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Déviations de neutralité: exemples choisis dans le rapport sur l’audiovisuel public 

Mai 5, 2026

Déviations de neutralité: exemples choisis dans le rapport sur l’audiovisuel public 

Dans le rapport Alloncle paru ce matin, nous avons notamment sélectionné des exemples de manque de neutralité concernant des islamistes ou préférant des théories décoloniales ou qui nous paraissent être des entorses à la laïcité. Les noms de section sont indiqués, ce qui permettra au lecteur incrédule de vérifier.

a.   Une présentation incomplète des intervenants, au détriment de la sincérité de l’information

Le 12 janvier 2026, dans l’émission « Sur le terrain » sur Franceinfo, M. Afchine Alavi a été présenté comme un simple opposant au régime iranien alors qu’il est en réalité un membre actif de l’Organisation des moudjahidines du peuple iranien, ([76]) ([77]) organisation islamiste impliquée dans plusieurs attentats et classée comme terroriste par l’Union européenne, les États-Unis et le Canada jusqu’en 2013. Présenté sous une qualification neutre, il a pu s’exprimer à l’antenne comme s’il incarnait, à lui seul, la voix du peuple iranien, sans que le téléspectateur ne soit correctement éclairé sur son affiliation politique.

Le même jour, dans l’émission « C dans l’air », Mme Chirinne Ardakani a été présentée comme « avocate des droits humains », sans qu’il soit fait mention de son engagement politique passé sous l’étiquette du Parti radical de gauche ([78]), de sa présence récente sur une affiche annonçant une réunion sur la flottille à Gaza aux côtés de Rima Hassan ([79]), ni de sa participation (récente encore) à une conférence militante aux côtés de Mme Assa Traoré et d’élus de La France insoumise à l’Institut la Boétie ([80]), ni encore de ses prises de position publiques particulièrement tranchées sur le conflit au Proche-Orient, puisqu’elle avait affirmé, sur le même plateau, ne faire « aucune différence entre Netanyahou et Khamenei »

b.   La diffusion d’informations inexactes ou gravement équivoques

Le 25 janvier 2026, Franceinfo a diffusé à l’antenne le bandeau suivant : « 200 otages palestiniens retrouvent la liberté » ([83]), alors qu’il s’agissait de détenus palestiniens, dont un certain nombre avaient été condamnés pour des faits de terrorisme. Interrogée sur l’absence d’auto-saisine du comité d’éthique de France Télévisions, Mme Christine Albanel, sa présidente, a reconnu que celui-ci « aurait pu » s’auto-saisir, tout en ajoutant ne pas être en capacité de le faire « systématiquement, compte tenu (…) de la fréquence de tels incidents »

iii.   Le choix de Nora Hamadi pour la revue de presse

M. Corbé a choisi Mme Nora Hamadi pour réaliser la revue de presse sur France Inter, ce dont s’est étonnée Mme Caroline Yadan, membre de notre commission d’enquête, appartenant au groupe EPR.

Mme Caroline Yadan (EPR) : « Vous l’avez rappelé : une chaîne de radio publique telle que France Inter se doit de faire montre d’objectivité dans le traitement de l’information et dans l’exercice de la liberté d’expression, tout en respectant la diversité. Mme Nora Hamadi est actuellement chargée de la revue de presse sur votre antenne. Or cette journaliste a, deux semaines seulement après le pogrom du 7 octobre 2023, publié un tweet directement lié à France Inter, élogieux et militant en soutien à Rima Hassan, accompagné d’un poing levé. Ce soutien a été réitéré à de nombreuses reprises sur les réseaux sociaux lors de plusieurs événements publics au cours desquels elle a offert une visibilité médiatique à celle qui est devenue la porte-parole du Hamas au Parlement européen.

iv.   France Médias Monde et la diffusion de discours hostiles à la France

Les déclarations de M. Claudy Siar, relevé par l’ambassadrice Avé, ont également été citées au cours des auditions. Journaliste et animateur-producteur de l’émission « Couleurs tropicales » sur RFI, il a multiplié les prises de position publiques en faveur de l’extrême gauche, allant jusqu’à comparer Mme Rima Hassan à Nelson Mandela et à accuser « la classe journalistique française » de « collaboration » avec ce qu’il qualifiait de « fascisme du XXIᵉ siècle ».
Plus grave encore, quelques semaines après la répression sanglante menée par le régime des mollahs et que l’Iran a directement attaqué des bases françaises au Moyen Orient, il déclarait : « L’Iran a le droit et le devoir de se défendre », tout en regrettant que le point de vue iranien ne soit pas davantage relayé à la télévision et en saluant, sur ce point, le traitement de la chaîne qatarie Al Jazeera.

