Les étranges concessions de l’extrême gauche à l’extrême droite islamiste


Dhimmi Watch publie deux articles sur l’islamo-gauchisme. Cet article-ci donne, avec un autre regard, les détails de citations utilisées pour l’article « gauchistes cherchent islamistes-plus car affinités »

Les descendants d’esclaves expriment une souffrance qui n’est pas entendue dans les sociétés occidentales. Les militants et intellectuels de l’idéologie décoloniale (les « décoloniaux ») se présentent comme les interprètes de cette souffrance. Ils ont rallié une partie de la gauche à cette cause. Mais d’étranges convergences entre des décoloniaux et des islamistes pourraient bien contrarier ces nobles objectifs. Les décoloniaux, qui construisent leur discours sur le rejet de l’esclavage, dénoncent à peine la traite orientale, qui fit pourtant 8 à 17 millions de victimes africaines, dans des conditions horribles. Ils rejettent la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, au prétexte que de nombreux philosophes des Lumières ont tiré profit de l’esclavage. Ils sont les apôtres de la décolonisation, mais s’allient à des islamistes, qui ont colonialisé (de colonialisme, pas de colonisation) de nombreux pays, écrasé et racketté les populations indigènes, au nom du djihad. Consciemment ou pas, délibérément ou pas, ils ouvrent la voie aux islamistes. Ces nombreuses concessions les empêchent d’ores et déjà d’avoir une véritable vue sur le racisme et l’antiracisme. La gauche se stérilise elle-même si elle ne rompt pas avec l’extrême droite populiste islamiste.

1 Les Indigènes de la république

L’appel des Indigènes de la République a été diffusé en janvier 2005. Les titres sont : la France a été un état colonial, la France reste un état colonial. Le traitement des populations issues de la colonisation prolonge la politique coloniale … Les éléments à charge sont la gestion « coloniale de l’islam, avec la formation du CFCM sous le contrôle de l’état, les discriminations, la loi anti-foulards, le déni de liberté de circulation, Maghrébins et Africains étant contraints de franchir illégalement les frontières au péril de leur vie, le comportement de l’armée française au Sénégal comme en pays conquis.

« Comme aux heures glorieuses de la colonisation, on tente d’opposer les Berbères aux Arabes, les Juifs aux « Arabo- musulmans » et aux Noirs. Les jeunes « issus de l’immigration » sont ainsi accusés d’être le vecteur d’un nouvel antisémitisme. Sous le vocable jamais défini d’« intégrisme », les populations d’origine africaine, maghrébine ou musulmane sont désormais identifiées comme la Cinquième colonne d’une nouvelle barbarie qui menacerait l’Occident et ses « valeurs » » ;

« La République de l’Égalité est un mythe. L’État et la société doivent opérer un retour critique radical sur leur passé-présent colonial. Il est temps que la France interroge ses Lumières, que l’universalisme égalitaire, affirmé pendant la Révolution Française, refoule ce nationalisme arc-bouté au « chauvinisme de l’universel », censé « civiliser » sauvages et sauvageons. »

2 La blanchité : concept socio-historique ou biologique ?

Le racisme anti-blancs est apparu au grand public en août 2016, lors de l’organisation d’un séminaire interdit aux blancs,[i] « réservé uniquement aux personnes subissant à titre personnel le racisme d’État en contexte français ».

Il importe de prendre en compte la souffrance des personnes qui savent qu’elles sont rattachées par leur histoire familiale ou collective aux victimes de l’esclavage et de la traite. Cette souffrance est devenue un fait majeur de société et a pris des formes d’expression collectives. On peut comprendre que des descendants d’esclaves aient besoin de se retrouver entre eux pour exprimer cette souffrance. Tout comme des descendants de victimes de la shoah ont parfois besoin de se retrouver avec des personnes ayant un vécu similaire.

Mais il est aussi permis de penser que l’idéologie décoloniale construite sur cette souffrance fait appel à des postulats inexacts, voire qui contrarient les objectifs affichés. Une objection majeure qui a été faite aux penseurs décoloniaux est que les « Blancs » et les « racisés » sont essentialisés, non en fonction de ce qu’ils pensent ou font, mais uniquement sur la base de la couleur de leur peau : ce sont des caractéristiques d’un racisme.

Dans le vocabulaire décolonial, le mot « blanchité » (whiteness) recouvre la situation des « Blancs » qui ont opprimé et exploité des personnes de couleur par l’esclavage, puis par le colonialisme, puis par l’exploitation contemporaine de l’Afrique et enfin par le racisme envers les gens de couleur.

Les gens de couleur sont des « dominés », des « racisés ». Le mot « racisé » renvoie à l’exploitation des gens de couleur pendant la traite, pendant et après la colonisation et au racisme subi encore aujourd’hui par les gens de couleur aux USA et en Europe. La suprématie blanche perdurerait encore : les racisés se sentent toujours dominés, le racisme d’état envers eux serait systémique, aux USA comme en Europe.[ii]

Les « blancs » sont les descendants et les héritiers des esclavagistes. Ils vivent et acceptent de vivre dans des sociétés qui ont construit leur richesse sur l’exploitation des « racisés ». A l’instar de Marx, les décoloniaux affirment que le capitalisme a été construit avec l’argent de la traite.[iii]

Ces définitions biologiques de « blanc » et « noir » renvoient à des théories raciales. Des intellectuels décoloniaux expliquent que « blanc » et « noir » correspondent en fait à des analyses sociologiques. On lira avec intérêt le dialogue entre Gilles Clavreul et Houria Bouteldja sous l’égide de l’Obs.[iv] Bouteldja reprend un thème fréquent chez des intellectuels décoloniaux : la notion de race serait en fait un concept socio-historique. « La race biologique n’existe pas. J’emploie les mots “Blancs”, “Noirs” ou “Juifs” au sens de constructions socio-historiques, comme le genre. … La blanchité n’a rien à voir avec la génétique, c’est un rapport de pouvoir ».

