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L’esclavage : l’abolition, et après ? (partie 4) (Klod Frydman)

Jan 28, 2026

L’esclavage : l’abolition, et après ? (partie 4) (Klod Frydman)

Les islamistes ont beaucoup fantasmé sur les Juifs et inventé des théories conspirationnistes. Par exemple, concernant l’esclavage, leur propagande a prétendu que les Juifs auraient été responsables de l’esclavage des Africains, ce qui est totalement faux. Au contraire, les Juifs ont été la minorité la plus active aux côtés de Afro-américains. Voici le quatrième article de Klod Frydman sur l’esclavage.

Le Code Noir

Article 1er : Voulons que l’édit du feu Roi de Glorieuse Mémoire, notre très honoré seigneur et père, du 23 avril 1615, soit exécuté dans nos îles; ce faisant, enjoignons à tous nos officiers de chasser de nos dites îles tous les juifs qui y ont établi leur résidence, auxquels, comme aux ennemis déclarés du nom chrétien, nous commandons d’en sortir dans trois mois à compter du jour de la publication des présentes, à peine de confiscation de corps et de biens[1].

Il existe deux versions du Code noir. La première version a été élaborée par le ministre Jean-Baptiste Colbert (1616-1683) et promulgué par Louis XIV en 1685. La seconde version fut promulguée par Louis XV en 1724. Ce code définit le cadre juridique à l’exercice de l’esclavage dans les Antilles.

Bien que l’esclavage ait été aboli en France en 1848, étonnamment, l’abrogation du Code Noir par l’Assemblée nationale n’a eu lieu que le 13 mai 2025.

Un protocole des Sages de Sion américain

Cet ouvrage se nomme : Who Brought the Slaves to America? Son auteur, Robert Brock était un militant du Ku Klux Klan. Noir, raciste et suprémaciste, sympathisant des nazis. C’est à lui que l’on doit le mythe des Juifs responsables de l’esclavage. Ne reculant devant rien, il annonça 110 millions de victimes, transportés par une flotte considérable de 120 navires négriers juifs dont il n’existe aucune trace.

Le mythe des Juifs qui auraient inventé, organisé et profité de l’esclavage des Noirs.

Inspiré par les élucubrations de ce livre antisémite, l’industriel Henry Ford[2], forgea et rendit populaire ce mythe aux Etats Unis dans la période du maccarthysme [3]. Il fut allègrement diffusé par des suprémacistes blancs du Ku Klux Klan, raciste anti-noirs, puis repris en 1991 par la « Nation of Islam » du négationniste Louis Farrakhan, raciste anti-blancs. Il se répandit en France, propagé par des extrémistes antisémites comme Alain Soral et Dieudonné M’Bala M’Bala.

Alliance contre nature des extrémistes de tous poils, racistes noirs et blancs, fascistes, antisémites et islamistes qui ont fait leur la maxime de Goebbels : « plus le mensonge est gros, mieux il passe ».

La réalité

Si les Juifs, sous l’Antiquité, ont pratiqué l’esclavage, comme les autres, les persécutions antisémites vont par la suite, sérieusement entraver leur « liberté d’entreprendre ».

Quant au XVe siècle, les pays d’Europe occidentale entreprirent la colonisation du monde, ce fut le début de la traite triangulaire, d’Afrique en Amérique en passant par l’Europe pour approvisionner les besoins de main d’œuvre servile.                           Les Juifs déjà persécutés par l’inquisition, chassés d’Espagne et du Portugal, massivement expulsés d’Angleterre, de France, d’Italie, d’Allemagne et de Hollande, se réfugièrent en Europe orientale. Bien loin des circuits du trafic négrier.