[Note DW : Mme Anne-Sophie Avé est ambassadrice de France en Afrique, elle est citée aussi dans le rapport pour avoir signalé une propagande antifrançaise sur France Médias Monde. Elle cite des chefs d’état africains demandant : « comment voulez-vous que nous luttions contre les discours antifrançais quand vos propres chaînes les diffusent ? ». Mme Saragosse, citée ci-dessous est directrice de France Médias Monde. Elle estime que son média n’a pas vocation à « être le relais de la parole diplomatique française »]

Interrogée sur ce cas, Mme Saragosse a mis en avant les trente années de carrière de M. Claudy Siar à RFI, l’a remercié pour son travail et a invoqué le pluralisme, sans jamais condamner explicitement ses déclarations. Elle a en revanche annoncé devant votre commission d’enquête le non-renouvellement de son contrat. Votre rapporteur relève que cette décision n’aurait été communiquée en interne qu’après son audition, le soir même.

v.   France TV Slash : « non plus représenter la France telle qu’elle est, mais telle qu’on voudrait qu’elle soit »

France TV Slash, plateforme de France Télévisions destinée aux 15-35 ans, pour partie donc un public mineur, a donné à voir une ligne éditoriale fortement orientée. Comme l’a rappelé votre rapporteur lors de l’audition du 12 février 2026, l’analyse du collectif « Touche pas à ma redevance » faisait état d’une centaine de publications problématiques. En voici quelques-uns :

– Relai d’une cagnotte de soutien au comité « La vérité pour Adama Traoré  et au mouvement Black Lives Matter :

Le 2 juin 2020, un post intitulé « #BlackLivesMatter : comment te mobiliser ? » invitait à signer des pétitions, faire des dons, afficher son soutien, manifester et soutenir le comité « Vérité pour Adama » ; dans la même semaine, d’autres publications relayaient des contenus sur les « artistes qui se mobilisent », affirmaient que les hommes noirs avaient « 2,5 » fois plus de chances d’être tués par la police aux États-Unis, promouvaient une cagnotte au profit de la famille Traoré ou expliquaient « comment être un allié.e pour Black Lives Matter ? », en appelant notamment à reconnaître son « statut de privilégié » lorsqu’on est blanc, à embaucher des personnes noires, à contribuer à des cagnottes et à proposer « d’autres idées » ; le 9 juin 2020, Slash relayait encore une vente de photos au profit du comité « La vérité pour Adama Traoré » ;

– Diffusion d’une grille de lecture racialiste : le 19 décembre 2019, Slash publiait cette formule : « Quand tu es un homme blanc, tu es très privilégié », en relayant les propos de Matthieu Longatte sur la nécessité, pour les personnes blanches, de reconnaître leur privilège.

iii.   Reporters Sans Frontières : des pétitions militantes malgré une charte dite « apolitique »

Votre rapporteur a relevé, au sein de l’association « Reporters sans Frontières » (RSF), des prises de position difficilement compatibles avec l’indépendance dont l’organisation se réclame. Le 2 juillet 2024, M. Thibaut Bruttin, directeur général de RSF, publiait sur Instagram une vidéo appelant à signer une pétition au motif de « l’influence que des dirigeants illibéraux comme Viktor Orban peuvent avoir sur le programme du Rassemblement national ». La pétition, mise en ligne la veille, était intitulée : « Face au RN, défendons un journalisme indépendant et pluraliste » et appelait les citoyens à « d’ores et déjà se mobiliser ». Une telle initiative va à l’encontre de la charte de RSF, selon laquelle l’organisation est « indépendante de tout pouvoir politique » et ses salariés ou collaborateurs ne doivent pas entretenir « de liens ou d’engagements extérieurs » susceptibles de porter atteinte à son indépendance.

Dans le même temps, M. Nima Avidnia, journaliste iranien arrêté et torturé en 2023 à la prison d’Evin pour avoir révélé des négligences de l’État iranien en matière sanitaire, puis parvenu à fuir en Turquie en juillet 2025, avait sollicité le soutien de RSF pour l’obtention d’un visa humanitaire français. L’organisation lui a refusé cette demande à ce titre :
« Bien que nous ayons pu documenter votre travail, nous avons également pris connaissance de certaines positions politiques fortement partisanes et de certains comportements qui ne correspondent pas à notre mandat. »
M. Avidnia indique pourtant n’avoir fait que soutenir le mouvement « Femme, Vie, Liberté » contre le régime des mollahs et relayer des vidéos de manifestants. Interrogé sur ce refus, M. Bruttin a répondu : « RSF défend les journalistes, les journalistes dignes de ce nom, qui font un travail d’information générale et ne sont pas des acteurs de la vie politique. » RSF a ainsi refusé de soutenir un journaliste emprisonné et torturé par un régime dictatorial au motif de positions politiques qui consistaient, en réalité, à dénoncer ce même régime. Une telle appréciation laisse planer un doute sérieux sur la manière dont l’organisation apprécie, selon les cas, ce qu’elle considère comme un engagement incompatible avec son mandat.

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