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Boualem Sansal paye son amour d’une France qu’il aura trop défendue aux yeux de la gauche (Gilles William Goldnadel)

Avr 28, 2026

Boualem Sansal paye son amour d’une France qu’il aura trop défendue aux yeux de la gauche (Gilles William Goldnadel)

De Boualem Sansal à Kamel Daoud, Godlnadel dénonce une gauche qui réserverait systématiquement ses critiques les plus virulentes à ceux qui défendent la France. Nous publions ici un court extrait de sa chronique dans Le Figaro du 28 avril. Boualem Sansal est membre du Comité d’Honneur de Dhimmi Watch et nous sommes fiers d’avoir diffusé pendant son emprisonnement une grande interview inédite.[1]

J’avais beau l’annoncer à grand renfort de superlatifs, je restais en dessous de la vérité : l’intolérance d’extrême gauche est à son sommet. Plus l’extrême gauche politique et médiatique perd de son prestige moral et intellectuel, plus elle devient méchante. La semaine qui s’achève vient de me donner raison au-delà de toute désespérance. Boualem Sansal en est l’illustration la plus tragique et tristement ironique  : il en vient à envisager de quitter la France. Embastillé en Algérie pour «atteinte à l’unité nationale» après avoir osé critiquer les frontières et l’histoire officielle du régime, l’écrivain franco-algérien fut souvent défendu du bout des lèvres par une partie de l’intelligentsia française d’extrême gauche, au demeurant plus de gauche qu’intelligente.

Illustration la plus confondante : cette émission de service public sur France 5 où il fut attaqué sans être défendu,[2] alors qu’il était encore dans les geôles de la dictature algérienne : 
«il se trouve que Boualem Sansal alimente un discours hostile à l’encontre des immigrés et des musulmans, il reprend tous les thèmes d’Éric Zemmour (…) quand des intellectuels du milieu culturel le présentent comme un homme des lumières, ils se trompent complètement. Ils sont aveugles ou complices».

Libéré en novembre 2025 et de retour en France, le ton s’est fait encore plus aigre. La trop fameuse affaire Grasset et ses prises de position lucides sur l’islamisation et les menaces qui pèsent sur la France ont provoqué un «malaise grandissant», pour reprendre une expression lue dans Le Monde. Vilipendé par ceux qui autrefois l’encensaient, Sansal paye le prix de son amour pour une France qu’il a trop défendue à leurs yeux. Sur France 5, toujours, la responsable littéraire du journal Le Monde le tient pour un piètre écrivain qui vendrait peu de livres. Son roman “2084 : la fin du monde”  a trouvé 400.000 lecteurs. La gauche préfère visiblement le dictateur algérien au dissident franco-algérien qui refuse de haïr son pays d’accueil. Samedi, l’écrivain résistant a été intronisé à l’Académie royale de Bruxelles. D’aucuns lui ont reproché à nouveau ses récents positionnements : c’est un géant au milieu des nains….

Par amnésie décrétée, les terroristes islamistes ont été amnistiés, mais un plus lointain passé continue à être ressassé à titre d’identité.  La ministre française de la Culture a réagi, mais sans oser écrire le mot Algérie. J’affirme que l’auditeur de France Inter qui signe cette chronique, dont la fidélité assidue ne saurait être questionnée, n’a pas une seule fois, jusqu’au moment où ces lignes sont écrites, entendu évoquer ne serait-ce que prestement cette condamnation. On voudra bien comparer avec les innombrables éditoriaux consacrés à l’affaire Grasset. Sans entrer dans le débat de fond, le mot qui vient à la surface est celui de disproportion.

Article d’origine : https://www.lefigaro.fr/vox/societe/goldnadel-boualem-sansal-paye-son-amour-d-une-france-qu-il-aura-trop-defendue-aux-yeux-de-la-gauche-20260427


[1] https://dhimmi.watch/2025/02/21/grand-entretien-avec-boualem-sansal-dhimmi-watch/

[2] https://www.lefigaro.fr/actualite-france/boualem-sansal-alimentait-un-discours-hostile-a-l-egard-des-musulmans-attaque-le-politologue-nedjib-sidi-moussa-20241125

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