Comment l’ONU maintient les manuels scolaires qui appellent à la haine (Alexandre Feigenbaum)
Le 20 avril 2024, l’ONU a publié le rapport d’audit de Catherine Colonna, ancienne ministre française, qui faisait des recommandations pour garantir la ‘neutralité’ de l’UNRWA, l’Agence de l’ONU chargée des réfugiés arabes palestiniens.[1]Le Secrétaire général de l’ONU, Guterres, a aussitôt incité l’UNRWA à mettre en œuvre ces recommandations. La France aussi a exigé « le bannissement des discours de haine et antisémites des manuels scolaires et la réforme des syndicats. »[2] La façon dont l’UNRWA bloque tout changement à ces manuels scolaires appelant à la haine révèle une étrange conception des Droits Humains.
L’idéologie “islamo-nazie”
Pendant des siècles, dans les pays conquis par le djihad, les Juifs et les Chrétiens ont été traités en dhimmis,soumis aux Musulmans, humiliés, discriminés, exploités, opprimés, réduits en esclavage, voire massacrés. Cette conception des non-musulmans, révélée par Bat Ye’or, a contribué aux génocides d’Arméniens, d’Assyriens et de Grecs pontiques.[3]
Dans les années 1920, sous l’impulsion d’Amin al Husseini, un nazi arabe, les Frères musulmans se sont rapprochés des nazis allemands. Les financements nazis ont permis aux Frères de devenir une très grande organisation et de développer leur propagande. De même que les nazis prétendaient que les Juifs étaient une menace pour l’Allemagne, la propagande frériste décrit les Juifs comme des ennemis de l’islam, menaçant chaque musulman. Pendant la guerre de 1939-45, les émissions de radio Berlin en arabe ont permis d’enraciner cette idéologie dans le monde musulman.[4] Aujourd’hui encore, les Frères musulmans répandent ce mélange d’islam intégriste et de thèmes de propagande nazie.[5]
Dans la Charte du Hamas, l’influence de cette idéologie suinte partout : les Juifs ont de l’argent, ils dominent la presse, le monde…. La Charte se réfère même aux « Protocoles des Sages de Sion », un faux inventé par la police tsariste[6] et largement diffusé par les nazis. L’article 7 de la Charte précise le projet d’exterminer tous les Juifs,[7] pas seulement ceux de Gaza.
Comme ils ont dynamité les temples de Palmyre en 2015, les djihadistes considèrent qu’il n’y avait aucune culture, aucune civilisation valable avant l’islam. Cela va au-delà de l’extermination physique et éradique les Juifs de l’Histoire. C’est ce qu’explique Ben Laden, dans sa lettre au peuple américain, [8] dont voici un extrait :
« Cela nous fait rire et pleurer de voir que vous ne vous lassiez pas de répéter vos mensonges inventés selon lesquels les Juifs auraient un droit historique sur la Palestine, comme cela leur aurait été promis dans la Torah. Quiconque les contredit sur ce prétendu fait est accusé d’antisémitisme. C’est l’une des inventions les plus fallacieuses et les plus répandues de l’histoire… Ce sont les musulmans qui sont les héritiers de Moïse (sur lui la paix) et les héritiers de la véritable Torah, celle qui n’a pas été modifiée.… Si la Torah a promis aux disciples de Moïse un droit sur la Palestine, alors les Musulmans en sont la nation la plus digne. »
La France a découvert en juillet 2025 une jeune étudiante gazaouie, réfugiée à Paris, adepte de Hitler[9] ! Elle est le résultat typique de l’enseignement djihadiste dispensé avec des manuels scolaires palestiniens imprégnés de l’idéologie éradicatrice correspondante.
Tolérance zéro pour la violence : la recommandation 35
La recommandation 35 du rapport Colonna demande « d’interdire tout discours de haine, toute incitation à la violence et/ou toute référence antisémite dans les manuels scolaires. En attendant, cesser d’utiliser ce type de manuels.» Lors d’une conférence de presse, Catherine Colonna appelait l’UNRWA à « dépolitiser l’enseignement, en ayant “tolérance zéro” pour la propagande dans les écoles. »[10]
C’est aussi la position de l’ONG IMPACT-SE, qui effectue une veille continue des manuels scolaires.[11] Comme le rappelle le rapport Colonna, le Parlement Européen exige, lui aussi, la ‘tolérance zéro’ et recommande
« de supprimer tous les matériels et contenus pédagogiques qui ne respectent pas les normes de l’UNESCO d’ici à la prochaine année scolaire, en particulier ceux qui contiennent de l’antisémitisme tel que défini par la classification de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste approuvée par l’Union, de l’incitation à la violence, des discours de haine et de la glorification du terrorisme » et notait « que la Commission procèdera à un contrôle détaillé pour qu’aucun fonds de l’Union ne soit alloué, directement ou indirectement, à la rédaction, à l’enseignement ou à l’exposition de ces matériels éducatifs aux enfants palestiniens, y compris ceux fournis par les organisations des Nations unies » [12]
Un petit paragraphe énigmatique aux grandes conséquences
Mais le rapport Colonna donne aussi une autre tonalité, avec un paragraphe énigmatique :
“L’examen de trois évaluations internationales majeures et d’études universitaires sur la question des manuels scolaires de l’Autorité palestinienne a révélé que deux d’entre elles comportaient des biais et des contenus non conformes, sans toutefois mettre en évidence de références antisémites. Une troisième étude, le rapport Eckert, a identifié deux exemples à contenu antisémite, mais a noté que l’un d’eux avait déjà été supprimé et que l’autre avait été considérablement modifié. Il n’est pas certain que cette modification ait effectivement permis d’éliminer le contenu antisémite de l’exemple restant.”
