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Longue vie à Salman Rushdie ! (petite revue de presse)

Août 29, 2022

Longue vie à Salman Rushdie ! (petite revue de presse)

Ce titre sonne comme une évidence : il nous a été proposé par une amie de Dhimmi Watch. Nous reproduisons ici quelques passages de la presse, quelques prises de position remarquables et articles sélectionnés, sans intention d’exhaustivité.

Tribune Juive, tribune de Raphaël Nisand[1]: L’Iran criminel:

Salman Rushdie est un vieux monsieur très digne âgé de 75 ans, mais voici sa vie mise en danger dans un atroce attentat parce que l’Iran n’a jamais retiré que sa tête était mise à prix 3 millions de dollars et que les pays occidentaux n’ont rien fait contre l’État assassin…. L’Iran se félicite déjà de l’attentat de New-York… Le journal Le Monde peut bien écrire qu’il s’agit “d’écrits controversés”, cette simple phrase ressemble déjà à un permis de tuer.

Aux Etats-Unis, le parti du Président Biden fait trop souvent les yeux doux aux musulmans intégristes et compte plusieurs députés proches des frères musulmans dans ses rangs. N’est-il pas temps pour les Etats-Unis de faire leur examen de conscience après cet électrochoc ? 

Il faut bien sûr isoler l’Iran et exiger de lui qu’il cesse sa politique agressive s’il veut rentrer dans la communauté des nations. Les Etats-Unis doivent aussi en finir avec une forme de communautarisme et le wokisme qui les désarment. »

Sud-Ouest[2]: La France Insoumise ne défend-elle plus la laïcité ?

Le leader de La France insoumise, habituellement très soucieux de réagir à l’actualité, tarde à faire état de son indignation concernant l’attaque de l’écrivain Salman Rushdie. En d’autres temps, Jean-Luc Mélenchon aurait fait part de son indignation au nom de la laïcité. La réserve de celui qui se veut le dirigeant de la gauche française indique qu’il a quitté le champ républicain et laïc préférant ménager une partie de son électorat. Jean-Luc Mélenchon se conduit en politicien prudent et non en défenseur des libertés. Ce silence est étrange, absurde. Il y a quelque chose qui ressemble à du Beckett, « En attendant Godot ».

Charlie Hebdo: Les petits soldats utiles à l’islamisme

Yann Diener : Après la tentative d’assassinat de Salman Rushdie, le premier message de la députée NUPES Clémentine Autain commence par ces mots : « Nous ne connaissons pas encore les circonstances exactes, ni l’auteur ni l’ampleur de la gravité des faits. »

Elle concède à la fin de son message un « c’est inacceptable »… Pourtant à l’heure où elle écrit ce tweet, on connaît très bien l’ampleur et la gravité des faits.

Parler d’idiots utiles pour ceux qui banalisent la violence de l’islam, ça n’est peut-être pas assez précis : ils ne sont pas simplement instrumentalisés, ils participent directement à cette violence, ils sont les petits soldats de la croisade de cette violence.

L’Express[3]: Salman Rushdie attaqué : l’islamisme contre la liberté – Le dossier de L’Express

Salman Rushdie poignardé, c’est la liberté de création qu’on attaque. Les Versets sataniques, roman du doute et de l’interprétation personnelle de la religion, n’ont rien du brûlot haineux dénoncé par les islamistes. En l’écrivant, l’auteur n’imaginait pas la fureur qui s’ensuivrait. La fatwa de l’ayatollah Khomeini, il y a 33 ans, a marqué le grand retour de l’intégrisme religieux. Depuis, une guerre sans fin est menée aux libres penseurs, qu’on fait taire par la violence ou l’intimidation. Une guerre contre laquelle on aimerait que tonne, enfin, un grand fracas.

L’Express[4]: Ils vivent sous la menace d’assassins islamistes

Leurs mouvements sont restreints. Leur attention toujours en alerte. Leur liberté en partie rongée. Ciblés par des organisations terroristes ou pointés du doigt par des dignitaires religieux, ils sont sous la menace perpétuelle d’être attaqués, blessés, tués. Ils ont beau vivre à des milliers de kilomètres de distance, leur quotidien se ressemble étrangement, dicté par les consignes des officiers de sécurité, rythmé par un protocole auquel il est interdit de déroger. Des jours ordinaires où l’imprévu n’élimine jamais la linéarité :

Riss, Zineb El Rhazoui, Mohamed Sifaoui… Comme Salman Rushdie, attaqué au couteau vendredi 12 août aux Etats-Unis, lors d’une conférence où il a été grièvement blessé, ils seraient des dizaines voire des centaines à être sous la menace après avoir été désignés par des fondamentalistes sunnites ou chiites comme une cible à abattre.

