Pourquoi il faut lutter pour l’abolition de la dhimmitude (Dhimmi Watch)


Les règles juridiques formant la « dhimmitude » ont été établies dans les siècles suivant la mort de Mohamed. Aujourd’hui, elles sont à l’origine de discriminations racistes, de persécutions, de terrorisme et de conflits violents.

En effet, pour les islamistes, les non-musulmans ne sont que des « mécréants » qui ne doivent être tolérés que dans le cadre juridique de la dhimmitude. Ils se donnent le droit de les conquérir, de les persécuter, de les réduire en esclavage, de les massacrer ou de les expulser de leur pays. Juifs et Chrétiens, considérés comme « peuples du livre » ont un statut intermédiaire et peuvent pratiquer leur foi sur leur terre, au prix d’une taxe, d’humiliations et de persécutions. Ce sont des discriminations qui tournent souvent à la persécution. Aujourd’hui, selon le site de l’Association « Portes Ouvertes », 224 millions de Chrétiens sont persécutés dans des pays vivant sous la charia. Les persécutions sont extrêmes en Afghanistan, Somalie, Libye, Pakistan, Érythrée, Yémen, Iran, Nigeria, Irak et Syrie.

Le concept de dhimmitude génère les conflits les plus meurtriers dans le monde. Dans leur projet de domination planétaire par le djihad, les islamistes veulent reprendre en priorité les territoires qui, autrefois colonisés par l’islam, sont aujourd’hui décolonisés, comme l’Espagne, Israël, la Grèce, la Serbie, l’Arménie…

Comme le dit l’écrivain algérien Boulem Sansal, membre du Comité d’Honneur de Dhimmi Watch, interviewé dans l’Express en octobre 2021 à propos de l’islamisme :
l’islamisme … « est une dictature extrême, qui joue sur le corps. Elle contrôle physiquement les personnes. Mais elle rentre aussi dans la tête des gens. Cette idéologie installe un virus qui modifie la façon de voir le monde. … l’islamisme va encore plus loin qu’une dictature, en s’en prenant à tout ce qui fait notre humanité, comme si celle-ci dérangeait Dieu. »

La jizya

Les dhimmis doivent payer la jizya (ou rachat de la tête) pour avoir le droit de survivre et de pratiquer leur religion, dans des conditions très encadrées.

Bat Ye’or rappelle que la jizya s’intègre dans un cadre juridique de discriminations.[1] On humilie le dhimmi quand il paye la jizya pour lui rappeler son infériorité, par des coups de bâton et des insultes. S’il ne paie pas ou ne peut pas payer, il perd son droit de vivre. Selon les textes traditionnels, le dhimmi qui ne paye pas retombe sous les lois du jihad, le condamnant à mort ou à l’esclavage. Ses enfants sont pris en esclavage en contrepartie de la dette.

L’impôt du culte payé par les Musulmans n’a pas le même sens : le Musulman ne rachète pas sa vie, il n’est pas voué à l’extermination par le djihad. S’il ne peut pas payer, les conséquences ne sont pas dramatiques.

Le djihad

Au Nigéria, les islamistes tentent de chasser les populations autochtones pour récupérer leurs terres ancestrales et pour imposer la charia par la terreur.[2] En 2019 et en 2020, les milices peules islamistes ont tué plusieurs milliers de Chrétiens. En été 2021, les islamistes ont diffusé des vidéos montrant des chrétiens décapités. Les conditions d’un génocide de Chrétiens sont réunies.

En France, des islamistes agressent des Juifs dans la rue ou à leur domicile ou les enfants dans les écoles. Ils créent une situation d’insécurité qui accroît le malaise ressenti par les citoyens de confession juive, qui souvent prennent la décision d’émigrer vers d’autres quartiers, départements, ou de pays plus sereins pour eux et leurs enfants.[3]

Le témoignage de Charles de Foucauld[4]

En 1883, le père Charles de Foucauld conduisait une mission secrète au Maroc pendant un an. Comme les Chrétiens étaient interdits au Maroc, il s’était déguisé en Juif. Bien qu’antijuif, il a été horrifié par la condition des Juifs dont il a été témoin :

« Dans les marchés, nul ne faisait attention, nul ne daignait parler au pauvre Juif « évoluant » au milieu de populations qui considèrent le Juif comme un être utile, mais inférieur »,