La notion de race en tant qu’outil de pouvoir pour « le maintien de la suprématie blanche à l’échelle locale et planétaire » est couramment reprise par des universitaires décoloniaux, comme Alana Lentin, Professeure d’Analyse Culturelle et Sociale à Sidney, qui soutient explicitement les vues de Bouteldja.[v] Lantin appelle à « décoloniser l’antisémitisme », c’est-à-dire « à refuser que celui-ci soit manipulé au service de l’agenda eurocentrique qui considère l’Holocauste comme le premier crime raciste ». Lantin se définit ainsi comme une juive antisioniste.

Si être « blanc » ne correspond pas à une « race » biologique, mais à une catégorie sociale, comme le propose Bouteldja, un « Blanc » doit pouvoir décider de ne plus être « blanc ». Le processus est possible, mais difficile, il ressemble à une conversion :  selon Julien Talpien, Chargé de recherche au CNRS, il ne suffit pas au candidat « ex-Blanc » de se montrer non-raciste, de rejeter le racisme ; il doit donner des gages. A l’instar du mouvement américain AWARE, ce Blanc doit passer une formation dédiée, apprendre à mobiliser son environnement « autour d’un concept de blanchité reposant sur une véritable fraternité et visant à mettre fin à l’exploitation économique (Note ii) ».

Malgré les travaux d’intellectuels décoloniaux pour « dé-racialiser » le concept de blanchité, c’est la signification biologique, raciste, qui est communément admise en pratique par des militants : quand on dit un « Blanc », on n’entend pas un « blanc socio-historique », mais bien un « blanc biologique ». Les « Blancs » sont essentialisés sur la base de la couleur de leur peau, et leurs intentions individuelles importent peu. L’actrice Camelia Jordana l’a bien compris lorsqu’elle déclarait en janvier 2021 : « Si j’étais un homme, je demanderais pardon, je questionnerais les peurs, et je prendrais le temps de m’interroger. Car les hommes blancs sont, dans l’inconscient collectif, responsables de tous les maux de la terre. »[vi] La mise en cause des « mâles blancs hétérosexuels » est un lieu commun. Des féministes comme Adèle Haenel, sans doute pas informées de la version « socio-historique », tiennent des propos similaires : « On a construit une société dans laquelle on a discriminé les gens en fonction de leur couleur, de leur genre [vii]». Le 6 juin 2020, des manifestants « antiracistes » scandaient « Sibeth, traître à ta race !». Des policiers noirs sont appelés « des bounty » : noirs à l’extérieur, blancs à l’intérieur. Bien sûr, ces propos et ces slogans racistes sur les « blancs biologiques » n’engagent pas tout le mouvement décolonial, mais nous n’avons pas connaissance de mises au point formulées par les tenants de la version du « blanc socio-historique ».

Par ailleurs, étrangement, les féministes de la tendance « socio-historique » n’hésitent pas à signer des pétitions pour la libération de Tariq Ramadan, violeur présumé, en raison de son état de santé. Rappelons que Tariq Ramadan est proche des Frères musulmans.

3 La dénonciation de l’universalisme des Lumières

Françoise Vergès est une référence universitaire essentielle des études postcoloniales. Dans ses travaux, elle pose la question de « pourquoi » et « comment » la traite a été possible. Comment et pourquoi l’exploitation des racisés et le racisme des blancs se poursuivent après l’abolition, après la décolonisation, encore aujourd’hui. Comment se fait-il que la plus grande époque de la traite coïncide avec les Lumières : les principes des Lumières « qui affirmaient les droits imprescriptibles de la personne, furent aménagés pour justifier l’exclusion de femmes et d’hommes [noirs] qui étaient alors conçus comme pas tout à fait capables de posséder naturellement ces droits. » Les philosophes des Lumières ont détourné le regard, voire ont profité de la traite.[viii] C’est l’ensemble de la culture occidentale qui s’en trouverait discréditée. Selon un autre universitaire, Bernard Gainot :

« Les penseurs des Lumières auraient, au mieux, fait l’impasse sur la condamnation effective de l’institution esclavagiste en actes… ; au pire, ils se seraient faits complices de cette institution, en prenant des participations au trafic négrier ou en fournissant une armature conceptuelle au racisme biologique émergent ».[ix]

La Pr. Alyssa Goldstein Sepinwall dénonce aussi ces penseurs dont les grandes idées étaient incompatibles avec leurs investissements dans la traite : « ce fut à l’époque des Lumières que la traite négrière en Afrique et le système de plantation aux Indes occidentales connurent leur âge d’or. »