Le Figaro[5]: Boualem Sansal : Rien ne m’étonne, les islamistes ne se connaissent aucune limite. Égorger un journaliste naïf dans une ambassade sur ordre du palais et le dissoudre dans l’acide dans une baignoire livrée à cet effet par valise diplomatique, c’est banal ; tuer toute la rédaction d’un journal pour des caricatures, c’est une amusette ; condamner, égorger, lapider, brûler, pendre, violer, torturer, défenestrer, c’est viril. Voilà ce que l’islam/isme offre au monde. S’il y a autre chose, je ne l’ai pas vu, désolé. Si quelque chose peut m’étonner chez eux, ce serait qu’ils restent une semaine entière sans ennuyer leur monde avec leurs fatwas, leurs débordements, leurs vociférations, et, pis que tout, avec leurs envolées lyriques à la télé sur la meilleure religion qui soit pour la meilleure des communautés.

L’islamisme comme système de gouvernement par la charia et les châtiments corporels et comme instrument de conquête territoriale est encore dans l’enfance, il ne sait pas exploiter la pleine puissance de l’islam, la magie infinie de ses djinns et la geste exaltante de ses héros légendaires.

Il y a deux raisons à cela. La première est que le monde musulman est très arriéré à tous les niveaux de la hiérarchie sociale, il n’a pas réussi à se constituer une élite autonome capable de penser et de repenser le monde. Les plus avancés en sont encore à la récitation, à l’incantation, au blabla sur les mystères du Coran pour épater des publics déjà drogués, ou atteints de wokisme aigu. On est loin des Averroès, Avicenne, Omar Khayyam, Khwarezmi, Ibn Khaldoun, qui disputaient avec les géants grecs Thalès, Platon, Aristote, Pythagore, Hippocrate, Démocrite, Ératosthène, Hypatie. En France, ils sont en dessous de tout. Ne les comparons pas aux penseurs musulmans précités, des aigles de la stratosphère, on aurait le vertige. À part occuper des sinécures royales et se repaître de fromages bien gras, président de ceci, grand imam de cela, avion en “First”, rond de serviette dans les meilleures tables, pantoufles de soie dans les palais de la République, et répéter jusqu’à plus soif l’antienne « l’islam religion de paix et d’amour », « l’islamisme n’est pas l’islam » et rivaliser de pédantisme scolaire, que font-ils de plus ? À quoi occupent-ils leurs journées ? Les Français aimeraient savoir où vont leurs impôts. Il n’est pas normal qu’en France, en 2022, dans beaucoup de mosquées, on enseigne l’islam aux petits Français comme on l’enseigne dans les madrasas de Kaboul, qu’on désenvoûte les fillettes tous les 21 jours comme on le faisait au Moyen Âge et qu’ils viennent nous parler d’islam des Lumières à la télé comme leurs aïeux le faisaient à la cour du calife. Qu’on ne vienne pas après coup se plaindre qu’il y a des radicalisés dans la couvée.

Mediapart[6] : un retour sur l’affaire Rushdie

Christian Salmon préfère commencer par redonner longuement la parole aux assassins.

Le 12 février 1989, le Guide de la révolution iranienne, l’ayatollah Khomeiny, regardait à la télévision une manifestation au Pakistan qui s’élevait contre la parution d’un roman intitulé “Les Versets sataniques“. La manifestation était organisée par ceux qui s’illustrèrent quelques années plus tard en Afghanistan et que l’on apprit à connaître sous le nom de taliban. Khomeiny n’avait pas lu ce livre, mais il considéra qu’un livre qui avait pour titre « Les Versets sataniques » ne pouvait être qu’un livre satanique, n’ayant d’autres fins que l’insulte ou le blasphème.

La police pakistanaise tira sur la foule et fit cinq morts. Khomeiny fut si impressionné par les images du massacre qu’il se retira pour dicter un décret religieux [l’article cite ensuite ce décret “religieux“, que Dhimmi Watch ne reproduit pas, par respect pour ses lecteurs].  

Une chasse à l’homme commença, organisée par les services secrets d’un État théocratique contre un citoyen d’un État démocratique. L’auteur disparut de la vie publique et passa plusieurs années dans la clandestinité, une clandestinité paradoxale, sous la protection de la police britannique….

Photo illustrant l’article : Salman Rushdie at a breakfast honoring Israeli literary legend Amos Oz on the Upper East Side of Manhattan in New York City. Photographers blog post about this event and photograph. The photographer dedicates this portrait of Salman Rushdie to Wikipedia editor Mark Pellegrini, whose work on Featured Articles makes him unparalleled in improving the quality of article writing (wikimedia commons)


[1] https://www.tribunejuive.info/2022/08/13/raphael-nisand-rushdie-le-vide-sideral-de-loccident/

[2] https://www.sudouest.fr/redaction/journal-des-lecteurs/salman-rushdie-le-silence-de-melenchon-11965272.php  

[3] https://www.lexpress.fr/actualite/societe/l-islamisme-contre-la-liberte-le-dossier-de-l-express_2178649.html

[4] https://www.lexpress.fr/actualite/monde/salman-rushdie-poignarde-ces-personnalites-toujours-sous-la-menace-du-fondamentalisme-islamiste_2178643.html

[5] https://www.lefigaro.fr/vox/societe/boualem-sansal-la-fatwa-de-l-iran-contre-salman-rushdie-attente-a-toute-l-humanite-20220818

[6] https://www.mediapart.fr/journal/international/130822/un-retour-sur-l-affaire-rushdie