The « Secret Relationship » de Nation of Islam ouvrage pseudo-scientifique s’efforce de démontrer que ce sont les Juifs qui sont responsables de la traite négrière. Il manipule les statistiques, affirmant que les Juifs dominaient le trafic alors qu’il s’avère que des navires de compagnies juives n’ont transporté que 2% des esclaves[4], « lorsque les Etats-Unis étaient encore dans l’enfance, et lorsque l’importation et le commerce des Africains étaient à leur apogée, les Juifs possédaient moins 0,03 % de l’ensemble des esclaves d’Amérique, les Indiens Cherokee possédaient alors plus d’esclaves noirs que les Juifs ! En 1830 aux Etats-Unis, ajoute David Brion Davis[5], sur 59 000 propriétaires d’au moins vingt esclaves, vingt-trois étaient juifs ; sur 11 000 propriétaires d’au moins cinquante esclaves, à peine quatre étaient juifs. Peut-on parler, dans ces conditions, de suprématie juive ? »

Liens avec la Franc-Maçonnerie :

  • Bordeaux était un centre maçonnique important au XVIIIe siècle. 
  • David Gradis : important armateur juif Bordelais, connu pour être franc-maçon, parallèlement à son rôle majeur dans le commerce maritime de la ville.

Judaïsme et esclavage

Si les juifs pouvaient pratiquer l’esclavage comme les musulmans et les chrétiens, leurs esclaves ont bénéficié d’un traitement beaucoup plus humain.

La loi donnée à Moïse impose aux Hébreux d’accorder à leurs esclaves des protections particulières n’existant nulle part ailleurs dans les sociétés de cette époque : il est interdit de les faire travailler le jour du Shabbat, ils doivent être affranchis après 7 ans de captivité. Un esclave qui est emmené en Terre d’Israël devient libre dès qu’il en a touché le sol. L’esclave doit être logé, vêtu et nourri : « Tu ne dois donc pas manger du pain blanc, alors que ton esclave mange du pain noir, dormir sur un matelas de laine, tandis qu’il dort sur la paille. » Le Talmud[6] condamne le propriétaire d’un esclave à libérer celui-ci sur le champ s’il est blessé par son maître.

Dieudonné – Soral – Bouteldja

Qualifié d’humoriste, Dieudonné s’engage en politique en 1997. Initialement marqué à gauche, plusieurs de ses déclarations révèlent son antisémitisme. Il se rapproche du « socialisme-national français » de son mentor, Alain Soral, du Front national et de l’extrême droite. Il invite le négationniste Robert Faurisson dans l’un de ses spectacles. 

Au début des années 2000, Dieudonné tente de fédérer, par son action politique, les différentes communautés noires de France : il attire autour de lui différentes associations et personnalités qui voient en lui un porte-parole médiatique. Le parallélisme entre la traite négrière et la Shoah tient une place importante dans son discours. Il dénonce la traite triangulaire qu’il désigne par le néologisme africain de « Yovodah », terme qui fait référence à la Shoah.

Soutenant Soral, le Parti des Indigènes de la République écrit[7] : « Tout ça c’est la faute du Talmud, c’est à dire des juifs de Wall-Street responsables de l’esclavage et du racisme, avec la collaboration des francs-maçons. Les lois anti-islam, le sur-chômage des noirs et des arabes, les discriminations au logement, les crimes policiers… constituent le plan sataniste tel qu’il est – soi-disant – décrit noir sur blanc dans le Talmud » ; on peut vérifier dit le PIR, les extraits du Talmud qui sont sur le site de monsieur Soral.[8] »

Houria Bouteldja a écrit dans « Les blancs, les Juifs et nous » : La race blanche a été inventée pour les besoins de vos bourgeoisies en devenir car toute alliance entre les esclaves et les prolos devenait une menace pour elle… p. 41

La bourgeoisie américaine vous a proposé un deal : vous intéresser à la Traite des Noirs et ainsi vous solidariser de l’exploitation des esclaves. »

Pour ce qui est de l’esclavage, commente le journal Respublica[9], « l’auteure oublie juste un détail : qui capturait les Africains qui allaient être déportés dans le cadre du commerce triangulaire ? D’autres Africains et des Arabes qui vendaient les esclaves aux marchands Européens… Il n’est pas certain que les prolétaires « blancs » aient beaucoup profité de l’esclavage ».

