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Le Hezbollah ouvre un second front (Sharon Lévy)

Mar 4, 2026

Le Hezbollah ouvre un second front (Sharon Lévy)

Le Hezbollah a violé le cessez-le-feu et ouvert un second front en lançant des roquettes et des drones sur Israël. Israël riposte par des frappes ciblées au Liban. Traduction libre par Dhimmi Watch de l’article publié par l’ONG Honest Reporting.[1] Titre original : Hezbollah Opens a Second Front and Israel Gets the Blame.

Le Hezbollah a été fortement affaibli après la dernière guerre contre Israël, mais il conserve néanmoins des infrastructures et une influence au Liban, ce qui constitue une menace directe pour la stabilité régionale.

Les médias ont délibérément déformé le cours des événements, imputant l’extension de la guerre à Israël et exonérant le Hezbollah de toute responsabilité.

Alors que la question de savoir si et quand une guerre éclaterait entre Israël et l’Iran se posait, il en allait de même de celle de savoir si le Hezbollah, allié de l’Iran, rejoindrait le combat et servirait de rempart au régime iranien.

Hezbollah, le danger persistant

Depuis l’accord de cessez-le-feu conclu entre le Hezbollah et Israël en novembre 2024, l’organisation terroriste s’est employée à reconstruire son infrastructure et à redevenir le principal bras armé de l’Iran au Moyen-Orient. Ce faisant, elle a violé le cessez-le-feu de manière constante et implacable, commettant au moins 1 925 violations jusqu’à la fin de l’année 2025.

La menace que représente le Hezbollah a considérablement diminué après un an de guerre, Israël ayant détruit une grande partie de ses infrastructures et de ses forces, privant ainsi l’organisation terroriste de sa capacité à mener des opérations d’envergure. Mais le danger persiste.

Le Hezbollah conserve une influence politique considérable au Liban, lui conférant un pouvoir de pression direct sur les politiques et la vie quotidienne de la société libanaise. Il est de facto considéré comme un État dans l’État, menaçant l’existence même de l’État libanais. C’est pourquoi le Liban n’est pas parvenu à désarmer totalement le Hezbollah, malgré les affirmations de l’armée libanaise selon lesquelles la première étape du processus était achevée.

Depuis sa création, l’Iran finance le Hezbollah, faisant de cette organisation son principal instrument au sein de son pouvoir régional. Hassan Nasrallah, le défunt dirigeant tué lors d’une frappe aérienne israélienne en septembre 2024, se qualifiait lui-même de « soldat » de l’armée du régime iranien. Par conséquent, les intentions israéliennes et américaines de renverser le régime iranien constituent une menace directe pour les fondements mêmes sur lesquels repose le Hezbollah.

L’entrée en guerre du Hezbollah 

Malgré les avertissements répétés d’Israël de ne pas s’engager dans le conflit (et les appels du fragile gouvernement libanais), le Hezbollah a tiré des roquettes vers Israël aux premières heures de lundi matin. C’était la première fois depuis le début de la guerre ouverte contre le Hezbollah que l’organisation terroriste tirait des roquettes sur le territoire israélien.

À l’instar de la réaction du Hezbollah qui avait lancé ce qu’il appelait un front de « solidarité » avec le Hamas après les attentats du 7 octobre 2023, le Hezbollah a affirmé que les tirs de roquettes sur Israël étaient une « vengeance pour le sang du Guide suprême des musulmans, Ali Khamenei », tué lors d’une frappe aérienne israélienne le premier jour de la guerre.

Bien que le Hezbollah ait reconnu avoir tiré le premier, le récit médiatique a inversé l’ordre des événements, présentant l’« attaque » israélienne contre le Liban comme la cause de l’escalade du conflit. Pourtant, la chronologie des événements demeure parfaitement claire : le Hezbollah a ouvert un second front dans la guerre – violant ainsi le cessez-le-feu – en tirant au moins six roquettes et deux drones.

La ligne rouge

Immédiatement après l’entrée en guerre du Hezbollah par une attaque contre Israël, Tsahal a riposté par une série de frappes contre des cibles du Hezbollah à travers le Liban, visant notamment de hauts responsables. Bien qu’Israël ait déjà réagi à des violations du cessez-le-feu, le tir de roquettes sur le territoire israélien a franchi une ligne rouge clairement définie par Tsahal. En conséquence, Israël a lancé une action militaire directe visant à affaiblir davantage les capacités opérationnelles du Hezbollah et à dissuader toute escalade.

En détournant l’attention des actions initiales du Hezbollah et en présentant plutôt la riposte israélienne comme le catalyseur de l’escalade, on occulte la réalité de la guerre qu’Israël mène désormais sur deux fronts.

Bien que les dangers posés par le régime iranien aient été la cible principale de la guerre, l’engagement d’Israël à dissuader et à éliminer la menace de tout acteur terroriste demeure inébranlable. Lorsque la couverture médiatique minimise la responsabilité du Hezbollah, les mesures défensives d’Israël risquent d’être perçues comme une agression gratuite. Cette réinterprétation non seulement déforme le cours des événements, mais vise également à saper la capacité dissuasive d’Israël.

Dans cette guerre, un compte rendu précis des organisations terroristes et du déroulement des événements n’est pas une option – il est essentiel pour comprendre les réalités qui façonnent le conflit et les décisions qui en découlent.


[1] https://honestreporting.com/hezbollah-opens-a-second-front-and-israel-gets-the-blame/

Illustration : le Musée du Hezbollah à Mleeta (sud Liban). https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Mleeta_Museum_in_August_2017_(14).jpg
Source : https://www.farsnews.ir/photo/13960523000225/ملیتا-درد-دل‌های-زمین-با-آسمان
Author : Zoheir Seydanlou (14 August 2017)
Traduction de la présentation en arabe de cette photo :
Mleeta est un village de la région d’Al-Tuffah, situé dans le Jabal Amel, au sud du Liban. Entouré de montagnes, il abrite les tombeaux de prophètes, de saints et de rois de différentes époques. Lors du premier retrait des forces d’occupation israéliennes du Liban en 1364 AH (1985 ap. J.-C.), Mleeta était considérée comme une position stratégique et la première ligne de résistance islamique contre la zone de sécurité instaurée par l’armée ennemie. La prise de Mleeta entraîna alors la chute des zones de résistance plus éloignées dans les villages d’Al-Tuffah et le siège du Jabal Safi, bastion majeur de la résistance. Melita fut un haut lieu d’amour, de foi et de martyre, servant de point de passage aux combattants pour mener de nombreuses opérations militaires en territoire occupé. Mleeta était l’histoire d’une montagne inébranlable et de la volonté d’hommes forts qui l’ont créée par leur foi, leur patience et leur persévérance ; des luttes qui ont laissé derrière elles chaque dalle de pierre et chaque branche d’arbre, un mémorial de martyr et de blessé. Sayyed Hassan Nasrallah conclut ses derniers mots à propos du musée de Mleeta par cette phrase : « Oui, ici reposent certaines des souffrances de la terre et du ciel. »

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