Génocide piège à.. (1) : si c’est un génocide, pourquoi l’accusation prend-elle son temps ? (Ben M Freeman)
Nous publions une série de trois articles, trois points de vue sur la fausse accusation de génocide lancée par le Hamas et l’Afrique du Sud. Ici, l’ONG ‘Honest Reporting’ constate que l’Afrique du Sud a demandé une prolongation de 18 mois pour constituer son dossier.[1] N’y a-t-il donc pas urgence à arrêter un génocide, si vraiment c’en était un ? Temps de lecture 3 minutes.
La contradiction de l’urgence
Si l’Afrique du Sud croyait réellement qu’Israël commettait un génocide, tout retard serait intolérable. Or, cet État qui, depuis deux ans, affirme qu’un génocide est en cours, a accepté un calendrier qui pourrait prolonger la procédure jusqu’à la prochaine décennie. Le message involontaire est clair : il n’y a pas d’urgence car il n’y a pas de génocide.
Depuis plus de deux ans, on répète à une grande partie du monde qu’Israël commet un génocide à Gaza. Cette accusation a été reprise avec une certitude déconcertante par des militants, des politiciens, des universitaires, des journalistes et des organisations internationales. Dans de nombreux milieux, le débat est considéré comme clos. Le verdict est médiatique déjà tombé. La seule question qui demeure, nous dit-on, est de savoir pourquoi le reste du monde n’a pas encore réagi.
Pourtant, plus de deux ans après que l’Afrique du Sud a introduit son recours devant la Cour internationale de Justice, elle a demandé et obtenu une prolongation de 18 mois pour présenter sa prochaine série d’arguments.[2] Si c’était véritablement le génocide flagrant que tant de personnes ont dénoncé, on pourrait légitimement se demander : pourquoi le génocide peut-il attendre ?
Le génocide requiert une intention.
Cela ne devrait pas nous surprendre.[3] … Après plus de deux ans de guerre, les éléments de preuves ne permettent pas d’établir l’intention génocidaire : les détracteurs d’Israël mettent souvent en avant le nombre de victimes, les opérations militaires et les déclarations incendiaires de certains responsables politiques, mais ils n’ont pas réussi à démontrer l’existence d’une politique d’État visant à anéantir le peuple palestinien. Israël a, au contraire, averti à plusieurs reprises les civils d’évacuer les zones de combat, a contacté directement les Palestiniens par téléphone, SMS, messages vocaux et tracts, et a mis en place des voies d’évacuation et des couloirs humanitaires.[4]
John Spencer,[5] titulaire de la chaire d’études sur la guerre urbaine à l’Institut de guerre moderne de West Point, a montré que ces mesures ont contribué à un ratio de pertes combattantes/civiles d’environ 1:1 à 1:1,5, qu’il qualifie d’historiquement bas pour une guerre urbaine moderne. Bien que les chiffres précis restent sujets à controverse, de telles actions sont difficilement compatibles avec l’affirmation selon laquelle l’objectif d’Israël est la destruction du peuple palestinien. La dévastation d’une ville truffée d’installations terroristes n’est pas un génocide. La Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide exige la preuve d’une intention de détruire un peuple, et après plus de deux ans d’examen, cette preuve n’a pas été apportée car elle n’existe pas….
Si un génocide est réellement en cours, les preuves devraient être accablantes. Si l’affaire est aussi simple que le prétendent les militants, il ne devrait pas être nécessaire de s’enliser pendant des années dans des débats supplémentaires devant la plus haute juridiction du monde. Si les faits sont aussi clairs qu’on nous l’a répété à maintes reprises, la procédure judiciaire devrait confirmer une évidence plutôt que de s’enliser dans des querelles stériles autour d’une accusation profondément controversée.
Au contraire, il semble que ce soit l’inverse qui se produise. Plus la procédure se prolonge, plus il devient évident que les certitudes des accusateurs vont bien au-delà de la solidité des preuves qui la sous-tendent.
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Toute reproduction doit être faite en citant cet article et son lien.
Ben M. Freeman est l’auteur de “Jewish Pride: Rebuilding a People” (2021) et de “The Jews: An Indigenous People (2025)”
[1] Titre original : If It’s Genocide, Why Can It Wait Until 2029? Publié par l’ONG Honest Reporting https://honestreporting.com/if-its-genocide-why-can-it-wait-until-2029/
[2] Yonah Jeremy Bob, South Africa’s ICJ delay request may ease pressure on Israel – analysis, Jerusalem Post, 1/6/2026, https://www.jpost.com/israel-news/article-898019
[3] ONU Assemblée Générale, resolution 260 A (III) Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide. 9 décembre 1948
[4] Note DW : le Hamas a au contraire tout fait pour exposer les civils gazaouis
[5] https://x.com/netanyahu/status/2013660256606261421