Les juifs abolitionistes

De nombreux juifs abolitionnistes étaient des immigrés fuyant l’instabilité politique et les discriminations en Europe, ce qui renforçait leur engagement pour les droits universels. Le rôle des Juifs dans l’abolition a été particulièrement marqué dans le Nord des États-Unis et au sein du Judaïsme réformé. Parmi ceux qui ont joué un rôle important, on peut citer aux USA, le rabbin David Einhorn, leader du judaïsme réformé à Baltimore. Il fut l’une des voix les plus radicales contre l’esclavage ; Ernestine Rosequi lutta simultanément pour l’abolition, les droits des femmes et la liberté de pensée ; August BondiImmigré juif autrichien, qui rejoignit le militant radical John Brown dans sa lutte armée contre l’esclavage au Kansas ; en France, Adolphe Crémieux avocat et homme politique juif fut l’auteur d’un projet de loi sur l’abolition et signataire du décret d’abolition définitive de l’esclavage en France en 1848.

Un article d’Alexandre Feigelbaum[10] sur DW mentionne que les Juifs ont très vite été aux côtés de Martin Luther King. Il rappelle les noms de ces jeunes Juifs assassinés le 21 juin 1964 par le KKK parce que militants pour les droits civiques : Andrew Goodman, Michael Schwerner.

En Afrique du Sud aussi, les Juifs étaient aux avant-postes contre l’apartheid.

Un mensonge historique

« Prêter aux Juifs un rôle majeur dans la traite transatlantique et le travail forcé des Noirs dans les colonies occidentales, notamment en Amérique, est un mensonge historique. Ce mensonge repose sur une falsification des archives et des travaux d’historiens sur la question. Non que les Juifs aient davantage fait preuve d’idéalisme que les autres, le fait qu’ils aient joué un rôle des plus réduits dans l’organisation de l’esclavage résulte sans doute des persécutions antisémites qui leur interdisaient quasiment l’accès à ce secteur économique. Il est d’autant plus ignoble de leur prêter, rétrospectivement, un monopole qui leur était interdit par l’antisémitisme de l’époque.

Une telle falsification de l’Histoire cherche évidemment à redonner du souffle au vieux mythe du « complot juif mondial ». C’est pourquoi elle naît dans les milieux suprémacistes américains (blancs… et noirs), avant d’être reprise par l’extrême droite blanche, tant américaine que française, ainsi que par des démagogues noirs antisémites tels que Farrakhan et Dieudonné M’Bala M’Bala. Ce faisant, ces derniers, , instrumentalisent hypocritement la souffrance des victimes de la traite et la mémoire qu’ils ont léguée à leurs descendants, au nom d’un discours de haine.[11] »

Pourquoi les traites orientales et intra-africaines sont-elles occultées ? Pourquoi les Juifs sont-ils accusés ?

La loi Taubira du 21 mai 2001 ne reconnait que la traite triangulaire. Elle ignore la traite intra-africaine qui met en cause les noirs et la traite orientale dont sont responsables les arabo-musulmans.

Christiane Taubira a déclaré qu’il ne faut pas trop évoquer la traite négrière arabo-musulmane pour que les « jeunes Arabes » « ne portent pas sur leur dos tout le poids de l’héritage des méfaits des Arabes ». Ces logiques communautaires ont aussi influencé le projet mémoriel « La Route de l’esclave », décidé en 1993 par l’Unesco : Roger Botte, chercheur au Centre d’études africaines du CNRS, constate que ce projet privilégie la traite transatlantique du fait de « la pression des représentants du monde arabe et des Etats africains ».