Vergès montre que l’exploitation des hommes et des femmes des anciennes colonies se poursuit jusqu’à aujourd’hui. Elle se réfère, entre autres, à Ibrahima Thioub. Thioub explique comment le système d’exploitation de l’esclavage se perpétue aujourd’hui par le biais des élites africaines « prédatrices » avides de 4×4 et corrompues par les multinationales : « Le 4×4 joue aujourd’hui le rôle de la verroterie, de l’alcool et des armes au XVIIème siècle ».[x] [la verroterie, les armes et l’alcool étaient échangés contre des esclaves]. « Prenez l’exemple de l’exploitation de l’uranium au Niger par Areva qui fournit l’énergie à la France et laisse les populations du Niger avec l’énergie du Néolithique : le bois ou la bouse de vache ». Le même Thioub, historien et Recteur de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, inaugurait en 2013 l’Institut Confucius dans son université, « fleuron de la coopération chinoise[xi] », au moment où le Président du Parlement avertissait de la colonisation chinoise : « L’Afrique risque aujourd’hui de devenir une colonie chinoise, les Chinois ne veulent que les matières premières. »[xii]

Depuis le décret abolissant l’esclavage, le 27 avril 1848, le passé négrier de la France avait été enfoui sous le souvenir de l’abolition. On oubliait que ce n’est pas la liberté qui succéda à l’esclavage, mais bien le statut colonial. L’abolitionnisme n’a pas mis fin au régime inégal et à la hiérarchie raciale qui sévissent aux « colonies ».

4 Une « exemption de blanchité » accordée aux Arabo-berbères : l’occultation de la traite orientale.

Curieusement, les décoloniaux accordent une exonération de « blanchité » aux Arabo-berbères. Ceux-ci pratiquent pourtant l’une des plus grandes entreprises d’esclavage depuis des siècles, à très grande échelle. Lancée dès le VIIème siècle, la conquête arabe est une entreprise djihadiste, c’est-à-dire colonialiste. La cruauté avec laquelle, de nos jours, l’État Islamique se comporte envers les Chrétiens et les Yezidis en Irak donne une idée de ce qu’a pu être le comportement des djihadistes des premiers siècles : pour financer la poursuite du djihad, les ressources locales furent pillées, les indigènes (Juifs et Chrétiens) furent réduits à l’état de dhimmis et rackettés.[xiii] Les religions et croyances locales furent laminées. Par exemple, après la conquête de l’Arménie, son roi « offrit » « soumission et allégeance au calife Marwan et s’engagea à lui donner chaque année l 000 jeunes gens -500 garçons et 500 jeunes filles- aux cheveux et sourcils noirs, avec de longs cils ainsi que 100.000 mesures de froment qui devaient être versées dans les greniers d’al-Bâb ». Le fils de Marwan, son successeur, fit venir des milliers de femmes berbères du Maghreb.[xiv]

Mais le commerce des êtres humains (hommes, femmes, enfants) à grande échelle rapportait des sommes prodigieuses, comme en témoigne la prospérité passée de Zanzibar. Entre 8 et 17 millions d’esclaves africains furent déportés à Zanzibar avant d’être emmenés vers l’Arabie ou l’Inde par les Arabes, dans des conditions abominables de transport et de castration sans précautions.[xv]

Curieusement, il n’y a pas d’exonération de « blanchité » accordée aux Juifs : ils sont eux aussi des « racisés » ; ils n’ont pas participé aux traites ; ils ont été persécutés tant dans les territoires chrétiens que musulmans. Citons un remarquable article de Nicolas Bernard « Les Juifs et la traite négrière transatlantique, une accusation antisémite délirante » :

« une telle falsification de l’Histoire cherche évidemment à redonner du souffle au vieux mythe du « complot juif mondial ». C’est pourquoi elle naît dans les milieux suprémacistes américains (blancs… et noirs), avant d’être reprise par l’extrême droite blanche, tant américaine que française, ainsi que des démagogues noirs antisémites, tels que Farrakhan et Dieudonné M’Bala M’Bala. Ces derniers, ce faisant, instrumentalisent hypocritement la souffrance des victimes de la traite, et la mémoire qu’ils ont léguée à leurs descendants, au nom d’un discours de haine. » Les Juifs sont pourtant condamnés au même titre que les descendants d’esclavagistes.[xvi]

Les décoloniaux ne prennent pas vraiment position sur cette question. Peut-être ne veulent-ils pas contrarier un leader populiste islamiste noir, comme Farrakhan.

Tout de même, Bouteldja explique généreusement aux Juifs comment ils peuvent se sortir de la blanchité : il suffit qu’ils abandonnent Israël.[xvii]

La convergence avec les islamistes réapparaît jusque dans les définitions. Si tout blanc, même pauvre, est un « blanc », parce qu’il habite un pays qui a bénéficié de la traite, il tombe aussi sous le coup d’une autre définition : il est un « infidèle », selon les islamistes.

Finalement, les islamistes s’accommodent bien du discours décolonial, qui les ménage alors qu’il déboulonne la culture occidentale. Malgré les politiques colonialistes du djihad, ils sont exemptés de « blanchité ». La remise en cause des Lumières, ce pan important de la culture occidentale, leur convient parfaitement. Tout ce qui affaiblit la culture occidentale leur est utile pour mettre en avant la culture islamique, comme une alternative. C’est le sens de l’exposition : « l’islam, c’est aussi notre culture » à Bruxelles en 2017. Celle-ci fera l’objet d’un autre article de Dhimmi Watch.

