer, pour leur propre peuple, la même liberté que celle à laquelle aspiraient leurs aînés.
4. Depuis juin 2021, la répression exercée par le pouvoir algérien contre les militants kabyles s’inscrit dans une logique de négation du droit du peuple kabyle à son autodétermination.
Hier, on nous jetait dans la Seine. Aujourd’hui, on nous encercle et on nous assassine avec des incendies meurtriers en Kabylie. Les époques diffèrent, la répression contre notre aspiration à la liberté demeure intacte. Et la Kabylie ne renoncera jamais à recouvrer sa souveraineté sur elle-même.
Paix aux âmes des victimes du 17 octobre 1961, sacrifiées dans une lutte dont l’idéal de liberté ne saurait être confisqué par aucun pouvoir.
Justice pour les victimes des incendies en Kabylie et pour toutes celles et ceux qui en réclament la vérité.
Liberté pour les prisonniers politiques kabyles.
Reconnaissance internationale de la République fédérale de Kabylie.
#MAK #Anavad #Kabylie #FreedomForKabylia #17octobre1961
L’illustration de cet article est reprise de la déclaration de Ferhat Mehenni et représente un moment de la manifestation.
Cet article montre que le FLN, qui se prétendait décolonial, était en fait un vecteur du mouvement colonialiste islamique.
[1] Charly Célinain, « 17 octobre 1961 : une trentaine de maires appellent à la reconnaissance du massacre », Le Courrier de l’Atlas, 16/10/2026
[2] Cécile Prieur : Guerre d’Algérie : François Mitterrand a approuvé plus de trente exécutions de militants du FLN, Le Monde, 31/8/2001
[3] André Larané, 17 octobre 1961, Nuit tragique à Paris, Herodote.net,
[4] NPA, 17/3/2022: Alain Krivine (1042-2022)
[5] https://x.com/FerhatMhenni/status/2111376499857072596

