Iran : où en est la gauche aujourd’hui ? (Claire Brière, Michaël Prazan)
Une visioconférence de Dhimmi Watch, le 10 mars à 19h30 (heure de Paris). Cet article remplace l’article dont le titre était : « une révolution au nom de Dieu ? », supprimé. En 1979, la gauche, orpheline de Mao, avait cru trouver en Khomeïny un nouveau guide. Où en est-on 47 ans après ? Les mollahs exercent-ils la même fascination sur l’extrême-gauche ?
Pourquoi tous les régimes mis en place par les Frères musulmans finissent-ils tous dans le sang et les larmes ? Pourquoi les peuples privilégient-ils toujours le bonheur sur terre aux paradis des djihadistes ?
Pourquoi finissent-ils par avoir la nostalgie de l’universalisme et des Droits de l’Homme ?
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Claire Brière fut, avec Pierre Blanchet, la première à avertir de la dictature suprémaciste et théocratique qui arrivait en Iran. En tant que correspondants de Libération en Iran tout au long de l’année 1978, les deux reporters ont décrit fidèlement les évènements qui allaient chasser le Shah. Claire Brière fut aussi présente dans l’avion qui a ramené Khomeiny à Téhéran le 1er février 1979. Quelques jours plus tard, leur ouvrage « Iran, la révolution au nom de Dieu », paraissait à Paris. Claire avait dicté un chapitre à l’éditeur par téléphone depuis Téhéran ! Les deux journalistes ont eu tort d’avoir raison trop tôt. Serge July, le patron de Libération, ne voulait pas voir le fascisme théocratique qui arrivait. Pour lui, c’était une révolution “chiito-socialiste”! La gauche française entretient-elle ces fantasmes révolutionnaires ? Toujours est-il qu’en 2026, Mélenchon se réfère à Serge July 1979 et s’abstient de tout geste qui pourrait fâcher les mollahs.
Michaël Prazan a, dès le début de sa carrière, dénoncé les idéologies racistes et s’alimentant de haine. Dès 2000, il dénonçait la stratégie conspirationniste et négationniste de Roger Garaudy. Si les idées de Garaudy avaient fait scandale à l’époque, le soutien discret d’intellectuels de gauche (comme Maxime Rodinson) ont aidé à leur infusion dans une bonne partie de la gauche. Dans sa thèse en 2004, Michaël Prazan mettait en évidence la synergie entre le négationnisme d’extrême-droite et l’antisionisme de la gauche radicale. Ses nombreux livres et films documentaires sont comme des images qui composent le tableau global de ce nouveau fascisme. Valérie Igounet raconte les grandes étapes de sa carrière, et son approche depuis son premier film documentaire ‘Japon les Années Rouges’.
« Pour transmettre l’histoire, on ne peut faire l’économie d’une forme d’empathie qui permet, dans certaines limites, de comprendre la grille de lecture qui préside à leur vision du monde ». Michaël Prazan a montré comment le wokisme a redéfini les concepts et le vocabulaire, au moment de l’extinction des derniers témoins-survivants de la shoah : ce qu’on appelle un génocide n’est pas vraiment un génocide, il permet même d’exempter de vrais génocidaires. Le regard de Michaël Prazan sur les idéologues, les idéologies, nous aide à comprendre la société depuis le 8 octobre 2023, alors qu’Israël n’avait pas encore riposté. Les mouvements d’extrême-gauche sont les alliés plus ou moins objectifs du Hamas contre Israël. Et derrière Israël, ce sont évidemment aussi les Juifs qui sont visés, dans une France où les fascistes se prétendent antifascistes, où les conspirationnistes se disent anti-conspirationnistes, où les antisémites passent pour des antiracistes. Le brouillage des valeurs empêche d’appréhender ce qui se passe en Iran.