La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme est dépréciée en raison des conflits d’intérêts et des compromissions des philosophes. La Déclaration Islamique des Droits de l’Homme est présentée comme l’alternative. Elle se place d’emblée dans le cadre de la sharia, en précisant que ces droits sont des dons d’Allah et non pas des dons humains, et qu’ils sont liés à la croyance islamique. La violation de ces droits, avant d’être un abus contre l’homme, est d’abord une transgression de la Loi d’Allah.

Selon Ibrahima Thioub, l’islam est devenu un refuge contre la traite atlantique dès le 17ème siècle. Des chefs musulmans ont en effet joué un grand rôle dans les actions d‘autodéfense contre la traite atlantique menées par des Africains. Thioub cite le mouvement emblématique Poub Naan en Mauritanie et au Sénégal en 1673 : « Poub est un mot arabe qui veut dire renoncer ou cesser de faire une mauvaise action ; Naan signifie boire en wolof. » Des chefs musulmans ont organisé la population pour se défendre contre les esclavagistes et contre l’alcool, « le carburant de la traite en échange d’esclaves ». Ce mouvement a été terriblement réprimé, il n’a duré que 4 ans mais il représente un tournant important dans l’histoire de cette région.

Dans l’entretien avec Houria Bouteldja, mentionné ci-dessus, Gilles Clavreul s’étonne du peu de condamnations de la traite arabe par les décoloniaux. Bouteldja explique alors ce que nous appelons ici « l’exemption de blanchité » accordée globalement aux Arabes :iv

« Nous faisons une différence fondamentale entre l’esclavage en général et la traite négrière en particulier. L’esclavage, effectivement, a toujours existé. Seulement, il n’était pas racial : les Arabes mettaient en esclavage aussi bien des congénères que des Africains ou des Européens qu’on ne nommait pas alors Noirs ou Blancs. La race n’a jamais été théorisée par les Arabes ou d’autres sociétés esclavagistes. En revanche, la traite négrière a non seulement constitué de manière juridique, économique et politique les Noirs comme inférieurs mais elle a de plus permis l’expansion et la structuration du capitalisme à l’échelle mondiale. »

En d’autres termes, Bouteldja excuse la traite arabe au nom d’une universalité des victimes : c’est parce que les Arabes auraient pris aussi en esclavage d’autres Arabes (des « congénères ») que leur esclavage serait non raciste, donc excusable.

Cette affirmation est d’une part incohérente (les islamistes n’auraient jamais « théorisé » le racisme, mais les Noirs sont quand même inférieurs !) mais aussi totalement antihistorique. Dans les sociétés vivant sous la sharia, la dhimmitude est un racisme envers les « peuples du Livre », qui sont considérés comme inférieurs aux Musulmans. Dans les premiers siècles de la conquête arabe, des légistes ont institué un système d’apartheid dans les états vivant sous la sharia : Juifs et Chrétiens, les « peuples du Livre » doivent accepter de vivre humiliés et persécutés. Cette hiérarchie entre êtres humains ouvre grand la porte au racisme contre les Noirs, même musulmans. Le racisme n’est pas systémique, il est bien plus que cela : il est intrinsèque aux lois de la dhimmitude.

François Vergès, elle non plus, ne dénonce pas la traite arabe vers l’Océan indien. Ses arguments sont différents de ceux de Bouteldja, mais pas moins surprenants. C’est ainsi qu’en 2013, alors qu’elle est Présidente du Comité pour la Mémoire de l’Esclavage, elle écrivait un long article intitulé : « Les pratiques d’esclavage contemporain s’inscrivent-elles dans la continuité de l’esclavage colonial ou la comparaison est-elle impossible ? ». Elle y décrit la forte technicité de la traite transatlantique, investissements, banques, affrètement de navires, industries d’armement des navires, le rôle de l’argent de la traite dans le développement du capitalisme occidental. Mais elle évacue la traite orientale d’une seule phrase : « La traite « orientale » où nombre de captifs et le taux de mortalité́ dans les caravanes atteignent, selon les historiens, des taux plus élevés que ceux de la traite atlantique, ne présenta jamais la même technicité » (note v).Dans cette phrase, elle prend ses distances avec la traite arabe : le mot « orientale » est entre guillemets, comme si l’auteure refusait de la dénoncer ; pareil pour le taux de mortalité : c’est « selon les historiens. »

Qu’est-ce qui, aux yeux de ces chercheurs, rend la traite arabe plus acceptable ? Serait-ce parce que l’argent (considérable) de cette traite n’aurait pas servi le capitalisme occidental ?

Comme les décoloniaux s’attachent à dénoncer les méfaits de la colonisation, le fait que des pays Arabes aient été, eux aussi, colonisés obscurcit-il leur analyse ?

Et parmi les traites contemporaines, que dénonce le Comité contre l’Esclavage Moderne, il y a la continuation -fort heureusement à petite échelle- de la traite arabe.

En mai 2006, Le Monde reprochait d’ailleurs à Françoise Vergès d’avoir considéré que la part des esclavagistes d’Afrique noire et du monde musulman dans les traites négrières ne « serait que marginale ».

