L’Europe serait-elle indifférente aux évènements d’Iran ? (Melanie Phillips, analyse)
Dhimmi Watch soutient les courageux manifestants iraniens. S’ils réussissent à faire tomber le régime fanatique iranien, ce serait un évènement aussi important que la chute du mur de Berlin. Pourtant, la presse française est étrangement silencieuse à ce sujet. C’est du Royaume-Uni que nous arrivent des informations. Selon The Telegraph[1] (le 2 janvier 23h30), le régime iranien, épicentre de l’islamisme radical, reste fragilisé par la guerre de douze jours contre Israël et par les bombardements américains sur ses installations nucléaires en juin. Le Président iranien, Massoud Pezeshkian, semble avoir du mal à maîtriser la situation. Pour l’instant, il serait exagéré d’affirmer que le régime islamiste soit en danger imminent. Mais sa vulnérabilité est manifeste aux yeux de tous. Partie du plus grand marché de téléphones portables de Téhéran, à l’arrêt pour dénoncer l’hyperinflation, la colère s’est vite propagée au Bazar et dans les quartiers de Vanak, Manouchehri ou encore Lalezar, considérés comme le cœur battant de Téhéran. Les unes après les autres, les villes se réveillent : Kermanchah, Chiraz, Ispahan, Qom, ou encore Izeh.[3] Nous donnons la parole à Melanie Phillips, qui trouve que l’Occident semble tétanisé, comme soumis aux forces islamistes. Traduction libre de Dhimmi Watch. Les sous-titres sont de Dhimmi Watch.[2]
Toute la semaine, des manifestations de rue massives et généralisées ont eu lieu en Iran. Déclenchées par la flambée du coût de la vie et une grave pénurie d’eau, elles se sont rapidement transformées en insurrection contre le régime de Téhéran, les manifestants scandant des slogans pour le retour du Shah.
Les forces de sécurité du régime auraient refusé de tirer sur les manifestants
Ces manifestations ont eu des conséquences bien plus importantes que les révoltes précédentes. Elles ont débuté parmi les commerçants des bazars, le genre de personnes qui avaient contribué à renverser le Shah et à porter au pouvoir le régime révolutionnaire islamique en 1979. Plus étonnant encore, plusieurs bases du redoutable Corps des Gardiens de la Révolution Islamique et de la milice Basij seraient tombées aux mains des manifestants, et un membre de la milice Basij aurait été tué après que des manifestants ont jeté des pierres à Kuhdasht, une ville de l’ouest de l’Iran.
Au moment où nous écrivons ces lignes, l’insurrection continue de s’intensifier. Bien qu’au moins quatre manifestants aient été tués, le bain de sang par les forces de sécurité ne s’est pas encore produit. En revanche, des informations non confirmées font état de refus de certaines forces de sécurité de tirer sur les manifestants, contraignant le régime à faire appel à des renforts arabes ; de la fuite d’autres forces de sécurité ; et même de la fuite du Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, hors de Téhéran.
Peut-être cette révolte s’éteindra-t-elle sous le poids de représailles féroces, comme toutes les précédentes. Mais peut-être, cette fois, parviendra-t-elle à renverser le régime ; le peuple n’a jamais été aussi près d’y parvenir. Si cette opération réussit, son impact sera considérable et dépassera largement les frontières de l’Iran. Elle transformera et remodèlera la politique mondiale de manière incommensurable et positive en éliminant une force malveillante vouée à l’anéantissement d’Israël, à la destruction de l’Amérique et à la conquête de l’Occident.
Ces manifestations revêtent donc une importance capitale. Pourtant, chose étonnante, l’Occident est resté quasiment silencieux. Aucune manifestation n’a eu lieu dans ses rues pour scander « Libérez l’Iran ! » ou « Mort aux Gardiens de la révolution ! ».
La presse obsédée par une pseudo-famine
Pendant la majeure partie de la semaine, les médias traditionnels ont tout simplement ignoré ces événements tumultueux. Lorsque quelques reportages ont finalement été publiés, ils étaient succincts et minimisaient considérablement la gravité de la situation.
