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Elle n’est pas musulmane. Pourquoi devrait-elle porter le hijab ? (Raymond Ibrahim) – témoignage

Nov 29, 2025

Elle n’est pas musulmane. Pourquoi devrait-elle porter le hijab ? (Raymond Ibrahim) – témoignage

Raymond Ibrahim nous raconte le calvaire de jeunes chrétiennes scolarisées en Egypte.[1] Le premier jour de son entrée dans un lycée public de la province égyptienne de Minya, Maryam y entra comme toutes les filles en Occident : les cheveux découverts.

Contrairement à ce qui se passait en Occident, elle fut immédiatement interpellée par le proviseur, qui la réprimanda devant tous les élèves : « Tu ne peux pas venir avec les cheveux comme ça ! C’est inadmissible ! Tu devras venir demain avec un foulard. »

Maryam fut décontenancée. « Je lui ai dit que j’étais chrétienne et que je n’étais pas tenue de porter le hijab », se souvint-elle plus tard, « mais il a insisté sur le fait que c’était la règle et que je provoquais la fitna [sédition] en refusant. »

Le lendemain matin, quand Maryam est retournée à l’école, toujours tête nue, l’atmosphère était hostile. « Tout le monde était choqué et me regardait comme si j’étais nue », raconte l’adolescente déterminée. « Certaines filles gloussaient ; d’autres murmuraient des insultes comme « kafira » [infidèle]. Un des professeurs m’a dit : « Vous autres, les chrétiens, vous voulez toujours exhiber vos corps. » »

Le harcèlement ne s’est pas arrêté là. D’autres professeurs ont commencé à la prendre pour cible en classe, la traitant d’« arrogante » et de « rebelle ». Plusieurs camarades musulmanes ont refusé de s’asseoir à côté d’elle. « C’était comme si j’avais commis un crime », a déclaré Maryam. « Ils me traitaient comme si j’étais impure, simplement parce que je ne portais pas le voile. »

Même en dehors de l’école, la pression s’intensifiait. Certains membres de la famille de Maryam, eux-mêmes lassés de discriminations constantes, l’exhortaient à se soumettre « pour sa propre sécurité ». Mais elle refusait de céder. « J’ai l’impression de me battre pour ma liberté », disait-elle. « Je veux être moi-même. Je ne suis pas musulmane . Pourquoi devrais-je porter le hijab ? »

Maryam rêve d’aller à l’université « les cheveux lâchés sur les épaules, sans que personne ne me regarde comme si j’avais mal agi ». Mais en Égypte aujourd’hui, ce « rêve » exige un courage qui frise la rébellion.

Bien que le hijab ne soit pas obligatoire en Égypte, les normes islamiques imprègnent la vie publique, notamment dans les villes de province. Officiellement, la Constitution égyptienne garantit la « liberté de religion », mais le système éducatif, supervisé par un puissant bastion islamique au sein du ministère de l’Éducation, impose de facto une culture islamique dans les écoles publiques. On demande souvent aux filles coptes de se couvrir les cheveux ; les garçons chrétiens sont moqués s’ils ne mémorisent pas de versets du Coran dans le cadre des cours d’arabe ; et les enseignants chrétiens risquent le licenciement s’ils se plaignent.

Ces incidents se sont multipliés ces dernières années, s’inscrivant dans le cadre du programme d’islamisation en cours dans le pays. Sous la présidence d’Abdel Fattah al-Sissi, l’Égypte se présente officiellement comme un rempart contre « l’extrémisme » ; pourtant, le quotidien des chrétiens raconte une tout autre histoire : les mosquées prolifèrent tandis que la construction d’églises se heurte à de graves obstacles bureaucratiques ; les sermons et les manuels scolaires glorifient l’islam tout en ignorant ou en diabolisant le christianisme ; et même les vêtements sont devenus un acte politique de soumission ou de résistance.

Aujourd’hui, c’est une question de cheveux. L’expérience de Maryam révèle ainsi non pas un malentendu isolé, mais le symptôme d’une réalité bien plus vaste : dans l’Égypte d’aujourd’hui, afficher ostensiblement sa foi chrétienne, c’est s’exposer à la persécution. Ce qui commence par un simple « conseil » de porter le voile peut rapidement dégénérer en ostracisme, menaces, voire en violence – le tout justifié sous couvert de « conformité » et d’« harmonie sociale ».

Il n’est d’ailleurs pas surprenant que Minya, la province natale de Maryam, soit aussi l’une des régions les plus intolérantes d’Égypte. Les églises y sont régulièrement attaquées ou fermées ; des jeunes filles chrétiennes sont enlevées et converties de force ; et la police, lorsqu’elle n’est pas complice, reste indifférente.

Dans ce contexte, le fait qu’une jeune fille de 16 ans revendique le droit de ne pas se couvrir les cheveux est perçu comme un acte de « rébellion », une prise de position contre le poids coercitif d’une culture islamisée. « Je veux juste étudier et vivre comme tout le monde », a déclaré Maryam, « mais je ne veux pas être obligée de faire semblant d’être quelqu’un d’autre. »

Son plaidoyer simple – pour la dignité, la conscience et la liberté – en dit long sur le sort des chrétiens d’Égypte aujourd’hui. Une fois de plus, le « pays du Nil » montre que son peuple le plus ancien et le plus autochtone, les Coptes, demeurent des étrangers sur leur propre terre.

Notre illustration représente un extrait du tableau de Giorgio di Chirico, Hector et Andromaque, en noir et blanc, ce qui dépersonnalise les personnages et leurs visages.

[1] https://www.raymondibrahim.com/11/06/2025/christian-girl-harassed-for-refusing-hijab-they-looked-at-me-as-if-i-were-naked. Traduction libre de Dhimmi Watch

Reproduction autorisée à condition de citer la référence : titre de l’article mentionnant l’auteur, et le lien de Dhimmi Watch.

Raymond Ibrahim est membre du Comité d’Honneur de Dhimmi Watch

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