Fatiha Boudjalat[xviii] commentait en 2019 le soutien de Françoise Vergès au voile islamique :

« Je dirai à cette femme millionnaire dont la famille s’est emparée de l’île de la Réunion et y a régné en colons qu’elle doit donc savoir de quoi elle parle. Mais l’obsession du voile est du côté des indigénistes et des islamistes qui vont devant toutes les institutions pour en faire l’alpha et l’Oméga de la liberté de la femme. Que fait Mme Vergès à part être la grande sœur condescendante qui prétend me dire comme vivre authentiquement mon identité de fille d’immigrés ? Enfin, les féministes blanches bourgeoises sont plus nombreuses du côté de R. Diallo et de F. Vergès que du mien ou de celui de Zineb El Rhazoui. C’est fou comme elles traquent le patriarcat blanc partout et absolvent son pendant arabo-musulman. Les hypocrites. »

5 L’esclavage arabe, aujourd’hui, toujours pas dénoncé par l’extrême-gauche

Il est vrai que, à cause des castrations massives, la traite orientale, quoique massive, a laissé très peu de descendants de victimes. Elle a beaucoup contribué à la puissance et à la richesse des empires musulmans fondés sur l’esclavage. On faisait des guerres et l’on menait des expéditions répétitives pour capturer des esclaves. Elle a aussi beaucoup diminué la démographie européenne et vidé des villages entiers, des villes et des régions rendues désertiques.

Le 20 novembre 2017, à l’appel du Collectif contre l’Esclavage et les Camps de Concentration en Libye (CECCL) des milliers de personnes manifestaient à Paris suite à la diffusion d’un reportage de CNN montrant des migrants subsahariens vendus aux enchères en Libye.[xix] Les Nations Unies estimaient à 700.000 le nombre de migrants en Libye, et ceux qui parviennent en Europe rapportent des récits des kidnappings, de rançonnement et de d’esclavage des Noirs. Monica Mark, journaliste pour BuzzFeed raconte, avec un style remarquable, la fuite de Jude Ikuenobe, un jeune homme poursuivi par un 4×4 dans les rues de Sabha, une ville du centre de la Libye, en 2015 :

All the warnings he’d heard flashed through his mind.[xx]
“In Sabha, every black man is a target.”
“We black in Libya — we’re money to Arabs. The minute they get us, they can sell us.”
“If they are coming, just run. Run for your life.”

En 2020, le Rapport de Département d’État américain sur la Traite d’êtres humains dans le monde note que l’état libyen ne contrôle pas les groupes armés qui vendent des êtres humains. En février 2020, une organisation internationale rapportait que le Département de lutte contre les migrations illégales gérait 11 centres de détention où il détenait arbitrairement dans l’ouest de la Libye des hommes, des femmes et des enfants migrants et réfugiés – dont beaucoup étaient des victimes de la traite. Ces victimes sont exposées à la violence extrême de groupes armés. Les rapports d’ONG font état d’agressions physiques, sexuelles et verbales ; d’enlèvements pour toucher des rançons ; d’extorsions ; de meurtres arbitraires ; de conditions de détention inhumaines ; et de l’enrôlement d’enfants soldats.

En Mauritanie, le racisme et l’esclavage sont institutionnalisés et frappent les Haratines, (50% de la population). En Mauritanie, les Blancs et les Noirs sont tous musulmans. Mais les maîtres sont arabes.

« Les Harratines, un des groupes ethniques les plus importants, sont exploités dès la naissance. Ils sont les parias d’une condition servile sur laquelle la Mauritanie s’est bâtie. Au prétexte de la race, ils étaient vendus et mutilés, offerts en cadeau ou séparés par héritage. »[xxi]

Pourquoi les intellectuels décoloniaux oublient-ils cette réalité ? Ne convient-elle pas à leur idéologie ? Est-ce une collusion entre décoloniaux ou islamistes ? On peut le penser, car consciente ou pas, délibérée ou non, cette collusion va encore plus loin.

6 La convergence des luttes vers l’antisionisme

Le Parti des Indigènes de la République, une des composantes -pas forcément représentative- de la mouvance décoloniale faisait ce bilan en 2015 :

« La gauche de gauche est aujourd’hui notre principal allié. … En fait, c’est eux qui nous choisissent : nous attendons qu’ils se positionnent sur nos combats : islamophobie, Palestine, racisme d’État, crimes policiers, etc., et nous observons leurs prises de position. Sans surprise, c’est la gauche radicale qui vient à nous. »[xxii]

Les islamistes sont jaloux de la shoah, ou plus exactement de la sympathie que le statut de victimes de la shoah peut attirer aux Juifs. Ainsi, le prédicateur Hassan Iquioussen : l’Humanité du 17 janvier 2004 expliquait que « ce dirigeant de l’Union des organisations islamiques de France diffuse un discours mensonger et haineux, émaillé de grossièretés historiques » : les sionistes auraient demandé à leur ami Hitler de faire peur aux Juifs pour que ceux-ci aillent en Palestine tuer des Arabes. Les vraies victimes de la shoah auraient donc été … les Arabes palestiniens. L’Humanité avait raison : c’est par de tels mensonges qu’Iquioussen incite à la haine.

Pour les islamistes, Israël est un état de dhimmis, que le djihad doit ramener à leur état de dhimmis. La Palestine juive a été colonisée pendant 15 siècles. Contrairement à une image chrétienne, des Juifs sont toujours restés en Palestine. Parfois massacrés, chassés, parfois les persécutions n’en laissaient qu’un petit nombre, mais ils étaient là. La Palestine a été colonisée par les Arabes en 635. Les Juifs ont retrouvé leur indépendance sur leur terre en 1948. Contrairement à ce qu’essaye de faire croiree Iquisoussen, les Juifs ne sont as arrivés enb 1948, ils étaient là avant les Arabes.