« Tout Juif du bled es siba appartient corps et biens à son seigneur, son sid. […] Son hommage rendu, il est lié pour toujours, lui et sa postérité, à celui qu’il a choisi. Le sid protège son Juif contre les étrangers, comme chacun défend son bien. Il use de lui comme il gère son patrimoine, suivant son propre caractère. Le musulman est-il sage ? Économe ? Il ménage son Juif. […] Mais que le seigneur soit emporté, prodigue, il mange son Juif comme on gaspille un héritage ; il lui demande des sommes excessives, le Juif dit ne pas les avoir ; le sid prend sa femme en otage, la garde chez lui jusqu’à ce qu’il ait payé. […] Rien au monde ne protège un israélite contre son seigneur ; il est à sa merci.

Le mépris

Les Chrétiens pakistanais sont aujourd’hui relégués au bas du bas de l’échelle sociale, En 2020, Marcelle Claverie racontait dans Géo un épisode de la vie d’un éboueur chrétien.[5] Il emmène avec lui son fils, 5 ans, qui l’aide à déboucher des égouts.

« Dans une logique de caste presque “rationalisée”, il est estimé que si les Chrétiens s’occupent des ordures, alors ils sont des êtres sales et impurs. »

Georges Bensoussan explique que ce mépris est un code culturel :

« Au Yémen, il prend la forme d’un ensemble de prescriptions auxquelles les Juifs doivent se soumettre : ramasser les excréments et les charognes d’animaux dans les quartiers musulmans, relever les cadavres des non-musulmans : l’impureté entoure la charogne, l’excrément et l’infidèle. »

Dans son « voyage au Maroc » (1828), le Capitaine anglais George Beauclerck racontait [6]:

« J’ai vu un gamin de six ans apprendre à une troupe de bambins qui ne devaient pas avoir plus de trois ou quatre ans, à lancer des pierres contre un Juif, et l’un d’eux trottiner avec le plus grand sang-froid jusqu’à lui et cracher sur son caftan. Les Juifs doivent subir toutes ces avanies en silence ; frapper un Mahométan mettrait leur misérable vie en péril »

Dans « les Temps Modernes » (1965), Said Ghallab décrit des scènes analogues au début du 20ème siècle.

La justice et l’injustice

Pour les islamistes, la parole d’un mécréant ne compte pas devant celle d’un Musulman. En octobre 2020, il a suffi qu’une élève, Zaina Chnina, prétende faussement que le Professeur Samuel Paty avait insulté le prophète. Aucun juge n’a vérifié l’accusation, ni écouté Samuel Paty ; un bourreau islamiste a appliqué la peine de mort décidée par ce « tribunal » et a assassiné Samuel Paty.

Au Pakistan, des accusations de blasphème sont formulées contre des non-musulmans, qui sont alors à la merci d’une justice à deux vitesses : un couple de Chrétiens illettrés a passé des années dans les couloirs de la mort parce qu’un imam les avait accusés d’avoir envoyé … des SMS qui insultaient son prophète. Ils ont pu être libérés en 2021, mais ont dû fuir leur pays. Il a fallu exfiltrer aussi Asia Bibi après qu’elle fut innocentée par la justice pakistanaise, car des islamistes réclamaient sa mort. Ils ont assassiné le gouverneur du Pendjab, qui avait défendu Asia Bibi.

L’humiliation des femmes

Le 14 avril 2014, une centaine de djihadistes de Boko Haram (qui signifie « l’éducation occidentale est un péché ») avaient enlevé 276 jeunes filles, âgées de 12 à 17 ans, dans un collège de Chibok, au Nigéria, provoquant la campagne internationale #BringBackOurGirls pour leur libération. En août 2021, une centaine de filles, en majorité chrétiennes, étaient toujours portées disparues. Elles auraient été contraintes de se convertir à l’islam et d’épouser des combattants islamistes.[7],[8]

De même, au 19ème siècle, des femmes juives étaient à la disposition des maîtres musulmans, comme le rapporte Georges Bensoussan :

« Les chroniques d’enlèvements de femmes et de filles juives, dont beaucoup sont violées, sont légion au Kurdistan et au Maroc. Il arrive qu’un caïd interdise aux femmes juives de se voiler ; pour l’homme, voir son épouse exposée au regard de tous constitue une honte absolue. Ce n’est pas tant une dépossession du corps de la femme, cet objet du désir masculin, qu’une dépossession de soi dont l’impuissance et la lâcheté éclatent aux yeux de tous. »