Attardons-nous sur ce paragraphe, qui a été amplement repris dans la communication de l’UNRWA, alors qu’il contient des affirmations fausses ou tendancieuses. Si les auditeurs de la commission Colonna avaient consulté les “évaluations internationales majeures”, ils auraient vu que deux d’entre elles n’ont pas étudié les manuels scolaires et n’ont donc évidemment pas ‘mis en évidence des références antisémites’.[13]
Quant à l’Institut George Eckert (IGE), il a effectivement publié en 2021 une étude sur les manuels scolaires. Mais ce paragraphe énigmatique laisse penser que l’IGE n’a identifié que deux ouvrages problématiques. En réalité, l’IGE a analysé 156 manuels scolaires et 16 guides de l’enseignant, où il a trouvé en gros les mêmes dérapages que IMPACT-SE. Mais alors que le rapport était déjà terminé, le ministère palestinien de l’Éducation a communiqué à l’IGE in extremis dix-huit manuels qui venaient d’être révisés et qui présentaient des améliorations notables.[14] L’IGE a alors modifié son rapport pour y inclure ces manuels. Les deux ouvrages dont le contenu antisémite aurait été ‘modifié’ ou ‘amélioré’ en font partie.[15] Ces améliorations de dernière minute ont-elles contribué à l’optimisme de l’IGE ? Dans sa conclusion générale, l’IGE considère que « dans l’ensemble, ces manuels sont conformes aux lignes directrices de l’UNESCO » (page 171).
Mais cinq ans plus tard, en 2026, IMPACT-SE dément malheureusement cette lueur d’optimisme : s’il y a bien eu des améliorations ponctuelles, les problèmes d’antisémitisme et de glorification de la violence n’ont toujours pas été résolus. Et pour cette ONG qui étudie les manuels palestiniens depuis vingt-cinq ans, ils ne sont toujours pas conformes aux lignes directrices de l’UNESCO.
L’ONU, elle, reprend toujours dans sa communication le paragraphe énigmatique du rapport Colonna sur l’étude de l’IGE de 2021.[16] Sans un mot sur les centaines de manuels appelant toujours à la haine et au djihad ! Sans citer les ONG IMPACT-SE ou UN Watch, ni la recommandation 35 du rapport Colonna : sa position sur les manuels
« correspond étroitement aux conclusions de l’Institut Georg Eckert dans une étude commandée par la Commission européenne[17]… L’UNRWA examine tous les manuels scolaires utilisés dans ses écoles afin d’identifier les passages qui pourraient ne pas être conformes aux valeurs des Nations Unies et aux normes pédagogiques de l’UNESCO. L’UNRWA ne tolère aucun discours de haine, aucune incitation à la discrimination ni aucune violence ».[18]
L’ONU bénéficie du silence complice des grandes ONG internationales, plus soucieuses de minimiser le génocide commis le 7 octobre 2023 par le Hamas. Les pays donateurs ont-ils été dupes ? Toujours est-il que le 5 décembre 2025, l’Assemblée Générale de l’ONU a voté à une large majorité la Résolution A/RES/80/78 qui salue « la volonté de l’UNRWA d’opérer dans le respect des principes de neutralité » et renouvelle l’Agence pour trois ans[19].[20] La France a voté pour cette Résolution.
Les critères d’évaluation de l’IGE et de IMPACT-SE sont différents
Les critères de définition de l’antisémitisme
L’IGE tient compte de l’essentialisation et de la diffamation des Juifs, ainsi que des accusations de complotisme et de l’incitation à la violence (page 29). Mais IMPACT-SE tient par ailleurs compte de la politisation des manuels et des incitations à l’éradication de l’État juif, au cœur du projet génocidaire du Hamas. En novembre 2025, IMPACT-SE notait que
par ses manuels scolaires, « l’Autorité palestinienne continue d’effacer Israël des cartes et des textes, d’y intégrer des motifs antisémites, de glorifier la violence et le martyre, et de politiser les exercices de sciences, de technologie, d’ingénierie et de grammaire d’une manière qui normalise le conflit… Les manuels pédagogiques officiels indiquent aux enseignants que les Juifs israéliens sont “voués à disparaître” ».