Mais les islamistes n’admettent pas qu’un peuple dhimmi se libère, qu’il veuille rétablir son pouvoir dans sa propre patrie. Comme ils refusent l’idée-même d’une négociation avec des dhimmis, ils torpillent systématiquement toutes les tentatives de paix entre Israéliens et Arabes palestiniens. Ils accolent aux actions d’Israël les mots de « colonisation » et « d’apartheid »,[xxiii] ce qui est contraire à la réalité et aux faits. Mais ces mots font mouche auprès de post-coloniaux.

Le cas de ces Juifs qui ont réussi leur décolonisation et la reconquête de leur souveraineté devrait susciter un intérêt des décoloniaux. On aurait pu espérer que des universitaires préoccupés de colonisation sachent prêtent un peu d’attention à leur narratif. Il n’en est rien. Les décoloniaux reprennent sans le vérifier le narratif islamiste. Françoise Vergès elle-même soutient de nombreuses positions anti-israéliennes, signant des pétitions des islamistes et soutenant l’antisionisme.[xxiv] Elle participe ainsi au mouvement des universitaires contre Israël, dénoncé et démonté par Ben-Dror Yemini.[xxv]

Est-ce l’influence des populistes noirs musulmans comme Farrakhan, déjà cité plus haut ? Toujours est-il que l’antisionisme est largement partagé par des militants pour la dignité des Noirs aux USA. Ainsi, Angela Davis[xxvi] reprend les thèses du « capitalisme racial » de Cedric Robinson et déclare sa solidarité avec les mouvements islamistes : « Les militants du BLM … peuvent jouer un rôle important en obligeant d’autres domaines de l’activisme pour la justice sociale à prendre en charge la cause de la solidarité avec la Palestine – en particulier le mouvement de Boycott, Désinvestissement et Sanctions. »

Françoise Vergès évoque, elle aussi le « capitalisme racial », mais tout en éliminant toute compétition victimaire :

« le capitalisme, dès le départ, porte en lui des processus de racisation. Dès sa genèse, ce système entreprend de trier les êtres humains, de raciser des groupes. Pour le théoricien africain-américain Cedric Robinson, les premiers groupes racisés furent les Juifs d’Europe. Il existait donc des processus de racisation antérieurs à l’esclavage. Mais avec la traite et l’esclavage colonial, ces processus de racisation se sont consolidés, en même temps qu’ils ont revêtu une dimension globale »[xxvii]

En janvier 2021, un Réseau d’Actions Contre le racisme et l’Antisémitisme (RAAR) apparaissait en France pour commémorer l’assassinat de Ilan Halimi. Ce jeune homme juif avait été torturé à mort en 2015 avec sadisme et cruauté par un groupe de jeunes gens dont plusieurs se réclament de l’islamisme. Le RAAR voulait réveiller la gauche au combat contre l’antisémitisme.[xxviii] L’objectif de l’appel du RAAR est « donner des clefs pour la renaissance d’un mouvement progressiste uni qui affiche ses valeurs et lutte contre la haine et toutes les discriminations ». Toutes les discriminations, cela veut dire aussi l’islamophobie, c’est expliqué ailleurs dans le texte. Mais les rédacteurs n’ont pas osé dire que ceux qui ont assassiné Ilan étaient des islamistes racistes. Imagine-t-on qu’après la Nuit de Cristal, pogrom antijuif en 1939, des militants antiracistes aient évité de dire le mot « nazi », pour ne pas stigmatiser les Allemands ? Le RAAR montre quand même un peu de courage en refusant « l’injonction selon laquelle il faudrait d’abord adopter une position sur Israël avant de pouvoir dénoncer la haine des Juifs. » Mais pour être efficace, ce RAAR devra aussi dénoncer l’extrême droite populiste islamiste.

7 L’islamisme, responsable de la divergence des luttes ?

Au début de la conquête arabe, des juristes musulmans ont formalisé les lois de la dhimmitude pour gérer les populations conquises. Ils ont organisé de manière très hiérarchique les sociétés multiculturelles qui étaient sous leur pouvoir : en haut de l’échelle sociale, les Musulmans. En bas, les mécréants, des non-musulmans, qui ont le choix entre se convertir ou mourir. Des témoignages sur le site de Dhimmi Watch illustrent ces persécutions racistes.

Car il s’agit bien d’un racisme caractérisé : les individus sont essentialisés, c’est-à-dire qu’on les juge non pas en fonction de leurs actions, mais du groupe -en général religieux- auquel ils appartiennent. C’est exactement la même chose que dans les sociétés esclavagistes, où les Blancs avaient inventé de bonnes raisons de considérer que les Noirs n’étaient pas des êtres humains. Il y avait là aussi des groupes intermédiaires, les métisse, les affranchis etc. De même, les sociétés organisées selon les critères des légistes islamiques sont racistes. Dans ces sociétés, des Noirs, même musulmans, sont racisés et parfois, souvent, réduits en esclavage. Pourquoi cet esclavage-là est-il occulté par les décoloniaux ?

