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Pourquoi des idéologues décoloniaux tolèrent-ils certains colonialismes ? (Alexandre Feigenbaum)

Jan 31, 2026

Pourquoi des idéologues décoloniaux tolèrent-ils certains colonialismes ? (Alexandre Feigenbaum)

Il est paradoxal que des idéologues qui se disent décoloniaux soient en réalité muets face à certains colonialismes. Voire, ils les encouragent. De nombreux anticolonialistes sincères sont dupés par cette ambigüité. Nous levons ici le voile sur ces dérives.

Des idéologues décoloniaux appellent à rompre avec le passé maudit de la France et plus largement de l’Europe et de l’Occident, dont il réduisent l’histoire à celle de la traite négrière, du colonialisme et de l’impérialisme.[1] Même si l’esclavage a été aboli, même si les peuples se sont décolonisés, les Occidentaux, des “Blancs”, continuent de profiter du “privilHège blanc” et de discriminer les “non-Blancs” par un racisme systémique.

Mais derrière l’intention de réhabiliter les victimes, cette idéologie décoloniale est trop souvent au service d’autres formes de colonialisme.

Ces idéologues essentialisent les Blancs comme racistes, ce qui est en soi une démarche raciste. C’est une idéologie anti-occidentale qui, en réalité rejoint le combat d’autres anti-occidentaux : les djihadistes, les islamistes. Ramon Grosfoguel situe le décolonialisme dans l’axe d’un conflit des sociétés occidentales contre l’islam [8]. Pour lui, l’islamophobie a été un moteur du développement du capitalisme depuis l’expulsion des Musulmans d’Espagne en 1492.
Le racisme est une hiérarchie globale de supériorité et d’infériorité le long de la ligne de l’humain qui a été politiquement, culturellement et économiquement produite et reproduite pendant des siècles par les institutions du « système mondial capitaliste/patriarcal centré sur l’Occident christiano-centré moderne et colonial .
Voir l’illustration de l’article, qui représente une vue de Grosfoguel.

Ces idéologues ne condamnent pas le colonialisme islamique. Pourtant il y a eu des grands empires islamiques, qui ont souvent discriminé, persécuté les minorités non-musulmanes. Les intentions des islamistes sont très éloignée des Droits de l’Homme : par exemple la charte du Hamas stipule que des terres conquises par le djihad sont des waqf, « pour toutes les générations de musulmans jusqu’au jour de la résurrection. » [2] Chrétiens et Juifs n’auront le droit d’y vivre qu’“à l’ombre de l’islam”. Les colonialistes islamiques ont construit des empires sur ces bases suprémacistes.

On fait difficilement plus colonialiste ! Pourtant, les Arabes, qui sont souvent blancs, bénéficient d’une ‘exonération de blanchité’.
La grande majorité des idéologues décoloniaux sont aux côtés des ‘Indigènes de la République’, officine de lobbying islamiste auprès de la gauche. Ils ne s’intéressent qu’au colonialisme occidental et se désintéressent du colonialisme et de l’esclavage islamiques. Nous les nommons ici des « pseudo-décoloniaux. »

Il y a ainsi une grande part d’arbitraire dans les critères de définition de ‘blanchité’. Parce que des pays musulmans ont été colonisés par les pays occidentaux, les idéologues pseudo-décoloniaux classent d’emblée les Musulmans dans le groupe des ‘racisés’ (victimes). Mais depuis la seconde moitié du 20ème siècle, grâce aux revenus du pétrole et du gaz, certains pays arabes (souvent blancs de peau) contribuent au capitalisme international, et ont entrepris de coloniser l’Afrique. Malgré cela, les idéologues décoloniaux ne changent pas leur statut de ‘racisés’ (victimes) en ‘Blancs’ (racistes, colonialistes, oppresseurs). Nous insistons sur cet arbitraire, car ce traitement est différent de celui appliqué à d’autres racisés, notamment les Asiatiques et les Juifs, qui ont perdu leur statut de victime : ils étaient non-Blancs, au départ (donc racisés) mais ils sont devenus Blancs (selon les pseudo-décoloniaux), au prétexte de leur succès économique présumé dans les sociétés blanches [3],[4].