L’administration Trump et le gouvernement israélien ont exprimé leur soutien aux manifestants. En revanche, les gouvernements du Royaume-Uni, du Canada et de l’Australie, ne cessent pas de critiquer Israël pour sa lutte contre le programme génocidaire iranien, et restent étrangement silencieux. On pourrait croire que ces gouvernements seraient prêts à tout pour se débarrasser du régime terroriste le plus meurtrier au monde.
Israël a franchi une nouvelle étape en reconnaissant l’indépendance du Somaliland. Cette reconnaissance place l’État hébreu dans une bien meilleure position pour faire face aux Houthis au Yémen, par lesquels l’Iran finance sa guerre contre Israël et l’Occident. Au lieu de cela, le gouvernement britannique, qui s’était empressé de reconnaître l’État fantasmé de “Palestine”, a refusé de reconnaître le Somaliland et a réaffirmé son soutien à la “souveraineté et à l’intégrité territoriale” de la Somalie.
Le Somaliland était un protectorat britannique jusqu’au 26 juin 1960, date à laquelle il accéda à l’indépendance et fut reconnu par 35 pays. Cinq jours plus tard, il fusionna avec le Somaliland italien pour former la Somalie, qui sombra dans le chaos et le règne des seigneurs de guerre. En 1991, le Somaliland recouvra sa souveraineté et se gouverne depuis lors de manière pacifique et démocratique.
La Grande-Bretagne refuse donc de reconnaître le Somaliland, qui remplit pourtant tous les critères énoncés dans la Convention de Montevideo pour la reconnaissance internationale d’un État — une population sédentaire, un territoire défini, un gouvernement fonctionnel et la capacité d’entretenir des relations internationales — mais reconnaît en revanche un État de Palestine qui ne remplit aucun de ces critères et qui n’existe pas.
À chaque étape, le gouvernement britannique s’allie aux ennemis de la civilisation et de l’Occident, animé par une haine profonde envers Israël. Cette semaine, la Grande-Bretagne s’est jointe à une déclaration sur Gaza signée par les ministres des Affaires étrangères du Canada, du Danemark, de la Finlande, de la France, de l’Islande, du Japon, de la Norvège, de la Suède et de la Suisse pour exprimer leurs “vives inquiétudes face à la nouvelle détérioration de la situation humanitaire à Gaza, qui demeure catastrophique”.
Bien qu’elle ait reconnu à contrecœur “une certaine amélioration depuis les sombres rapports de famine d’août”, elle a omis de préciser qu’il n’y avait jamais eu de famine ni aucune perspective de famine, et que l’affirmation constante des Nations Unies et de ses agences selon laquelle elle était imminente était un mensonge.
Les ONG sous la coupe du Hamas
Pire encore, le communiqué déplorait que “de nombreux partenaires ONG internationaux établis risquent d’être radiés en raison des nouvelles exigences restrictives du gouvernement israélien”, ce qui aurait “un impact grave sur l’accès aux services essentiels, notamment aux soins de santé”.
Le COGAT, l’agence israélienne chargée de superviser l’aide à Gaza, a déclaré que seules 37 ONG ont été suspendues. Ces dernières avaient fourni moins de 1 % de l’aide totale par le passé et n’ont apporté aucune aide durant le cessez-le-feu actuel. Leur suspension est due au fait qu’elles ont eu dix mois pour se soumettre à des vérifications visant à prouver leur absence de liens avec le Hamas ou toute autre activité terroriste, ce qu’elles ont refusé de faire.
À l’instar des gouvernements du Canada et de l’Australie, la Grande-Bretagne a systématiquement relayé les mensonges propagés par le Hamas, soutenu par l’Iran, qui diffament et délégitiment Israël. Ces accusations de crime rituel ont alimenté l’hystérie meurtrière à l’égard d’Israël et des Juifs au sein de leurs propres populations, avec les terribles conséquences de l’attentat terroriste perpétré en Grande-Bretagne contre une synagogue à Manchester le jour de Yom Kippour, qui a coûté la vie à deux Juifs, et du pogrom de Hanoukka sur la plage de Bondi à Sydney, au cours duquel 15 Juifs ont été massacrés.
