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Dormez en paix (Muriel Pill)

Oct 7, 2026

Dormez en paix (Muriel Pill)

Muriel Pill témoigne pour nous de l’audience au procès de Barbara Lefebvre. Elle le fait en tant que militante de l’association « Voir et dire » (qui avait soutenu Georges Bensoussan lors de son procès) et de Dhimmi Watch. Georges Bensoussan gagna son procès mais perdit son poste au Mémorial de la shoah. Barbara Lefebvre est sanctionnée par l’Education nationale, pour un motif que beaucoup trouvent incompréhensible…. et injuste.

Dormez en paix, citoyens, les associations anti-racistes veillent. Avec une célérité incomparable. Telles celles qui se sont réveillées 48 heures avant l’audience de ce 23 septembre, pour se porter parties civiles au procès intenté un an et demi auparavant à Barbara Lefebvre. En cause, les propos qu’elle avait tenus le 20 février 2025 sur I24News, lors de la remise à la Croix Rouge des cercueils des corps suppliciés du bébé Kfir, de son petit frère Ariel, de leur mère Shiri Bibas et de celui d’Oded Lifshitz, 83 ans, dans une mise en scène ignoble du Hamas, sous les acclamations festives d’une foule gazaouie. C’est SOS Racisme, le 19 mars, une fois de plus mal inspirée, qui initia la plainte après le signalement de l’indécrottable député LFI, Thomas Portes et d’un militant de l’association CAPJO EuroPalestine, Benjamin Belaïbi. Signalement auquel le Parquet de Paris décida de donner suite, accompagné de SOS Racisme. Parmi les associations vertueuses qui se sont ajoutées si tardivement, on trouve l’AJPO (Avocats pour la Justice au Proche-Orient), SOS Soutien-Osans-papiers déjà présente au procès de l’historien Georges Bensoussan, la LDH, le MRAP et l’AEFS (Association Enfants Familles Solidarités), l’UJFP (Union Juive pour la Paix) au sujet de laquelle le parquet national antiterroriste (PNAT) a ouvert, le 8 août 2025, une enquête préliminaire du chef de « financement du terrorisme ».

Certaines dénominations ne révélaient pas d’emblée leur vocation anti-raciste et l’on aurait aimé comprendre ce que faisait là , par exemple, Enfants Familles Solidarités inscrite le jour-même, dont le représentant a commencé par préciser qu’il rentrait du Sénégal et n’avait pas eu le temps de consulter le dossier ! Il s’est, à l’issue des plaidoiries de parties civiles, montré incapable de dire ce qu’il demandait à la justice, se contentant de répéter à l ’ envie une litanie d’articles et d’alinéas du code pénal – au point que la juge dut lui rappeler qu’elle connaissait la loi – avant de demander « que Barbara Lefebvre soit déclarée coupable en tenant compte de la réitération » (sic) et 1500 euros de dommages !

Il faut à présent évoquer la prestation des nombreux avocats de la partie civile ligués contre la « dangereuse » chroniqueuse qui n’a pourtant pris qu’un seul conseil pour leur répondre. Un effet de meute peu rassurant pour la liberté d’expression. Car c’est bien de cela dont il s’agissait à la 17e Chambre.

Ainsi cet avocat, dont les baskets juraient quelque peu avec la distinction de sa solennelle robe d’avocat, qui parla avec force « d’un véritable génocide. Ni plus ni moins qu’un génocide. Il faut que quelqu’un le dise à la barre aujourd’hui. » L’indigné avocat désignait ainsi, non pas l’attaque monstrueuse du Hamas mais la riposte militaire des Israéliens au plus grand massacre de Juifs commis depuis l’extermination de six millions d’entre eux. Un « génocide » des Gazaouis ? Pourtant deux millions de personnes vivraient en ce moment dans la bande de Gaza. Autant de survivants après plus de deux ans de guerre génocidaire ?