Les pseudo-décoloniaux ne sont donc pas forcément anticolonialistes !

La classification de « racisé », c’est-à-dire de victimes, est très utile aux islamistes, qui se présentent toujours comme de pauvres victimes même lorsqu’ils sont des agresseurs richissimes. Cette posture favorise leur entrisme dans toutes les instances, de la Commission européenne aux Mairies et aux associations [9].

L’idéologie des pseudo-décolonialistes est actuellement dominante à gauche. L’extrême-gauche prend des positions que l’on attendrait plutôt à l’extrême-droite radicale. D’ailleurs la presse d’extrême-droite salue parfois Mélenchon. Dans l’actualité récente, les pseudo-décoloniaux dénigrent les peuples qui résistent au colonialisme islamique dans le monde (Kabylie, Iran, Nigéria, Israël…). Ils reprennent des narratifs antisémites et antisionistes, enracinés grâce à la perversion du vocabulaire.[5],[6],[7]

Par toutes ces compromissions et ces déviations, le discours des pseudo-décoloniaux est islamisto-compatible. En assimilant les suprémacistes comme des victimes, ils facilitent leur entrisme. Ils pavent le chemin aux islamistes radicaux et à leur projet suprémaciste de soumission de la planète à l’islam radical. Ils désservent les projets réellement anticolonialistes.

Article original sur le site de Dhimmi Watch. Reproduction partielle ou totale autorisés, à condition de citer la source comme suit : Alexandre Feigenbaum, Pourquoi les idéologues décoloniaux tolèrent-ils certains colonialismes ?, Dhimmi Watch 31/1/2026, https://dhimmi.watch/2026/01/31/pourquoi-les-ideologues-decoloniaux-tolerent-ils-certains-colonialismes-alexandre-feigenbaum/

Illustration : superposition de texte et de photo de Ramon Grosfoguel.


[1] Pierre-André Taguieff, Le décolonialisme : origines intellectuelles et avatars politiques, dans “Laurent Bouvet, portrait d’un intellectuel engagé” ; Denis Maillard, Gilles Clavreul, Jean-François Dunyach, Nathalie Wolff ; Paris, Éditions de l’Observatoire/Humensis, 2022, pp. 227-256. Voir aussi https://dhimmi.watch/2023/05/18/le-decolonialisme-origines-intellectuelles-et-avatars-politiques-p-a-taguieff/ ;
[2] Articles 11 et 31 de la charte du Hamas ; https//www.senat.fr/rap/r08-630/r08-630-annexe2. Cette règle s’applique à la Palestine, l’Espagne et d’autres territoires qui se sont libérés  
[3] Helen Pluckrose, James Lindsay, “Le triomphe des impostures intellectuelles, Comment les théories sur l’identité, le genre, la race gangrènent l’université et nuisent à la société”, H&O éditions, 2021, pages 191 et 194
[4] En France, le pourcentage de Juifs vivant en-dessous du seuil de pauvreté est le même que dans toute la société française.
[5] Jean Szlamowicz, Historiens, journalistes, pédagogues face à l’Islam: Discours de l’occultation, de l’euphémisation et du révisionnisme ; Controverses, 18 (2011), p. 143, https://shs.hal.science/halshs-01276511v1
[6] Department of State, United States: “Trafficking in persons report”, juin 2023, https://www.state.gov/reports/2023-trafficking-in-persons-report/
[7] On pourrait citer Christiane Taubira, Françoise Vergès, Houria Bouteldja… Voir : Rene Fregosi : un antisémitisme décolonial, Dhimmi Watch, 31/1/2026, https://dhimmi.watch/2026/01/31/un-antisemitisme-decolonial-renee-fregosi/
[8] Ramon Grosfoguel : Ramon Grosfoguel, What is racism ? : Journal Of World-Systems Research, 2016, 22 (1) Pages 9-15
[9] Anne-Sophie Nogaret, Dhimmi Watch, 31/1/2026 : https://dhimmi.watch/2026/02/01/entrisme-islamiste-des-mairies-a-bruxelles-une-strategie-a-trois-niveaux-anne-sophie-nogaret/

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