L’accueil ‘prioritaire’ de militants islamo-nazis
Le refus du gouvernement britannique de reconnaître la menace que représente le monde islamique est à l’origine de son dernier fiasco. Il s’est dit “ravi” d’accueillir en Grande-Bretagne un dissident égyptien, Alaa Abd el Fattah, emprisonné à plusieurs reprises en Égypte pour son opposition au régime et dont la libération constituait une “priorité absolue” pour le gouvernement Starmer.
Quelques heures seulement après son arrivée, il a été révélé que Fattah avait tweeté, entre 2010 et 2012, un torrent de déclarations horribles, notamment des appels à tuer tous les sionistes et à “tirer au hasard sur des hommes blancs”, à la haine des Blancs et des Européens, et un appel vidéo en arabe au massacre des Juifs avec le cri de guerre islamique : “Kaybar, kaybar, ya yahud !”
Étonnamment, il avait obtenu la citoyenneté britannique en 2021 du précédent gouvernement conservateur, alors qu’il s’agissait manifestement d’une ruse de ses partisans pour inciter l’État britannique à faire pression sur l’Égypte afin qu’elle le libère. Les conservateurs, tels des moutons, avaient rallié la vaste campagne visant à obtenir sa libération de prison en Égypte, menée par le même genre de personnes qui sont restées silencieuses face au courage inimaginable du peuple iranien.
Pourquoi l’indifférence de l’Occident ?
Pourquoi l’Occident reste-t-il indifférent au mal perpétré par l’Iran, préférant vilipender Israël pour sa résistance aux tentatives iraniennes d’extermination ? Pourquoi l’Occident ne reconnaît-il pas l’ampleur de la menace islamiste qui pèse sur lui ?
L’une des principales raisons est que les libéraux croient que l’Occident ne peut rien faire de bien et que les pays en développement sont irréprochables. L’Occident, représenté par les États-Unis et Israël, est perçu comme oppresseur, et par conséquent, tous ceux qui lui résistent sont considérés comme des combattants de la liberté. Les libéraux occidentaux ne parviennent tout simplement pas à comprendre que certains de ceux qui résistent à la répression en Égypte ou dans d’autres pays musulmans puissent être eux-mêmes des extrémistes violents qui constituent une grave menace pour le monde libre.
Le terrible constat est que, l’ensemble de l’appareil humanitaire international s’étant transformé en une force de diabolisation et de délégitimation d’Israël, la conscience occidentale s’est ralliée au mal absolu. L’étiquette de “défenseurs des droits de l’homme” est donc réservée à ceux qui soutiennent les ennemis de l’Occident.
L’Amérique a longtemps cru que cette pathologie se limitait à la Grande-Bretagne et à l’Europe. Pourtant, le nouveau maire de New York, Zohran Mamdani, est un islamiste et antisémite animé par le désir de voir Israël anéanti.
Il a nommé à ce jour Ramzi Kassem, avocat radical connu pour sa longue expérience dans la défense de personnes liées à l’extrémisme islamique et pour avoir déclaré illégitimes les outils antiterroristes fédéraux. Ce dernier a consacré sa carrière à blanchir l’extrémisme islamique et le soutien au terrorisme en les présentant comme des droits de l’homme, ce qui correspond précisément au programme de la gauche britannique et européenne.
Dans la bataille mondiale qui se déroule entre le bien et le mal, la liberté et la tyrannie, la vérité et le mensonge, l’Occident facilite de plus en plus le mal, la tyrannie et le mensonge. Il semble avoir perdu tout repère moral et s’expose aux ennemis de la civilisation.
[1] Melanie Phillips : A shameful shrug for momentous events in Iran. The terrible fact is that conscience in the West has become harnessed to absolute evil. https://substack.com/app?utm_campaign=email-read-in-app&utm_source=email
[2] C’est The Telegraph qui a dévoilé le rapport Prescott, sur les mensonges de la BBC. Voir Dhimmi Watch : Pseudo-génocide (2) : comment la BBC a adapté l’information du Hamas (Michael Prescott) https://dhimmi.watch/2025/11/13/pseudo-genocide-2-comment-la-bbc-a-adapte-linformation-du-hamas-michael-prescott/
[3] Le Figaro, 2 janvier 2026, https://www.lefigaro.fr/international/mort-a-khamenei-longue-vie-au-chah-en-iran-la-vague-de-manifestations-se-repand-et-prend-une-tournure-politique-20260102