Le journaliste Nabil Ziani rappelle qu’après la conquête de l’Afrique du Nord, lorsque les Berbères étaient des dhimmis, le calife Marwan et son fils Hicham exigeaient qu’on leur envoie « des milliers de belles Berbères », « des femmes qui comblent le regard, qui captivent les cœurs. Ce qui est introuvable chez nous à Damas » [9]

Les discriminations

En Algérie, la loi restreint la liberté de religion des non-musulmans. Ainsi, par exemple, l’exercice de culte ne peut avoir lieu que dans des édifices destinés à cet effet. Mais les autorités n’ont presque jamais répondu aux demandes d’autorisations d’églises.[10]

L’association Coptic Solidarity a publié en 2018 un appel au Président Sissi et à l’opinion publique internationale pour faire connaître les humiliations, les discriminations, l’exclusion et les persécutions dont les Coptes sont l’objet aujourd’hui en Égypte.[11] Leur drame s’inscrit dans le contexte de la dhimmitude :

  • Des agressions sont perpétrées contre des Coptes, contre des femmes coptes, des maisons de Coptes sont incendiées. Des foules fanatisées agressent des Coptes sans raison, parfois avec la complicité de la Sécurité Nationale. A chaque fois, les autorités organisent des « réunions de conciliation » pour forcer les victimes à renoncer à leurs droits
  • Les Coptes sont sous-représentés ou sont discriminés dans le gouvernement, les universités, les académies militaires, de police, la Sécurité Nationale, les corps judiciaires, les missions diplomatiques, l’administration, les équipes sportives …
  • Chaque jour, la religion chrétienne est attaquée avec violence et mépris dans les mosquées et sur les plateaux de télévision. Des « semeurs de haine » incitent ouvertement à la haine et à la violence contre les Chrétiens, en toute impunité. Y compris par les programmes officiels en arabe
  • Des dizaines de Coptes, faussement accusés de blasphème, sont en prison
  • 250 églises étaient toujours fermées par ordre de la Sécurité Nationale en 2019

[1] Bat Ye’or « Le dhimmi. Profil de l’opprimé en Orient et en Afrique du nord depuis la conquête arabe » éditions Les provinciales, ré-édition 2019

[2] https://dhimmi.watch/2021/10/01/sans-changement-politique-la-persecution-des-chretiens-continuera-a-saggraver-franklyne-ogbunwezeh/

[3] Bureau National de Vigilance contre l’Antisémitisme, 15/10/2021, communiqué de presse

[4] Georges Bensoussan, « Juifs en pays arabes, Le grand déracinement 1850-1975 », Tallandier 2012, chapitre 3

[5] Marcelle Claverie, 20/7/2020 « Pakistan : immersion au cœur de la minorité chrétienne, » Geo, https://www.geo.fr/voyage/pakistan-reportage-au-coeur-de-la-minorite-chretienne-200821

[6] Georges Bensoussan, référence citée

[7] Mayeni Jones, 30/3/2021 « Enlèvements au Nigeria : comment une « fille de Chibok » a défié Boko Haram, » BBC News, https://www.bbc.com/afrique/region-56333321

[8] Christian Solidarity International 30/1/2020 : « CSI lance une alerte au génocide des chrétiens au Nigéria », https://www.csi-suisse.ch/actualites/communique-de-presse-csi-lance-une-alerte-au-genocide-des-chretiens-au-nigeria-appel-a-toutes-les-eglises-en-suisse-et-au-conseil-de-securite-de-lonu/  

[9] Nabil Ziani https://dhimmi.watch/2021/01/31/quand-les-berberes-etaient-des-dhimmis/

[10] Portes ouvertes, 24/5/2019 « Zoom sur les chrétiens persécutés en Algérie » https://www.portesouvertes.fr/informer/actualite/zoom-sur-les-chretiens-persecutes-en-algerie

[11] Coptic Solidarity 23/1/2018: « 44 Simple Questions to the Egyptian Authorities Regarding the Situation of the Copts » https://www.copticsolidarity.org/2018/01/23/44-simple-questions-to-the-egyptian-authorities-regarding-the-situation-of-the-copts/

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