Les Israéliens “voués à disparaître”, c’est exactement l’antisémitisme éradicateur du Hamas,[21] dont l’IGE ne s’alarme pas vraiment.
La relativisation de la violence
L’IGE ‘contextualise’ la violence. Il trouve ‘normal’ que la violence vécue par les Palestiniens se reflète dans les manuels scolaires (page 172). IMPACT-SE, par contre, considère qu’il est compréhensible que les élèves parlent de la violence de leur vie quotidienne ; mais que ce sont les incitations à la violence dans les manuels qui contribuent à perpétrer cette violence et à radicaliser les élèves.
L’analyse dans le contexte plus général des Droits de l’Homme
En 2021, l’IGE appréciait que les manuels scolaires enseignent les Droits de l’Homme. IMPACT-SE, au contraire, dénonce une instrumentalisation de ces Droits de l’Homme :
- L’IGE note avec satisfaction que « la coexistence religieuse entre Chrétiens et Musulmans est la forme dominante présentée dans les manuels ; les autres religions sont rarement abordées »[22] ; mais il ne s’inquiète pas de l’exclusion des Juifs de cette coexistence, alors que c’est, répétons-le, c’est le point-clé de l’idéologie éradicatrice de l’islam intégriste, le moteur du conflit. Par contre, l’IGE cite les exemples de violation des droits de l’’Homme attribuées aux Israéliens (page 170).
- L’IGE considère « ces manuels soulignent l’universalité [des Droits de l’Homme].[23] Mais deux lignes plus loin on apprend que « cette universalité n’est pas appliquée à la question des droits des Israéliens » (page 3).
Conclusion
Que ce soit par conviction ou pour éviter d’affronter les syndicats d’enseignants dominés par le Hamas, la direction de l’UNRWA n’a pas mis en œuvre la révision des manuels scolaires pour exclure les incitations à la haine ; elle met en avant des améliorations ponctuelles, sans résultat global. Les pays donateurs se sont-ils laissé duper ? Toujours est-il qu’ils ont renouvelé le mandat de l’UNRWA sans demander des comptes. Pourtant, les modifications pourraient se faire beaucoup plus rapidement, comme le souhaite le Parlement européen. En effet IMPACT-SE signale que les manuels saoudiens et égyptiens ont progressé sensiblement pour éliminer les contenus antisémites et anti-israéliens.[24] Ces manuels pourraient être adaptés rapidement pour l’Autorité palestinienne, au moins dans des disciplines scientifiques. Tant qu’une génération entière d’enfants palestiniens n’aura pas été éduquée dans une culture de reconnaissance mutuelle, dénonçant le djihad, toute coexistence pacifique restera malheureusement impossible.
Alexandre Feigenbaum est directeur de recherche, président de l’Observatoire International de la dhimmitude, Dhimmi Watch.
Illustration d’après un texte et un dessin publiés par IMPACT-SE dans leur rapport 2026 sur les manuels palestiniens. Le dessin illustre un poème appelant les enfants à donner leur vie pour conquérir les villes israéliennes et le texte est issu d’un guide de l’enseignant de cours de géographie (https://impact-se.org/publication/review-of-the-2025-2026-palestinian-authority-school-curriculum/)
Reproduction de bonne foi autorisée, à condition de citer l’auteur, le titre et le lien internet de l’article.
[1] Cet article fait suite à un article paru sur Atlantico le 20 septembre 2025 https://atlantico.fr/article/decryptage/unrwa-refuse-t-elle-appliquer-decisions-commission-colonna-apres-7-octobre-nations-unies-Israel-otages-Palestine-Gaza-Hamas-Alexandre-Feigenbaum et dans la Nouvelle Revue Politique le 27 juillet 2026, https://nouvellerevuepolitique.fr/alexandre-feigenbaum-comment-lunrwa-tient-aux-manuels-scolaires-qui-appellent-a-la-haine/
[2] Assemblée Nationale, 17 juin 2025, réponse à la question écrite 4927, Légitimité du financement de l’UNRWA par la France https://questions.assemblee-nationale.fr/q17/17-4927QE.htm – Les syndicats du personnel de l’UNRWA, très politisés, exercent des pressions sur la direction de l’Agence, bloquant toute réforme.