Une explication pourrait être que la rupture du mouvement décolonial avec l’universalisme des Lumières empêche une condamnation universelle du racisme. Elle ouvre la porte à un antiracisme à la carte, à un émiettement des antiracismes. Une autre explication, celle que nous n’aimerions pas,

Ainsi, Vergès est elle-même victime de propos racistes de la part de décoloniauxi. En janvier 2021, des centaines d’internautes décoloniaux ont dénoncé ce qu’ils estiment être une usurpation d’identité, la volonté de Françoise Vergès « de se faire passer pour noire afin de s’approprier une part de la culture ou de l’Histoire des personnes noires. »[xxix]

Des décoloniaux noirs du Comité Adama Traoré (CAT) dénoncent aussi le racisme de décoloniaux islamiques. En octobre 2020, des militants du CAT se plaignaient de la « négrophobie » de Houria Bouteldja. Selon Youcef Brakni « le PIR est un parti arabo-centré qui a un problème avec les personnes noires. » Le même article révèle qu’une militante a été critiquée par des militants du PIR pour ses positions « illicites » (interdites par l’islam) sur la question des « minorités LGBT[xxx] ». 

L’abandon de l’universalisme fragmenterait donc le mouvement décolonial sur des bases de couleur de peau ou d’orientations sexuelles. C’est la divergence des luttes. On peut penser que c’est anecdotique, nous croyons que c’est inhérent à une pensée qui hiérarchise les sociétés en bons et mauvais, en blancs et racisés.

Deux scénarios semblent dès lors possibles : l’éclatement du mouvement et sa fin ; il ne resterait plus que des universitaires sans base militante, dans un mouvement à la dérive. C’est le scénario que redoute Laurent Joffrin[xxxi]. L’autre scénario semble plus probable : la récupération du mouvement par les islamistes. C’est la composante la plus structurée du mouvement, celui qui a la base la plus étendue, avec une armée de loups solitaires prêts à passer à l’action sur commande. Ils ont déjà une impunité pour leurs crimes ; Taguieff parle d’une « sanctification » de l’islam. Cette situation peut favoriser un coming out et une prise de pouvoir. Le coming out a eu lieu en février 2021, avec la pétition demandant la démission de la Ministre Frédérique Vidal, qui veut une enquête sur l’islamo-gauchisme dans les milieux académiques.

Aucun doute que si les islamistes prenaient le pouvoir, les militants du multiculturalisme, les compagnons de route de l’islamisme, les féministes et les pseudo-féministes, tous et toutes deviendraient alors des citoyens de seconde zone, au profit d’islamistes négrophobes, antichrétiens, antijuifs, homophobes et misogynes. Tous deviendraient des dhimmis.


[i] Louis Hausalter, Interdit aux Blancs ! Le « camp d’été décolonial » remet ça. Marianne, 10 août 2017 https://www.marianne.net/societe/interdit-aux-blancs-le-camp-d-ete-decolonial-remet-ca

[ii] On lira avec intérêt (et peut-être étonnement) l’article de Julien Talpien, sur le mouvement « Alliance of White Anti-Racists Everywhere » (AWARE) : Quelle place pour les blancs dans les mouvements antiracistes ? Expériences américaines, réflexions françaises ; Contretemps, https://www.contretemps.eu/tag/blanchite/

[iii] La thèse d’Olivier Pétré Grenouilleau a porté sur l’argent de la traite. Il montre que le « capitalisme marchand de la traite n’a pas été capable de sortir de ses cadres pour ouvrir la voie à l’âge industriel », d’aller vers l’innovation industrielle (investissements dans le sucre, la marine, la spéculation immobilière sur les bords de mer … Voir : Guillaume Daudin : « Olivier Pétré-Grenouilleau, L’argent de la traite. Milieu négrier, capitalisme et développement : un modèle », Revue d’histoire moderne & contemporaine 2005/5 (n° 52-4bis), page 112, https://www.cairn.info/revue-d-histoire-moderne-et-contemporaine-2005-5-page-112.htm

[iv] Sur l’antiracisme. Débat entre Houria Bouteldja et Gilles Clavreul, initialement paru dans l’Obs et republié par Contretemps, https://www.contretemps.eu/debat-bouteldja-clavreul-obs/

[v] Alana Lentin, Why Race still matters, https://qgdecolonial.fr/2021/02/04/17019/

[vi] https://www.huffingtonpost.fr/entry/camelia-jordana-accuse-telle-vraiment-les-hommes-blancs-detre-responsables-de-tous-les-maux-de-la-terre_fr_600196a4c5b697df1a0516b0

[vii] https://www.valeursactuelles.com/societe/videos-en-tant-que-femme-blanche-je-me-fais-moi-meme-le-vehicule-du-racisme-laffligeante-theorie-dadele-haenel-sur-la-societe-126353

[viii] Françoise Vergès, “Les pratiques d’esclavage contemporain s’inscrivent-elles dans la continuité de l’esclavage colonial ou la comparaison est-elle impossible ?” Comité contre l’esclavage Moderne, 16 août 2013, http://www.esclavagemoderne.org/2013/08/16/francoise-verges/

[ix] B. Gainot, M. Dorigny, J. Ehrard, A. Goldstein Sepinwall : Lumières et esclavage, Annales historiques de la Révolution française, 2015/2 (n° 380), pp.149-169

[x] L’Afrique et ses élites prédatrices, Interview d’Ibrahim Thioub, Le Monde 1/6/2010 le.monde.l.afrique.et.ses.a.lites.pra.datrices.1ejuin2010.pdf

[xi] Ibrahima Thioub, 16 juillet 2018, Éducation : des échanges qui portent fruit, Beijing Information, http://french.beijingreview.com.cn/Dossiers/2018/Visites_de_Xi_Jinping_en_Asie_et_en_Afrique_et_participation_au_sommet_des_BRICS/Senegal/201807/t20180719_800135788_1.html