Non seulement cet avocat employa de façon diffamatoire le terme de génocide, contribuant ainsi à la perverse inversion accusatoire contre Israël, mais il accusa la prévenue d’apologie de « crime contre l’humanité », « de terrorisme », « de crime de guerre » pour ses propos à l’antenne d’I24News le 20 février 2025. Pas question de tenir compte des circonstances : la mise en scène du Hamas et l’explosion de joie de la foule gazaouie devant les cercueils des corps suppliciés de leurs otages. Vision qui avait rempli Barbara Lefèbvre de la même horreur, du même chagrin et de la même colère que tous ceux qui, en France et dans le monde entier, avaient espéré qu’au moins serait rendue vivante la famille Bibas dont les portraits déchiraient le cœur sur les af iches (lacérées et arrachées par les supporters de la « résistance » du Hamas !) que Barbara et d’autres se dévouaient pour coller sur les murs libres d’af ichage. Mise en scène que même le Secrétaire général de l’O.NU., M. Guterres, a condamnée.

Quant à l’argument de l’impact terrible des mots de Barbara Lefèbvre sur les réfugiés gazaouis accueillis en France, que l’on nous permette d’en douter. B. Lefèbvre a répondu à une avocate à ce sujet que la France devait les accueillir à bras ouverts, « s’ils étaient de farouches opposants au Hamas ». L’avocate avait-t-elle déjà oublié l’étudiante accueillie en France en juillet qui prit la poudre d’escampette au Qatar, quand ses tweets antisémites, glorifiant explicitement Hitler, furent exhumés par I24News, provoquant un tollé ?

Contrairement à ce qu’a prétendu l’accusation, le rayonnement de son opinion du jour était certainement d’autant plus réduit qu’elle s’exprimait sur une chaı̂ne francoisraélienne, dont l’audience ne doit pas être importante en France, en Israël, et de surcroı̂t au Proche-Orient abreuvé par les prêches antisémites et anti-israéliens de la chaı̂ne qatari Al-Jazeera.

Par ailleurs, son influence de chroniqueuse et d’essayiste française sur la politique américaine ou palestinienne ne peut qu’être inexistante. Ses opinions n’engagent donc qu’elle et ceux qui les partagent. Son avis sur les plans de Trump concernant Israël et ses voisins n’a à l’évidence aucun poids sur les décisions qui seront finalement prises. Que dire d’avocats qui prétendent que « Lefebvre (sic) et ses amis » (le lobby juif cher aux antisémites ?) utilisent le président américain « comme leur idiot utile pour faire avancer leur projet » ? Mais l’on attend toujours les idées précises de ceux qui braillent le slogan « From the river to the sea », solution que préconise l’article 7 de la Charte du Hamas en se référant au hadith ordonnant de tuer tous les Juifs. Curieusement, ce n’est jamais du joug totalitaire et clanique du Hamas et des brigades islamistes dont les prétendus soutiens des Palestiniens entendent libérer les Gazaouis ; et ces derniers, faut-il le rappeler, ont installé le Hamas au pouvoir, en toute connaissance de cause et partagent ainsi la responsabilité morale des horreurs du 7 octobre.

Barbara Lefebvre a fait pièce avec justesse et brio aux accusations, aux calomnies, celle de la LDH qui l’a, dans ses conclusions, accusée d’être un suppôt de Fillon. Elle a rappelé le montage faux et frauduleux du député LFI Aymeric Caron auquel s’est référé sans vergogne Me Rachid Madid, l’avocat de SOS Racisme. Ce n’est pas en lisant le compte rendu partisan de Libération que vous l’apprendrez.

