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POUR la loi contre les formes renouvelées  d’antisémitisme

Avr 8, 2026

POUR la loi contre les formes renouvelées  d’antisémitisme

L’antisémitisme est aujourd’hui la principale forme de racisme en France, avec 56 % des actes ciblant moins de 1% de la population. Le projet de loi dit “loi Yadan” précise les formes renouvelées de cet antisémitisme. C’est sur la base de fausses affirmations que la pétition contre cette loi a attiré de nombreuses signatures, ce qui en réalité, ne fait que démontrer l’urgence de l’adoption de cette loi… Nous vous proposons ici des extraits de l’article de Simone Rodan-Benzaquen dans l’Express du 6 avril.(lien en fin d’article).

Il y a quelques jours, j’ai signé une tribune de soutien à la proposition de loi portée par la députée Caroline Yadan contre les formes renouvelées de l’antisémitisme. Je savais qu’un tel texte susciterait la controverse. Je n’imaginais pas que cette controverse fournirait, presque à elle seule, la démonstration de son utilité.

Le texte, qui sera examiné à l’Assemblée nationale les 16 et 17 avril, entend répondre à une réalité que nul ne peut sérieusement contester. En 2025, 1 320 actes antisémites ont été recensés par le ministère de l’Intérieur. Ils représentent 53 % de l’ensemble des actes racistes et antireligieux, alors même que les juifs constituent moins de 1 % de la population française. Les chiffres sont connus. Ce qui l’est moins, ou ce que certains préfèrent ne pas voir, c’est la manière dont l’antisémitisme contemporain se reformule : moins frontal, souvent plus sophistiqué, habillé du vocabulaire du militantisme, du droit, de la morale ou de l’antiracisme : la réapparition, dans une langue actualisée, de motifs anciens et parfaitement identifiables. L’idée que les juifs ne seraient jamais pleinement d’ici. Qu’ils obéiraient à une allégeance étrangère. Qu’ils formeraient un réseau. Qu’ils corrompraient la nation de l’intérieur. Qu’Israël était l’incarnation du mal, et que ceux qui s’y associaient seraient des cibles légitimes. Autrement dit : les vieux ressorts de la haine antijuifs, recyclés dans le vocabulaire du présent.

La pétition intitulée « Non à la loi Yadan », déposée sur la plateforme de l’Assemblée nationale et signée par plus de 400 000 personnes, en offre un exemple éclairant. Son auteur prétend défendre le débat libre. Mais il affirme aussi que « la résistance palestinienne contre l’occupant israélien par tous les moyens nécessaires est un droit ».

Tout est là. Car que signifie, dans le contexte ouvert depuis le 7 octobre 2023, l’expression « par tous les moyens nécessaires » ? Les attentats contre des civils ? Les viols ? Les enlèvements ? Les massacres de familles ? Les exécutions de jeunes dans un festival ? On peut maquiller cela dans le lexique de la lutte anticoloniale ; on ne change pas pour autant la nature des actes. Il n’existe pas, en droit, de permission de massacrer des civils. Il n’existe pas de droit au terrorisme.

L’article 51 du Protocole additionnel I aux Conventions de Genève est sans ambiguïté : les civils ne peuvent être pris pour cible. Jamais. Aucune cause, même tenue pour juste, n’autorise le meurtre de civils.

C’est ici que le débat devrait enfin retrouver un peu de clarté. La loi Yadan ne criminalise ni la critique d’Israël, ni l’opposition à une guerre, ni la défense des droits des Palestiniens. Elle ne protège pas un gouvernement. Elle ne sanctuarise pas Benyamin Netanyahou. Elle ne transforme pas l’antisionisme en délit d’opinion. Elle vise des faits beaucoup plus précis : l’apologie du terrorisme quand elle se cache derrière le mot de « résistance » ; l’appel à la destruction d’un Etat ; la banalisation ou l’inversion de la mémoire de la Shoah à travers des analogies obscènes entre Israël et le nazisme.

Lorsqu’on écrit « mort aux sionistes » sur les murs d’une université, on ne formule pas une analyse diplomatique. Lorsqu’on agresse un enfant parce qu’il porte une étoile de David, on ne conteste pas une opération militaire. Lorsqu’on explique à une signataire d’une tribune contre l’antisémitisme qu’elle devrait être expulsée, on ne défend pas la liberté d’expression. On désigne des juifs comme des corps de trop.

Le vrai danger n’est donc pas qu’une loi réduise au silence ceux qui critiquent Israël. Le vrai danger est qu’au nom de cette critique, il devienne possible de légitimer l’intimidation, la menace et l’exclusion, sans que la République ose nommer ce qui est en train de se dire.

Si cette loi n’était pas adoptée, ce ne serait pas une victoire pour les libertés publiques. Ce serait le signe d’un renoncement : celui d’un pays devenu incapable de reconnaître la haine dès lors qu’elle se présente dans les habits flatteurs d’une cause, d’une radicalité morale ou d’un discours de résistance.

Les messages que j’ai reçus après avoir signé cette tribune ne disent rien d’essentiel sur Israël ou sur la Palestine. Ils disent en revanche quelque chose de très grave sur la France. Sur un pays dans lequel, en 2026, soutenir un texte contre l’antisémitisme suffit à déclencher insultes, menaces de mort, appels à l’expulsion et circulation de listes nominatives.

Si ce n’est pas exactement ce que cette loi cherche à affronter, alors il faut avoir l’honnêteté de dire ce que c’est.

Article original : https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/jai-soutenu-la-loi-yadan-et-les-messages-que-jai-recus-disent-quelque-chose-de-grave-par-simone-YOGNN33KVRCVPKYNA5NGHOI5T4

Vous pouvez signer la pétition POUR la loi Yadan : https://www.change.org/p/pour-une-r%C3%A9publique-ferme-face-la-haine-antisemite-adoption-de-la-loi-yadan?recruited_by_id=3e114060-3187-11f1-86cc-bfc7ccee13cb&utm_source=share_petition&utm_campaign=psf_combo_share_initial&utm_term=psf_combo_share_initial&utm_medium=whatsapp&share_id=JyKLQ8tMPL

Illustration : caricature primée à un concours de dessins négationniste à Téhéran, 2009. Elle illustre un visage du nouvel antisémitisme : la shoah ne serait qu’un leurre, destinée à occulter Jérusalem.

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