[3] G.N. Shirinian, Genocide in the Ottoman Empire, Armenians, Assyrians and Greeks, Berghan, 2017 https://dokumen.pub/qdownload/genocide-in-the-ottoman-empire-armenians-assyrians-and-greeks-1913-1923-1785334328-9781785334320.html
[4] Pierre-André Taguieff : les sources de l’islamo-palestinisme, in ‘7 Octobre, une fracture française’, page 87, Les unpertinents, 2025. Voir aussi Matthias Küntzel, National Socialism and Anti-Semitism in the Arab World,
Jewish Political Studies Review 17:1-2 (Spring 2005), consulté sur https://jcfa.org/article/national-socialism-and-anti-semitism-in-the-arab-world/
[5] Stricto sensu, l’islamo-nazisme correspond à la collusion entre islamistes intégristes et nazis. Ce nom est souvent appliqué à l’idéologie développée depuis cette collaboration.
[6] La charte du Hamas de 1988, traduction sur le site du Sénat
[7] A la rigueur, ils peuvent vivre en Palestine, comme les Chrétiens, mais seulement à l’ombre de l’islam (Article 32)
[8] Lettre de Ben Laden au peuple américain: accessible sur le site du Tri-College Libraries Institutional Scholarship. Traduction en français : https://docs.google.com/document/d/1ty9ySHPUOS98rnhoH5dPj3ZARTneZA651ripbXs7rCI/edit?tab=t.0#heading=h.qc0lrnkdyd9y
[9] Ambre Xerri : Quand l’affaire de l’étudiante de Gaza ravive le spectre de la collaboration entre nationalisme palestinien et nazisme, L’Express, 5/8/2025
[10] Associated Press: Key recommendations for strengthening the neutrality of the UN agency helping Palestinian refugees (Catherine Colonna); 23/4/2024 https://apnews.com/article/palestinian-refugees-neutrality-unrwa-32740e3b32c9a1f40368372c5ecde3b9?
[11] IMPACT-SE a analysé 291 manuels et 71 guides. [Review of the 2025-2026 Palestinian Authority School Curriculum https://impact-se.org/publication/review-of-the-2025-2026-palestinian-authority-school-curriculum/]
[12] 11. European Parliament resolution of 7 May 2025 with observations forming an integral part of the decisions on discharge in respect of the implementation of the general budget of the European Union for the financial year 2023, Section III – Commission, executive agencies, and the ninth, tenth and eleventh European Development Funds (2024/2019(DEC)) https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/TA-10-2025-05-07_EN.html? paragraphe 162
[13] La première de ces organisations est “The Council of Religious Institutions of the Holy Land,’ réunissant des autorités religieuses juives, musulmanes et chrétiennes analysant la façon dont les systèmes éducatifs israélien et arabe palestinien présentent « l’autre » [Victims of Our Own Narratives?” Portrayal of the “Other” in Israeli and Palestinian School Books, 2013]. La seconde organisation est le GAO, chargé d’examiner combien et comment le gouvernement a dépensé pour les programmes scolaires palestiniens [United States Government Accountability Office (GAO): State’s Reporting on UN Efforts to Address Problematic Textbook Content Had Gaps Before Funding Ended, January 2026]
[14] Georg Eckert Institute (2021) : Report on Palestinian Textbooks, pages 5, 170, 172, 174. Voir aussi IMPACT-se “Review of Georg Eckert Institute Report on Palestinian Authority Textbooks” https://www.impact-se.org/wp-content/uploads/IMPACT-se-Review_GEI-Report-on-PA-Curriculum.pdf, page 154
[15] Selon la note 42 de fin du rapport Colonna
[16] United Nations Palestine: Independent review panel releases final report on UNRWA, 23/4/2024 https://palestine.un.org/en/266785-independent-review-panel-releases-final-report-unrwa
[17] Si l’IGE a bien été financé par la Commission européenne, la première page du rapport précise que ses conclusions ne représentent pas les vues de la Commission.
[18] UNRWA: Claims Versus Facts, February 2025, https://www.unrwa.org/unrwa-claims-versus-facts-2025
[19] ONU, Résolution adoptée le 5 décembre 2025, Point 49 de l’Ordre du Jour, Résolution A/RES/80/78 : Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine au Proche-Orient https://docs.un.org/fr/A/RES/80/78
[20] Ont voté contre : Argentine, Fiji, Hongrie, Israël, Macédoine du Nord, Palau, Papua Nouvelle Guinée, Paraguay, Tonga, USA – Abstenus : Albanie, Bulgarie, Cameroun, Éthiopie, Tchéquie, Democratic Republic of the Congo, Allemagne, Italie, Micronésie, Marshall, Nauru, Samoa, Soudan Sud.
[21] Arik Agassi : Review of the 2025-2026 Palestinian Authority School Curriculum, IMPACT-SE, 15 Novembre 2025, page 2
[22] IGE 2021, page 170
[23] IGE 2021, page 3
[24] https://www.impact-se.org/wp-content/uploads/Updated-Review-Saudi-Textbooks-2023-24.pdf IMPACT-se