[xii] Jeune Afrique, 25 mars 2017 https://www.jeuneafrique.com/422521/politique/lafrique-se-trouve-situation-dramatique-selon-president-parlement-europeen/

[xiii] Bat Ye’or : les Chrétientés d’Orient entre djihad et dhimmitude, préface de Jacques Ellul, Godefroy, 2006, page 110

[xiv] Nabil Ziani, : « quand les Berbères étaient des dhimmis », https://dhimmi.watch/2021/01/31/quand-les-berberes-etaient-des-dhimmis/ 

[xv] Zanzibar, la plaque tournante de la traite orientale, https://dhimmi.watch/2021/01/17/zanzibar-la-plaque-tournante-de-la-traite-orientale-desclaves-africains/

[xvi] Nicolas Bernard 2019 : « Les Juifs et la traite négrière transatlantique, une accusation antisémite délirante, Un avatar du complot juif mondial », Pratique de l’Histoire et Dévoiements Négationnistes  https://phdn.org/antisem/noirs/les-juifs-et-la-traite.html

[xvii] Clément Ghys : La dérive identitaire de Houria Bouteldja, Libération, 24 mai 2016 https://www.liberation.fr/debats/2016/05/24/la-derive-identitaire-de-houria-bouteldja_1454884/

[xviii] Fatiha Agag-Boudjalat : « on ne peut pas être féministe quand on se soumet au patriarcat arabo-musulman, blog de Aurore Van Opstal », 14 octobre 2019 https://blogs.mediapart.fr/aurore-van-opstal/blog/141019/ne-peut-pas-etre-feministe-quand-se-soumet-au-patriarcat-arabo-musulman

[xix] Le Monde, 20 novembre 2017 https://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/11/20/manifestation-a-paris-non-a-l-esclavage-en-libye-liberez-nos-freres-liberez-nos-s-urs_5217718_3212.html

[xx] Traduction : « A Sabha, chaque homme noir est une cible. On est noirs en Libye, on est de l’argent pour les Arabes. Dès qu’ils nous auront, ils pourront nous vendre. S’ils arrivent, courez. Cours pour sauver ta vie. » Ce texte est tiré de l’article de Monica Mark https://www.buzzfeednews.com/article/monicamark/slavery-nigeria-libya

[xxi] Biram Dah Abeid : « Monsieur Macron, en Mauritanie, l’esclavage, le racisme anti-noir et l’extrémisme religieux relèvent de la même oppression », Huffington Post, 1 juillet 2018 https://www.huffingtonpost.fr/biram-dah-abeid/monsieur-macron-en-mauritanie-lesclavage-le-racisme-anti-noir-et-lextremisme-religieux-relevent-de-la-meme-oppression_a_23468111/?utm_hp_ref=fr-racisme

[xxii] C. Izambert, P. Guillibert, S. Wahnich : Revendiquer un Monde Décolonial Entretien avec Houria Bouteldja Vacarme, 2015/2 N° 71, 44, https://www.cairn.info/revue-vacarme-2015-2-page-44.htm

[xxiii] S I. Minerbi, « Le Saint-Siège, les Juifs et l’État d’Israël » Outre-Terre 2004/4 (no 9), pages 341-351, https://www.cairn.info/revue-outre-terre1-2004-4-page-341.htm

[xxiv] Wikipedia, « Françoise Vergès », https://fr.wikipedia.org/wiki/Françoise_Vergès , consulté le 10 février 2021

[xxv] Ben-Dror Yemini est un journaliste de l’extrême-gauche israélienne. Il explique qu’on a le droit de critiquer Israël, mais pas de mentir. « L’industrie du mensonge », éditions de Passy 2020.

[xxvi] Angela Davis, 1er juillet 2020 : une interview sur l’avenir du radicalisme noir, https://anker-mag.org/index.php/2020/07/01/angela-davis-une-interview-sur-lavenir-du-radicalisme-noir/

[xxvii] Françoise Vergès : « Le féminisme doit retrouver son tranchant antiraciste, anticapitaliste », L’Humanité 8/2/2019, interview de R. Moussaoui : https://www.humanite.fr/le-feminisme-doit-retrouver-son-tranchant-antiraciste-anticapitaliste-francoise-verges-667538

[xxviii] Création du Réseau d’Actions contre l’Antisémitisme et tous les Racismes. Communiqué de lancement et déclaration d’intention. Paris-Luttes.info, 27 janvier 2021,

[xxix] Observatoire de la déconstruction, 25 janvier 2021 : « Françoise Vergès, égérie du décolonialisme, accusée par ses fans de ne pas être assez noire ! » https://www.observatoiredeladeconstruction.fr/post/françoise-vergès-égérie-du-décolonialisme-accusée-par-ses-fans-de-ne-pas-être-assez-noire?utm_source=sendinblue&utm_campaign=Observatoire_de_la_dconstruction_28janvier&utm_medium=email

[xxx] Amaury Bucco, 1/10/2020, Valeurs Actuelles : Un enregistrement sonore révèle les féroces tensions entre indigénistes autour de l’affaire Traoré

https://www.valeursactuelles.com/clubvaleurs/societe/un-enregistrement-sonore-revele-les-feroces-tensions-entre-indigenistes-autour-de-laffaire-traore-124227

[xxxi] Laurent Joffrin : La gauche racialiste, Libération 4 décembre 2018, https://www.liberation.fr/debats/2018/12/04/la-gauche-racialiste_1695959

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