Mais venons-en à la défense. La plaidoirie de Michel Laval a impressionné l’auditoire, y compris les avocats des parties civiles dont l’attitude arrogante s’est alors effacée. Sa défense de la liberté d’expression, malmenée depuis des décennies, a impressionné jusqu’à ses adversaires. Maı̂tre Laval a déploré le réseau de dispositions qui enserre la loi de barbelés, redonnant à la censure un poids étouffant, à l’encontre de l’esprit de la loi initiale sur la Presse de 1881. Il a insisté sur le fait que la justice doit nécessairement tenir compte, dans son jugement, des « circonstances absolument tragiques, qui font honte à l’humanité » où la femme « engagée et profondément honnête » qu’il défend a exprimé ses idées.

Il s’est indigné du manque de respect de la plus élémentaire déontologie d’avocats qui mettent en avant une précédente condamnation alors que « celle-ci n’existe pas d’un strict point de vue juridique, car appel a été interjeté ».

Il a fustigé le Parquet pour avoir accepté un signalement venu d’un député LFI, Thomas Portes, courageux au point de ne pas être présent comme il l’aurait dû normalement. M. Portes est connu pour « son engagement pro-Hamas », sa visite au Liban en septembre 2025 sur les tombes des responsables de l’attaque terroriste des J.O. de Munich en 1972, et « la camaraderie qu’il entretient avec le Hamas et les chefs du FPLP », ces criminels, « au point d’embrasser l’un d’eux à sa sortie de prison en France » (Georges Ibrahim Abdallah, condamné en 1987 à la réclusion à perpétuité pour complicité d’assassinat terroriste).

Le Parquet récidive. Il avait déjà accepté le signalement contre Georges Bensoussan, initié par une organisation interdite depuis en France. Quel acharnement judiciaire, au nom d’un pseudo antiracisme, couvrant une censure digne de juges soviétiques !

Et comme cela ne suffit pas à ces dignes héritiers du stalinisme et autres totalitarismes, ils y ajoutent une fois de plus la tentative de priver leur adversaire de son métier et de son honneur. G. Bensoussan y perdit son poste de responsable éditorial au Mémorial de la Shoah. Le poste de professeur de B. Lefebvre, laquelle n’a pourtant que des rapports élogieux à l’Education nationale, est visé. Comme l’a rappelé Michel Laval, l’anathème coutumier d’« extrême droite » est censé aider à la manœuvre. Acharnement d’avocats par ailleurs incapables de prouver qu’elle parlait d’un « plan concerté » ou de citer ses expressions relevant d’une telle accusation, comme l’a justement plaidé Me Laval. La négation du contexte tragique et l’accusation ignoble selon laquelle Barbara Lefèbvre aurait feint son émotion en disent long sur leur propre incapacité à faire preuve d’un minimum d’empathie, même pour la tragédie du 7 octobre 2023. Les avocats de la partie civile refusent de tenir compte du contexte, une obligation légale pourtant, tout comme des clarifications qu’elle a apportées par écrit le 24 février 2025, (avant le signalement) quatre jours après l’émission, sur le site de la chaı̂ne I24 (et que le lecteur peut toujours consulter) puis sur Facebook pour répondre à l’indignation orchestrée sur les réseaux sociaux.

Michel Laval a rappelé enfin qu’il avait été, pendant trente ans, aux côtés des parties civiles de victimes de génocides, qu’il avait vu de ses yeux les charniers où gisaient les Tutsis, victimes des massacres, qu’il connaissait les arcanes et toutes les subtilités de ce type d’accusation. Or, qu’a-t-on entendu comme démonstration : « Cela va de soi ! C’est évident ! Mais bien sûr, il y a forcément un plan !». Si évident, ironise Michel Laval, que le substitut du procureur attribue au Parquet l’accusation de crime de guerre au lieu de crime contre l’humanité.

Et ce sont ces gens-là qui, au cours d’une audience de plus de quatre heures, ont cherché à faire croire que B. Lefèbvre était « une dangereuse multirécidiviste, une propagandiste forcenée, raciste », à qui il fallait retirer son droit à exprimer ses opinions et à continuer sa carrière d’enseignante. Tellement dangereuse qu’un individu lui a fait un geste de décapitation devant son collège, qu’elle y a été placée sous surveillance policière en raison des menaces de mort et de la haine ordurière sur les réseaux sociaux à l’appel de L.F.I.