« Le risque de voir cette histoire partielle, donc partiale, devenir histoire officielle a mobilisé les historiens quand l’un des meilleurs spécialistes actuels des traites négrières, Olivier Grenouilleau, a été attaqué en justice au nom de la loi Taubira, parce qu’il rappelait que la quasi-totalité des esclaves africains avaient été razziés non par des blancs mais par des négriers africains et que le commerce des esclaves était une routine sur le continent noir bien avant l’arrivée des négriers européens. Il lui était aussi reproché de réfuter l’application du terme de « génocide » aux traites négrières, contredisant ainsi le parallèle implicite entre l’esclavage et l’extermination des juifs qu’évoque l’exposé des motifs de la loi Taubira. »[12].

En incitant à la concurrence des mémoires, la loi Taubira par ses « non-dits » est probablement une des causes de la montée de l’antisémitisme en France. Et que dire du Haut-commissariat à la diversité et aux diasporas que veut instaurer le président Macron ? Il conforte le communautarisme et oppose les diasporas.  Encore une fois seules sont reconnues et qualifiées d’atout les diasporas arabo-musulmanes et Africaine, les autres : juive, arménienne, européenne, asiatique, iranienne etc. sont ignorées pour le plus grand plaisir de Dieudonné, Soral et Bouteldja.

Pour comprendre la situation de la servitude et de ses liens avec la dhimmitude, il faut lire les nombreux articles dans la rubrique « esclavage » sur le site de Dhimmi-Watch. 


[1] Article 1er du code noir, première et deuxième version.

[2] Henri Ford, ingénieur génial et immonde antisémite, le seul américain admiré par Hitler et cité dans “Mein Kampf”, fit semblant de se repentir quand les producteurs juifs d’Hollywood le menacèrent de présenter des automobiles Ford dans tous les crashes automobiles du cinéma.

[3] Un avatar du « complot juif mondial » : les Juifs et l’esclavage des Noirs. Publié dans Conspiracy watch par Nicolas Bernard | 14 janvier 2019 

[4] Comme les familles Belmonte d’Amsterdam ou Gradis de Bordeaux.

[5] David Brion Davis (16 février 1927 – 14 avril 2019)[1] est un historien intellectuel et culturel américain et une autorité de premier plan en matière d’Esclavage et d’abolition dans le monde occidental. Il est professeur d’histoire à l’université Yale et fondateur et directeur du centre Gilder Lehrman de Yale pour l’étude de l’esclavage, de la résistance et de l’abolition.

[6] Le Talmud ( « étude ») est l’un des textes fondamentaux du judaïsme rabbinique et la base de la loi religieuse.

[7] Indigènes de la Républiques : Pourquoi je soutiens Alain Soral – Publié le 26 juin 2011 par Fatouche Ouassak

[8] https://egaliteetreconciliation.fr/Le-Talmud-est-il-anti-chretien-13239.html – La page a été bizarrement supprimée mais les commentaires toujours présents en donnent une idée.

[9] https://www.gaucherepublicaine.org/respublica-combats/respublica-combattre-le-racisme/pourquoi-le-p-i-r-et-mme-houria-bouteldja-ne-sont-pas-frequentables/7400960

[10]  Articles ‘esclavage’ sur le site de Dhimmi Watch, par exemple : https://dhimmi.watch/2021/04/21/les-juifs-et-lesclavage-des-noirs-un-avatar-du-complot-juif-mondial/

[11] https://www.conspiracywatch.info/un-avatar-du-complot-juif-mondial-les-juifs-et-lesclavage-des-noirs.html

[12] C. Taubira : ne pas trop évoquer la traite négrière arabo-musulmane (lexpress.fr , 4 mai 06) – Comité Laïcité République. Olivier Grenouilleau refuse d’appliquer « génocide » l’esclavage des noirs. En effet ceux-ci avaient une valeur marchande et si leur sort était dramatique, leur extermination n’était pas envisagée.

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