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Qui s’est mobilisé pour la libération de Boualem Sansal ? (Alexandre Feigenbaum)

Nov 13, 2025

Qui s’est mobilisé pour la libération de Boualem Sansal ? (Alexandre Feigenbaum)

Dhimmi Watch se félicite de la libération de Boualem Sansal, grâce au gouvernement allemand. La mobilisation visible pour Sansal est venue d’écrivains, intellectuels, éditeurs (tribunes, pétitions, par exemple la “Lettre à Abdelmadjid Tebboune : libérez notre ami Boualem Sansal”[1]), et du Comité de soutien à Boualem Sansal, mené par Noëlle Lenoir et Arnaud Benedetti.[2] L’extrême-gauche institutionnelle française a refusé de se mobiliser pour Boualem Sansal. Elle a même été ouvertement réticente à son égard, s’inspirant, comme souvent le font les woke, sur un jugement du Hamas.

Dans les institutions

Au Parlement européen

Au Parlement européen, une large majorité soutenait Sansal, très populaire également en Allemagne. En janvier 2025, une Résolution du Parlement européen demande la libération immédiate de Boualem Sansal. Elle est adoptée très largement (533 voix pour, 24 contre, 48 abstentions).

Les eurodéputés de La France insoumise (LFI) ne la soutiennent pas : quatre votent contre, deux s’abstiennent. L’eurodéputée Rima Hassan a justifié son vote en affirmant « s’opposer à l’instrumentalisation qui est faite » par la droite et l’extrême droite de cette affaire.[3] En d’autres termes, Boualem Sansal pouvait rester en prison, non pas à cause de ses écrits et de ses paroles, mais à cause de ce que d’autres ont dit de lui ! Ceux qui le défendent sont coupables (d’être de droite) : le gouvernement français (si si), les responsables politiques du centre, du centre-droit, de la droite et de l’extrême droite.

À l’Assemblée nationale

Le 4 mars 2025, l’Assemblée nationale vote une résolution demandant la « libération immédiate » de Boualem Sansal. Résultat : le texte est adopté, mais tous les députés de gauche, y compris LFI et les communistes, s’abstiennent.[4] Là encore, ce n’est pas un geste de mobilisation : on laisse passer le texte, mais on refuse de le soutenir, ce qui a été très commenté comme un signal politique fort.

La ligne politique de l’extrême gauche sur Sansal

Dans une partie de la gauche, il est vu davantage comme un intellectuel “réactionnaire” qui fait le jeu de la droite que comme un prisonnier d’opinion à défendre sans condition. Dans certains secteurs de la gauche radicale, Boualem Sansal est perçu comme trop proche des positions de la droite ou de l’extrême droite sur l’islamisme, l’immigration ou le conflit Maroc/Algérie. Des intellectuels de gauche le jugent “hostile aux musulmans et aux immigrés”, allant jusqu’à rapprocher certaines de ses prises de position de celles de la droite radicale. Notamment dans un article paru dans Frontière,[5] que l’extrême-gauche totalitaire considère comme d’extrême droite, il avait tenu des propos justifiant la position du Maroc dans son différend avec l’Algérie, ce qui a encore renforcé son image, notamment chez des militants très alignés sur le gouvernement islamiste algérien. En 2012, il avait reçu un prix pour son roman “Rue Darwin”, puis s’était rendu en Israël pour un autre prix littéraire. Le Hamas avait alors parlé de “trahison”.

NPA, Lutte ouvrière…

Lutte ouvrière évoque l’affaire, dénonce la répression en Algérie et mentionne sa condamnation à cinq ans de prison, mais en l’inscrivant surtout dans une analyse des tensions France–Algérie et des calculs des deux États et parle d’une « brouille mise en scène entre les dirigeants des deux pays, au moment ils mènent une guerre sociale féroce à leur propre population, leur sert de dérivatif. Pour les travailleurs, en Algérie comme en France, cet affrontement n’est pas le leur.[6] »

Du côté du NPA (ou de ses courants), on trouve des textes qui parlent du procès et de la condamnation, souvent en rappelant en même temps leurs désaccords politiques profonds avec les prises de position de Sansal « l’Arabe utile d’une partie de la droite et de l’extrême droite dont il cautionne les postures anti-islam et anti-migrants.[7] »

Le Monde exprimait des réserves similaires sur ceux qui ”instrumentalisaient“ Boualem Sansal.[8]


[1] Tribune : « Lettre à Abdelmadjid Tebboune : libérez notre ami Boualem Sansal, au nom de l’humanité ! », Marianne 9/12/2024

[2] Aldric Meeschaert : «Nous n’imaginions pas un dénouement aussi rapide» : à l’ESJ Paris, le comité de soutien à Boualem Sansal savoure sa libération, Le Figaro, 13/11/2025

[3] Rédaction : Le refus de LFI de soutenir une résolution pour la libération de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal au Parlement européen critiqué à gauche comme à droite. Le Monde-AFP, 24/1/2025

[4] Marianne Lecach 5/3/3025 : «Honteux et choquant» : la gauche s’abstient lors d’un vote pour la libération de Boualem Sansal à l’Assemblée. JDD 5/3/2025

[5] Mayeul Aldebert : Frontière entre le Maroc et l’Algérie : comprendre la controverse historique soulevée par Boualem Sansal, Le Figaro 28/11/2024  

[6] Leila Wahda : Algérie-France : les tensions et leur instrumentalisation, Lutte Ouvrière, No 2946, 15/1/2025

[7] NPA Révolutionnaires : Algérie : Boualem Sansal condamné à cinq ans de prison ferme, 28/3/2025, https://npa-revolutionnaires.org/algerie-boualem-sansal-condamne-a-cinq-ans-de-prison-ferme/?

[8] Michel Guerrin, rédacteur en chef : « L’écrivain Boualem Sansal est instrumentalisé comme Donald Trump instrumentalise la liberté d’expression », Le Monde, 21/2/2025

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