Tous ces ardents défenseurs de la censure auront entendu de la bouche de Michel Laval les règles inchangées de la Cour Européenne des Droits de l’Homme depuis 1976 : « La liberté d’expression est l’un des fondements d’une société démocratique. L’une des conditions primordiales de son progrès (…), sans réserve de restriction ». Cela vaut aussi pour les idées qui « heurtent, choquent ou inquiètent l’Etat ou même un groupe ».

Barbara Lefèbvre a clos les débats avec pugnacité et émotion. Je m’interroge, comme elle et tant d’autres, sur la cécité du Parquet et des associations présentes qui n’ont jamais poursuivi Houria Bouteldja, cofondatrice du Parti des Indigènes de la République, pour son ouvrage au titre choquant Les Blancs, les Juifs et nous, tandis que l’indéboulonnable Jack Lang lui conservait son poste bien au chaud à l’Institut du Monde Arabe. La même déclara sur le site de Mediapart (avant que ce ne soit retiré) en toute impunité : « On ne peut être innocemment israélien », selon l’exact raisonnement des milices djihadistes et des milliers de civils qui ont pillé, assassiné, violé, torturé, brûlé vifs, blessé à l’arme de guerre des milliers de jeunes civils israéliens engagés pour la Paix au festival Nova et les civils des kibboutz, la plupart de gauche et aidant les Palestiniens ! C’est à une semblable essentialisation que des milliers de militants et d’étudiants se livrent en harcelant les étudiants juifs et en imposant le boycott d’universitaires, de musiciens, de sportifs… parce qu’Israéliens, même lorsqu’ils condamnent le gouvernement de Netanyahou. En s’arrogeant le droit d’essentialiser ainsi, en paroles et en actes, ils contribuent à l’augmentation foudroyante des actes et des crimes antisémites à l’échelle mondiale, et alimentent le climat délétère pour les Juifs (dont le nombre, faut-il le rappeler, n’a jamais rattrapé celui d’avant leur destruction, et s’élève à moins de seize millions sur une population mondiale de 8,2 milliards).

Quant au Ministère de l’Education nationale, il agit avec une bêtise confondante. Il a suspendu Barbara Lefebvre pour un an dont six mois sans traitement, sous le prétexte on ne peut plus fallacieux qu’elle aurait nui « à l’image de l’Education nationale ». Sanction qui vient d’être validée (5 octobre) par le tribunal administratif saisi en urgence. Quel gâchis ! Le nombre scandaleux d’heures perdues à cause du manque de professeurs devrait inciter le Ministère de l’Education nationale à revoir d’urgence sa copie en ne privant pas les élèves d’un professeur talentueux. Ajoutée au harcèlement judiciaire d’ennemis du débat public, cette décision n’honore ni le ministère ni le rectorat de Versailles ni le tribunal administratif. La justice n’est pas un étouffoir à débats démocratiques ain de protéger ceux qui n’ont rien à faire de la démocratie (R. Malka).

Tous ceux qui soutiennent la liberté d’expression seront au rendez-vous pour le verdict du 13 novembre, date où des islamistes, frères des djihadistes « résistants » de Gaza, ont ensanglanté et endeuillé Paris, à jamais gravée dans nos mémoires.

Muriel Pill, militante de l’association « Voir et dire » (qui avait soutenu Georges Bensoussan lors de son procès) et de Dhimmi Watch

Paris, le 07 octobre 2026.

Note de la rédaction : Barbara est suspendue sans salaire pour 6 mois sur décision du ministère. Une cagnotte a été ouverte par une amie afin de l’aider financièrement; salaire et frais de justice:

-> Cagnotte leetchi pour Barbara Lefèbvre.

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