Dhimmi Watch

Dhimmisation Non classé

Grand remplacement : le point de vue islamiste (Al-Qaradawi, d’après I. Zahalka)

Août 31, 2022

Grand remplacement : le point de vue islamiste (Al-Qaradawi, d’après I. Zahalka)

Al-Qaradawi, membre du Conseil Européen de la Fatwa, recommande aux Musulmans d’immigrer en Occident pour répandre l’islam. Traduction libre de Dhimmi Watch. Seul le texte original fait foi.[1] Al-Qadarawi est l’un des penseurs islamiste des plus influents.

On notera que si le pays d’immigration est hostile à la religion, il est interdit d’y immigrer, sauf s’il était autrefois un pays musulman. Cette recommandation permet évidemment de comprendre bien des conflits actuels, qui visent à re-soumettre à l’islam d’anciennes colonies islamiques qui se sont décolonisées : Grèce, Israël, Espagne …

Titre du chapitre : ré-installation des Musulmans dans les pays non-musulmans  

Yusuf al-Qaradawi soutient que les Musulmans ne sont pas seulement autorisés à s’installer en Occident, mais qu’ils y sont en fait obligés, malgré les influences potentielles de leur futur environnement sur leur identité religieuse.  Cette obligation découle de la maşlaha [le bien commun des Musulmans et de l’islam] et de l’ évolution des circonstances historiques et géopolitiques. Les fortes différences de pouvoir entre les mondes ancien et moderne nécessitent le point de vue d’al-Qaradawi. Aujourd’hui, les pays occidentaux détiennent le pouvoir et contrôlent les politiques, l’économie et la culture du monde. Al-Qaradawi est aussi d’avis que si les Musulmans n’avaient jamais immigré en Occident, les Musulmans auraient dû le créer, afin de protéger les résidents musulmans de ces pays et d’aider les convertis islamiques qui y résident. De plus, les Musulmans doivent propager leur religion en s’installant dans ces pays car l’islam apporte la miséricorde au monde ; si cela n’avait pas été le cas, la religion islamique n’aurait jamais traversé la péninsule arabique.(référence 134 du texte original)

Dans un essai ultérieur, cependant, al-Qaradawi a déterminé que la légitimité d’un Musulman s’installant dans un certain pays dépend de ses citoyens et de leur point de vue sur les Musulmans et l’islam.  Dans la mesure où un pays accorde les libertés de rite et de religion, aucun obstacle n’existe pour qu’un Musulman puisse immigrer dans ce pays ; cependant, si le pays est hostile à la religion, il est interdit d’y immigrer, sauf s’il était autrefois un pays musulman. Dans ce dernier cas, il faut persévérer malgré les épreuves et respecter les décrets, sans égard aux contraintes du gouvernement ; Qaradawi fonde cette position sur l’immigration musulmane en Éthiopie (référence 135).

Muhammad al-Ghazali (référence 136) soutient que l’immigration musulmane vers les pays non-musulmans représente un préjudice extraordinaire pour l’islam, bien qu’elle puisse servir d’avant-garde dans le prosélytisme et de conduit de l’islam vers les pays non musulmans. al-Ghazali espère que des communautés musulmanes idylliques seront érigées sur tous les continents, à travers lesquelles l’Islam pourra se répandre. Néanmoins, tout Musulman résidant hors de la terre d’ islam doit immédiatement y retourner s’il sent que sa religion et celle de ses fils sont en danger ; ne pas le faire appelle à la désincarcération de la religion islamique .  Selon al-Ghazali, le Prophète Muhammad a fait référence à de tels cas dans le hadith qui s’adresse à un Musulman qui s’installe parmi les infidèles, dit-il, toute la terre est à Dieu qu’il a léguée à certains hommes.  Les Musulmans sont sommés de répandre l’islam afin de se libérer de l’esclavage des hommes et d’adorer Dieu.

Des concepts tels que la “terre de l’Islam”, la “terre de la guerre” et la division géographique sont futiles car l’Islam n’a pas de frontières. Tout pays qui garantit la sécurité d’un musulman est un pays islamique, même si la majorité de ses habitants sont des non-musulmans. Il cite l’imam al-Mawardi, qui préfère s’installer dans une terre de mécréance où les Musulmans peuvent défendre publiquement la religion plutôt que de résider dans un pays musulman, car dans le premier cas, on peut attirer les gens vers l’islam par des interactions directes avec eux. 

Photo d’illustration: Qaradawi_wih_free_Syria_flag_(cropped).jpg, 1 mai 2013, Wikimedia commons


[1] Iyad Zahalka, 2016, Shari’a in the modern era, Muslim minority Jurisprudence, Cambridge University Press, page 38 https://books.google.fr/books?id=0wCmCwAAQBAJ&pg=PA38&lpg=PA38&dq=qaradawi+immigration&source=bl&ots=unJxtsfvi5&sig=ACfU3U1QkylsUZpqg9CvwXGZC8caVsUihQ&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwjAqqj29In2AhVCzBoKHSuGB30Q6AF6BAgJEAM#v=onepage&q=qaradawi%20immigration&f=false