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Reconfigurations de l’Antisémitisme Politique

«Reconfigurations de l’antisémitisme politique » , le politologue Jean-Yves Camus et la politologue/philosophe Renée Fregosi ont analysé les mutations récentes de l’antisémitisme.

Juin 8, 2025

Reconfigurations de l’Antisémitisme Politique



La mue inquiétante d’un vieux poison –
Synthèse réalisée par Martine Ghnassia et Jean Charles Goldberg


Lors de la conférence du 27 mai 2025 organisée par Dhimmi Watch, et animée par
Antoine Mercier sur le thème «Reconfigurations de l’antisémitisme politique » , le
politologue Jean-Yves Camus et la politologue/philosophe Renée Fregosi ont analysé les
mutations récentes de l’antisémitisme. De plus en plus présent dans les milieux
anticoloniaux, islamistes et universitaires, ce phénomène reconfiguré échappe aux
grilles de lecture traditionnelles.
Un antisémitisme décentré, sans drapeau ni projet
Loin de l’image classique d’un antisémitisme d’extrême droite, Jean-Yves Camus décrit
une dynamique mouvante et inquiétante :
« Ce que nous voyons depuis plusieurs années, c’est un glissement de l’antisémitisme
vers d’autres sphères : islamisme, extrême gauche, mouvances décoloniales. »
Ce nouveau visage de la haine anti-juive ne s’inscrit pas dans un programme politique
structuré. Il s’exprime de manière virale, sans cohérence idéologique, dans une sorte de
colère brute.
« Il n’y a pas de revendications politiques claires dans ces manifestations. Pas un mot
sur une solution à deux États, rien sur le droit international. Ce n’est pas de la politique,
c’est de l’hostilité nue. » ajoute-t-il.
Israël, cible symbolique d’une colère postcoloniale
Pour Renée Fregosi, ce phénomène s’inscrit dans un cadre idéologique plus large, celui
d’une nouvelle lecture du monde portée par certains courants du « Sud global ».
« Dans cette vision postcoloniale, Israël est perçu comme un corps étranger, un bastion
occidental. Il devient la figure repoussoir par excellence. »
Ce discours, nourri d’un ressentiment historique, assimile les Juifs et l’État d’Israël à
une forme d’impérialisme occidental. Il alimente un antisémitisme qui se cache derrière
des slogans antisionistes.
« On a une vision manichéenne où Israël est toujours coupable, et ses ennemis
systématiquement excusés. »
Le 7 octobre, moment de bascule
Le pogrom du 7 octobre 2023, orchestré par le Hamas, a servi de révélateur brutal de
cette reconfiguration. Les invités dénoncent un renversement moral immédiat, presque
programmé.
« Le massacre venait à peine de se produire qu’on parlait déjà de ‘génocide à Gaza’. La
charge morale a été inversée en quelques heures. », déplore Jean-Yves Camus.
Renée Fregosi complète :
« Ce que nous avons vu, c’est une invisibilisation des victimes israéliennes. Comme si
leur mort ne comptait pas. »
Un discours globalisé, aux relais multiples
L’antisémitisme contemporain n’est plus un phénomène national. Il se déploie à
l’échelle planétaire, à travers des réseaux idéologiques, universitaires et militants.
« On retrouve les mêmes slogans à Paris, à Washington, à Buenos Aires. C’est une
matrice idéologique transnationale. », observe Camus.
Le Hezbollah, le Hamas, et d’autres acteurs islamistes bénéficient de soutiens au sein
d’ONG ou de certains milieux universitaires, en particulier en Amérique latine et aux
États-Unis.
Silences politiques et renoncements intellectuels
Les deux intervenants pointent aussi les ambivalences des autorités françaises,
tiraillées entre fermeté républicaine et crainte de froisser certaines composantes de
l’opinion.
« Le président Macron pratique l’équilibrisme. Il affirme son soutien à Israël tout en
évitant de nommer clairement l’idéologie du Hamas. »
Mais c’est surtout le monde intellectuel et académique qui est, selon eux, défaillant. Le
discours anticolonialiste dominant interdit toute nuance et empêche une lecture
équilibrée du conflit israélo-palestinien.
« Tant que l’on n’assume pas de dire que le Hamas est une organisation islamo-fasciste,
on participe à la confusion. », tranche Renée Fregosi.
Réarmer la pensée universelle contre les haines identitaires
Face à cette vague idéologique, les intervenants appellent à une réaffirmation forte de
l’universalisme républicain. Il ne s’agit pas seulement de dénoncer, mais de proposer
une alternative intellectuelle claire.
« Il faut réarmer la raison. Lutter contre cet antisémitisme suppose de sortir des
postures victimaires et de revenir aux principes. » insiste Fregosi.
Et Camus de conclure :
« L’antisémitisme change de visage, mais il tue encore. C’est un baromètre de notre
santé démocratique. »

REPLAY

Liens vers le replay de la visioconférence Antisemitisme politique avec Jean Yves Camus et Renée Fregosi:

Partie 1 Jean Yves Camus ->

Partie 2 Renée Fregosi ->

Partie 3 Discussion, Questions ->

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